• Violences policières :

    comment la relation entre la police et les manifestants

    s'est-elle dégradée ?

    Franceinfo a interrogé le sociologue Jérémie Gauthier, 

    spécialiste de la police en France et en Allemagne,

    coauteur de l’ouvrage "Police: question sensible".

     

    France Info >>>>>


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  • Economie, marchés, monnaies:

    ce mois d’août

    où le monde change sous nos yeux

    17 août 2019 Par Martine Orange - Médiapart
     

    Escalade des tensions entre les États-Unis et la Chine, ralentissement économique mondial, monnaies, marchés financiers… : depuis le début du mois, les craquements du monde deviennent assourdissants. Ces événements qui se succèdent pourraient amener à une nouvelle crise. Récit de ces jours où l’ordre ancien se décompose en accéléré.

     

    Il y a des signes qui ne trompent pas.

    Quand les financiers brusquement redécouvrent l’attrait de l’or, quand ils sont prêts à perdre de l’argent pour le mettre dans des placements jugés sûrs, quand ils commencent à s’inquiéter de la liquidité sur les marchés, c’est que la mécanique financière est en train de se dérégler, que la peur est en train de gagner.

    Depuis le début du mois d’août, le spectre d’une nouvelle crise est revenu planer.

    Des secousses de plus en plus fortes, de plus en plus fréquentes saisissent les marchés. Mercredi 14 août, Wall Street a connu sa plus forte chute depuis le début de l’année : − 3 % en une séance. Dix jours auparavant, le marché financier américain avait connu une baisse à peu près comparable, avant de se reprendre un peu.

     

    Les signes de dérèglement les plus patents sont sur les marchés obligataires.

    Leur univers désormais est celui des taux négatifs, où l’argent ne vaut plus rien, où des banques vont payer les déposants pour garder leurs avoirs. Mercredi, les derniers points de résistance se sont effondrés : les courbes des taux des obligations américaines et britanniques sont désormais inversées ; emprunter de l’argent à dix ans coûte moins cher qu’emprunter à deux ans. Cette inversion des courbes, qui n’est pas intervenue depuis 2007, est analysée comme un chat noir par le monde financier. Beaucoup y voient les signes annonciateurs d’une récession imminente.

    Brusquement, les financiers prennent en compte des informations, à l’œuvre pourtant parfois depuis des mois, mais qu’ils avaient minimisées, négligées, voire superbement ignorées.

    La récession qui menace l’Allemagne et toute la zone euro, l’essoufflement de la croissance américaine, l’escalade des tensions entre la Chine et les États-Unis, le ralentissement chinois, le conflit à Hong Kong, le Brexit, l’Argentine…

     

    Tout devient source d’inquiétude et d’alarme.

     

    Alors que les craquements du monde deviennent assourdissants, des flots de capitaux vont déjà se cacher dans les lieux censés être les plus sûrs. L’once d’or est ainsi revenue au-dessus de la barre des 1 500 dollars pour la première fois depuis 2013. Les signatures jugées sûres, comme celles de l’Allemagne, de la Suisse, de la Suède, de la France, sont recherchées, quel qu’en soit le prix. Toutes les obligations d’État allemandes et suisses, même au-delà de 30 ans, ont des taux négatifs.

    En d’autres termes, pour garder leurs avoirs en lieu sûr, les investisseurs acceptent de perdre de l’argent. La totalité des titres offrant des taux négatifs dans le monde est estimée désormais à 15 000 milliards de dollars.

    « Pour l’instant, certains investisseurs restent encore sur la piste de danse, puisque l’orchestre joue encore. Mais ils se tiennent près de l’issue de secours, au cas où la musique s’arrêterait brutalement », écrivait il y a quelques jours un des chroniqueurs du Financial Times, résumant l’état d’esprit ambiant.

     

    Et la musique risque de s’arrêter brutalement.

    Quand ? Comment ? Pourquoi ?

    Les analystes et les économistes avancent des hypothèses. Chacun a ses explications ou ses obsessions du moment : la Chine, le Brexit, Donald Trump, l’endettement privé. Mais tous dressent finalement un même constat : le système actuel est à bout de souffle.

    L’addition de la crise non résolue de 2008, faute d’avoir voulu tirer les leçons des échecs qui l’avaient provoquée, et des remèdes qui y ont été apportés avec une débauche d’argent gratuit déversé dans le système financier par les banques centrales a contribué à créer une instabilité, des déformations économiques et des niveaux d’inégalité ingérables, sans parler des problèmes environnementaux.

    Le moindre grain de sable peut gripper la machine, la moindre étincelle mettre le feu aux poudres.

    Le moindre tweet, surtout.

    C’est un tweet vengeur de Donald Trump, début août, qui a provoqué la nervosité actuelle. Furieux des décisions de la Fed, qui n’allait pas assez loin à son goût, le président américain a annoncé le 1er août une augmentation de 10 % des droits douaniers sur toutes les importations chinoises qui n’étaient pas encore taxées.

     

     
    L’annonce a pris tout le monde de court, à commencer par Pékin.
     
    Mais elle était surtout à usage interne : « C’est la Fed et non la Chine qui est visée », analyse un éditorialiste de Bloomberg.
     
    En poursuivant l’escalade des tensions avec la Chine, le président américain veut forcer la main au président de la Réserve fédérale, avec lequel il est en conflit depuis l’automne, et l’obliger à baisser les taux directeurs américains, voire à renouer avec la politique de rachats de titres (quantitative easing) qu’elle a abandonnée depuis 2015.

     

    Car Donald Trump est en campagne pour sa réélection.

    Il a besoin de présenter un bilan, prouvant que sa politique est la bonne, qu’avec lui, « America is back ». Or, les résultats ne sont pas au rendez-vous. Les formidables allègements fiscaux (baisse de l’IS de 35 % à 21 %, suppression des droits sur les capitaux rapatriés) qu’a consentis l’administration Trump aux grands groupes, pour les inciter à ramener leurs capitaux cachés dans les paradis fiscaux, n’ont pas eu les effets escomptés.

     

    Selon les estimations, à peine 400 milliards de dollars sont revenus aux États-Unis. Les groupes se sont servis de cet argent pour augmenter leurs dividendes, racheter leurs actions mais pas pour investir et créer des emplois.

    Ce qui prouve à nouveau au passage l’inanité de la théorie du ruissellement, établie sur un coin de table par l’économiste Arthur Laffer.

     

    Pendant ce temps, l’État américain a continué à s’appauvrir.

    En 2018, les recettes fiscales sur les entreprises ont diminué de 22 %, à 263 milliards de dollars, tandis que le déficit budgétaire américain se creusait de 17 % à 779 milliards de dollars. Pour les dix premiers mois de l’année fiscale en cours – l’année fiscale se termine fin septembre aux États-Unis, le déficit a encore augmenté de 27 % à 866,8 milliards de dollars. Il risque de dépasser allègrement les 1 000 milliards d’euros sur l’ensemble de l’année.

    Quand la Chine hausse le ton

    Mais les résultats de Donald Trump sont encore plus piteux en matière de rééquilibrage commercial, avancé comme justification dans la guerre commerciale avec la Chine. Dans un récent article publié dans le New York Times, l’économiste Paul Krugman reprenait tous les chiffres de cette guerre commerciale lancée contre Pékin depuis un an. Ses conclusions sont implacables : « La guerre commerciale ne marche pas. Elle ne conduit pas aux résultats escomptés par Trump. »

    À l’appui de sa démonstration, Paul Kurgman donne des chiffres : le déficit commercial avec la Chine augmente au lieu de baisser ; les débouchés américains, notamment pour les produits agricoles, se réduisent ; les entreprises n’ont pas ramené leurs activités aux États-Unis mais les ont déplacées vers d’autres pays comme le Vietnam ; et ce sont les consommateurs américains qui finalement doivent payer le prix des augmentations des tarifs douaniers imposés aux importations chinoises. 100 milliards de dollars seraient ainsi prélevés chaque année sur le budget des ménages américains, selon ses estimations.

    D’où les pressions sur la Banque centrale américaine pour qu’elle renoue avec une politique monétaire non conventionnelle. Abaisser les taux dans une économie où tous les ménages empruntent à taux variable, c’est donner une bouffée d’oxygène immédiate aux consommateurs, leur donner le sentiment qu’ils regagnent du pouvoir d’achat. Déverser à nouveau des milliards, c’est soutenir un système financier et des marchés dopés à l’argent gratuit, c’est créer une apparence de richesse censée soutenir l’économie.

    Rien ne prouve que les remèdes déjà utilisés maintes fois par la Fed auront cette fois les mêmes effets.

    Car ils sont devenus en partie la cause des malaises et des tensions actuelles. Mais ce n’est pas la préoccupation de Donald Trump : l’important est de donner l’illusion du succès de sa politique, d’une économie prospère. Au moins le temps d’une campagne électorale.

    Ayant depuis le début de sa présidence institué le Dow Jones comme baromètre de sa politique, Donald Trump s’est alarmé de sa chute ces derniers jours.

    Comprenant peut-être qu’il avait été trop loin, il a annoncé le 13 août que la nouvelle hausse des tarifs douaniers pour les importations chinoises, prévue initialement pour début septembre, serait reportée à décembre.

    Un geste de bonne volonté dans l’espoir de trouver un accord commercial large avec Pékin, a expliqué le président américain. Dans les faits, il semble aussi que l’administration Trump ait pris conscience qu’une hausse brutale des tarifs, notamment sur tous les composants et produits électroniques, jusque-là épargnés, risquait de provoquer une rupture brutale pour les entreprises high tech.

     

     

    Pendant une demi-journée,

    Donald Trump a pu se croire maître du monde

    le Dow Jones s’est envolé. Le lendemain, la fête était finie : les marchés financiers mondiaux ont plongé durement, l’indice phare de Wall Street en tête.

    Avec sa mauvaise foi habituelle, Donald Trump s’est défaussé de toute responsabilité, accusant à nouveau dans un tweet vengeur le président de la Réserve fédérale d’être responsable de tout.

    Puis il a multiplié les déclarations à l’adresse de « son ami » Xi Jinping, lui proposant une rencontre pour régler les différends commerciaux entre les États-Unis et la Chine, et parler du sort de Hong Kong.

     

    Il y a encore quelques mois, cette invitation aurait pu avoir quelque chance d’aboutir.

    Mais elle risque de rester lettre morte, désormais.

    Car le gouvernement chinois a changé d’attitude.

    Il ne cherche plus, comme il y a un an quand Donald Trump a pris ses premières sanctions douanières, à temporiser, à rappeler son attachement aux traités internationaux, à l’ordre international. Il est désormais décidé à défendre ce qu’il considère comme ses droits et ses ambitions, même s’il lui faut en payer un prix élevé.

     

    Le monde a pris la mesure de ce durcissement le 5 août.
     
    Ce jour-là, le président Xi Jinping a annoncé sa riposte, en représailles aux nouvelles hausses douanières annoncées par les États-Unis.
     
    Non seulement la Chine ne reprendrait pas ses achats de soja américain, comme elle l’avait fait miroiter dans les négociations, mais elle laissait filer sa monnaie, permettant au yuan de passer pour la première fois sous le seuil symbolique des 7 dollars.

     

    Contrairement à la plupart des pays, la Chine garde un contrôle étroit de sa monnaie : elle encadre les fluctuations du yuan dans un couloir de 2 %, autour d’un cours pivot.

    Malgré le ralentissement de l’économie chinoise depuis plus d’un an et les sanctions américaines, les autorités de Pékin ont veillé pendant tout ce temps à ne pas laisser tomber la valeur de la monnaie, afin de ne pas être accusées de manipuler leur monnaie en vue de soutenir leurs exportations et d’effacer les sanctions douanières américaines. Le yuan a perdu 10 % de sa valeur par rapport au dollar l’an dernier. Pour certains économistes et même le FMI, il aurait pu chuter beaucoup plus, compte tenu de la situation économique de la Chine.

    Voir les autorités chinoises autoriser la monnaie à passer en dessous des 7 dollars, considérés comme la ligne magique par les marchés, et même fixer ironiquement par la suite le nouveau cours pivot du yuan à 7,0001 dollars, ne peut être lu que comme un signe politique. Pékin ne s’en cache même pas d’ailleurs. Dans un communiqué, la Banque centrale de Chine a expliqué que la chute du yuan était « due aux effets des mesures unilatérales et protectionnistes [américaines – ndlr] et aux prévisions à la suite des annonces tarifaires contre la Chine ».

    « Ça s’appelle de la manipulation monétaire », s’est emporté Donald Trump, avant de s’en prendre à nouveau à la Fed. Dans la minute, tous les marchés ont commencé à dégringoler, s’alarmant de l’escalade des tensions entre La Chine et les États-Unis. « Les représailles de Pékin sont massives ; sur une échelle de 1 à 10, elles sont à 11. […] les mesures prises par Pékin ciblent directement la Maison blanche et semblent conçues pour avoir un impact politique maximum », dit Chris Krueger, responsable à l’institut de recherche Cowen.

     

    Décomposition

     

    Des économistes commencent à évoquer les risques d’une nouvelle guerre des monnaies, chaque pays tentant de soutenir son activité en pratiquant des dévaluations compétitives sur le dos des autres. Les souvenirs des effets dévastateurs des politiques suivies pendant les années 1930 sont rappelés à tous. La comparaison avec les événements de la « Grande Dépression » n’est toutefois pas totalement pertinente. Car il y a une dimension nouvelle par rapport aux années 1930 : la liberté totale de circulation des capitaux.

    Chaque changement de taux, chaque mouvement de monnaie amènent dans les heures qui suivent des déplacements massifs de capitaux, qui, libres de tout mouvement, se déplacent à la vitesse de la lumière, pour trouver des places plus rentables ou spéculer sur les écarts entre les monnaies des uns et des autres. Cette masse de capitaux volants, qui a grossi dans des proportions gigantesques avec la création monétaire débridée depuis la crise de 2008, est désormais un facteur d’instabilité financière, économique et politique majeure, comme le prouvent les derniers événements en Argentine. La Chine n’est pas à l’abri de cette menace. Elle aussi doit gérer au plus près les risques de fuite de capitaux. D’autant que, malgré ses excédents commerciaux gigantesques, sa balance des paiements ne cesse de se détériorer et pourrait devenir négative dès cette année.

     


     
    Mais il y a un autre facteur qui inquiète la planète financière dans l’attitude récente de la Chine. Le ton très dur adopté par Pékin, accompagné de campagnes ultranationalistes dans le pays, laisse entendre que la Chine est désormais déterminée à jouer sa partie, à défendre ce qu’elle considère comme ses intérêts et prépare sa population à accepter de lourds sacrifices, si cela s’avère nécessaire. L’approche coopérative que Pékin avait adoptée depuis 30 ans n’est plus de mise.

     

    Or, le rôle de la Chine a été déterminant ces dernières années. Tout au long de la crise financière de 2008, Pékin a accepté de prendre des mesures extraordinaires pour stabiliser l’économie mondiale, injectant des centaines de milliards pour éviter l’effondrement de ses banques, mais aussi relancer la machine économique, soutenir une demande internationale. Rarement un gouvernement aura mis autant de moyens sur la table en temps de paix pour soutenir les équilibres précaires du monde, rappelle l’historien Adam Tooze dans son livre Ces dix années qui ont changé le monde. Ces mesures, qui se sont traduites par des surinvestissements et un surendettement, sont aujourd’hui une des causes du ralentissement et du malaise chinois.

    Qu’adviendra-t-il si, en cas de crise, le gouvernement chinois n’est plus d’accord pour aider à stabiliser le système économique et financier mondial ? Des économistes assurent que, malgré tout, Xi Jinping n’est pas prêt à tirer un trait sur une politique de soft power, mise en œuvre après le massacre de Tian’anmen, qui lui a été profitable. La façon dont Xi Jinping va gérer la question de Hong Kong dans les jours, voire dans les heures qui viennent dira ce qu’il en est.

     

    Une des victimes collatérales manifestes de cette escalade des tensions entre la Chine et les États-Unis est l’Europe.

    Et elle risque sans doute d’être un des terrains d’affrontement privilégiés entre les deux superpuissances à l’avenir.

    L’Allemagne, première puissance économique du continent, est la première atteinte.

    Son modèle mercantiliste, reposant sur des excédents commerciaux hors norme et leur recyclage financier à Wall Street, est touché au cœur depuis la montée des tensions commerciales mondiales. Elle voit des marchés se fermer, des débouchés disparaître. La Chine, qui était son premier client, est en passe de devenir son premier concurrent. De plus, la spécialisation de son économie, bâtie sur l’industrie automobile, est remise en cause, au fur et à mesure que les questions environnementales deviennent de plus en plus préoccupantes.

    Au deuxième trimestre, l’Allemagne a enregistré une baisse de 0, 2 % de son activité économique. Pour de nombreux observateurs, Berlin n’échappera pas à une récession cette année. La contraction de l’économie allemande a déjà entraîné un ralentissement dans ses principaux pays sous-traitants (Hongrie, Pologne, Tchéquie). Mais elle risque aussi d’emmener avec elle toute la zone euro, qui ne s’est toujours pas relevée de la crise de 2008.

     

     
    Pourtant, rien ne bouge.
     
    L’Allemagne a ainsi répété ces derniers jours qu’elle se refusait à renoncer à sa règle d’or de l’équilibre budgétaire, comme ne cessent de le lui suggérer de nombreux économistes, afin d’adopter des mesures contracycliques susceptibles de soutenir son économie et celle de l’Europe.

     

    Alors, une nouvelle fois, la Banque centrale européenne est montée au créneau.

    Inquiète des risques grandissants dans le système financier mondial, elle a fait savoir de façon tout à fait inhabituelle le 15 août qu’elle était prête à prendre des mesures de soutien hors norme pour venir en aide à l’économie européenne dès le début septembre. « Il est important que nous élaborions un train de mesures important et percutant en septembre. Lorsque vous travaillez avec les marchés financiers, il est souvent préférable de tirer plus fort plutôt qu’en dessous, et de disposer d’un ensemble très solide de mesures politiques, plutôt que de bricoler », a déclaré Olli Rehn, membre du conseil de la BCE en tant que gouverneur de la Banque centrale de Finlande.

    Alors que les taux directeurs de la BCE sont déjà négatifs, que l’institution monétaire a racheté des tombereaux de titres obligataires ces dernières années pour 2 600 milliards d’euros, beaucoup se demandent de quelles armes dispose encore la Banque centrale européenne pour reprendre sa politique de soutien monétaire. Très introduit dans les plus grandes capitales européennes, le fonds d’investissement BlackRock suggère que la BCE ose franchir le dernier pas et fasse comme la Banque centrale du Japon : racheter directement des actions. Ce qui reviendrait purement et simplement à nationaliser les marchés et à débarrasser les investisseurs de tout risque…

     

    La parenthèse de la mondialisation telle que nous la connaissons depuis 30 ans, depuis la chute du mur de Berlin, est en train de se refermer.

    Une certaine démondialisation a déjà commencé, sans que l’on puisse savoir à ce stade quelle forme prendra la suite. C’est face à cette décomposition accélérée de l’ordre ancien que les responsables du G7 (États-Unis, Allemagne, Japon, Canada, France, Italie, Royaume-Uni) vont se retrouver à Biarritz entre le 24 et 26 août.

     

    Cette réunion, comme tant d’autres auparavant, risque de n’aboutir qu’à des déclarations de circonstance. Comme à leur habitude, les responsables politiques, incapables de tirer la moindre leçon de leurs échecs passés, seront tentés de dire qu’il est urgent d’attendre. Comme à leur habitude, ils n’imagineront pas adopter d’autre approche, tant leurs traités, leurs politiques, les principes idéologiques qui les sous-tendent, leur semblent des chefs-d’œuvre indépassables.

    Au risque du monde…


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  • Championnat des Bagadous

    Lorient 2019 - Cap Caval

    Bodadeg ar Sonerien

    (Fil ouvert le 5 Août 2019)

     

    Cap Caval

    https://vimeo.com/351207163

     

    Toutes les vidéos :

    https://vimeo.com/sonerion/videos


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  • Rennes : rassemblement de soutien au maire de Langouët,

    “Madame la préfète laissez nos maires nous protéger”

    Une centaine de personnes se sont rassemblées samedi à Rennes devant la préfecture de Bretagne pour soutenir le maire de Langouët, convoqué devant la justice pour un arrêté interdisant l'utilisation des pesticides près des habitations.

    France 3 Bretagne >>>>>


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  • SNCF, RATP :

    la procédure opaque des licenciements pour radicalisation

    Des salariés renvoyés sur avis du ministère de l’intérieur pour suspicion de radicalisation en appellent à la justice.

     

    Le Monde Abonnés >>>>>


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  • Les Chiens de Garde...

    "La France est un enfer pour les riches... "

    Quand des éditorialistes utilisent une étude loufoque

    pour déplorer la "fuite" des millionnaires de France

    A la suite d'un article du "Point", plusieurs éditorialistes libéraux ont mis en garde contre l'exode fiscal des plus riches. Mais leur analyse est basée sur l'étude d'un obscur cabinet de conseil, à la fiabilité suspecte.

    Marianne >>>>>


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  • Où est Steve ?
    #JusticePourSteve. [2]
     
    Disparu à Nantes, le samedi 22 juin 2019 vers 4h30 du matin.
    Le corps de Steve Maia Caniço a été retrouvé dans la Loire,
    le Lundi 29 juillet 2019 vers 18h00.
     
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    (Précédemment) Infos à partir du Lundi 5 Août 2019
     
    Dossier Articles France Info >>>>>
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    Mercredi 14 Août 2019
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    #JusticePourSteve : 148 témoignages accablants pour la police

    Le JDD a publié dimanche 148 témoignages recueillis par Média’Sons. Les participants à la soirée décrivent une police ultra-violente, refusant d’aider les personnes tombées dans l’eau et provoquant sciemment les fêtards en usant de flashballs, de grenades et même de tasers.

    Révolution Permanente >>>>>

     

    Journal du Dimanche : 

    « EXCLUSIF. Steve : le JDD a eu accès à 148 témoignages sur l'opération policière controversée


    Le soir de la Fête de la musique à Nantes, Steve Maia Caniço a perdu la vie à la suite d’une opération policière controversée.

    Si le rapport de l’IGPN nie les conséquences de la charge des forces de l’ordre, voire son existence même, le JDD a eu accès à 148 témoignages recueillis par l’association locale Média’Son qui apportent une autre vision de la fin de soirée. Peu déclarent connaître Steve Maia Caniço.

    Certains n'ont couché que quelques mots, rageurs ou douloureux.

    D'autres se sont plus longuement épanchés.

    Beaucoup, précis et méticuleux, décrivent une nuit de confusion et de grande brutalité.


    Violence et stupeur.

    Cette nuit du 21 juin, pour la Fête de la ­musique à Nantes, Sébastien s'est vu mourir noyé. Ce soir-là, ce peintre en bâtiment de 32 ans se laisse convaincre par un ami d'aller écouter la musique des sound sytems électros et technos installés sur le quai Wilson comme chaque année.

    "C'était sympa, j'ai rencontré des gens pas vus depuis longtemps, raconte-t-il. On s'est assis pour discuter."

    Sans garde-corps à ce niveau des berges, la Loire est laissée à bonne distance. Tout le monde le sait, ­Sébastien craint l'eau : il ne sait pas nager. Mais, à cet instant, il n'y songe pas.

    Les copains éclusent quelques bières, parlent du son "vraiment cool", de ce qu'ils deviennent, de l'anniversaire de la mère de Sébastien organisé le lendemain.

    "Et là ça a pété, on n'a rien compris. On s'est retrouvés dans un nuage de gaz, mes yeux se sont mis à brûler, des gens couraient dans tous le sens."

    « C'était une putain de bavure. Il faut porter plainte »

    Désorienté, le trentenaire perd ses amis. "J'ai eu deux peurs, se souvient-il. Tomber par terre et arriver esquinté aux 60 ans de ma mère ; ou tomber dans la Loire et me noyer."

    Les yeux clos, il avance à tâtons, dans la nuit, les cris et la lacrymo.

    "Sauf que je pars dans le mauvais sens. En fait, là où y avait moins de gaz, c'était vers la Loire."

    À "2 mètres" de l'eau, ses jambes butent sur un corps penché au-dessus du fleuve.

    À quatre pattes, un homme hurle qu'il y a des gens dans l'eau, qu'il faut les sortir de là. "Il était en train de les diriger, il m'a demandé de venir l'aider, souffle ­Sébastien. Mais moi je ne sais pas nager, j'avais un peu picolé."

    Terrifié, il recule doucement pour fuir la Loire et ses puissants courants, contre lesquels se débattent au moins trois personnes.

    "Je me suis senti lâche et inutile, murmure-t-il. J'étais seul. C'était le premier contact de ma vie avec la police. J'arrête pas d'y penser. Des amis m'ont rassuré, m'ont dit que si j'avais marché un peu plus vite je tombais dans l'eau. C'était une putain de bavure. Il faut porter plainte. Mais j'ai même pas pensé à Steve, je ne connaissais pas l'histoire.


    "Je me suis juste senti en danger."


    Quatre-vingt-neuf personnes ont porté plainte Pour cette Fête de la musique, une dizaine de sound systems étaient autorisés à cracher leurs basses sur le quai Wilson jusqu'à 4 heures du matin.

    Tous se sont pliés à l'horaire, sauf le dixième, le plus à l'ouest, tout près d'un bâtiment surnommé "le Bunker".

    Un peu après l'heure dite, il a osé une dernière chanson.

    D'après le rapport administratif de l'IGPN*, qui nie les conséquences de la charge policière, voire son existence même, et grâce aux différents témoignages recueillis puis aux vidéos révélées par Libération et Nantes révoltée, on estime que l'opération policière a débuté vers 4h30 pour se terminer à 4h52.

    Durant cette petite demi-heure, 33 grenades lacrymogènes, 10 de désencerclement et 12 tirs de lanceurs de balles de défense (LBD) sont lâchés sur la foule.

    Une dizaine de fêtards au moins tombent à l'eau.

    Le corps de Steve Maia Caniço, disparu cette nuit-là, sera retrouvé dans la Loire plus d'un mois après.

    Au lendemain de cette funeste soirée, l'association locale Média'Son, qui joue les intermédiaires entre les autorités et les organisateurs de free-parties du coin, a lancé un appel à témoignages.

    Elle en a recueilli 148, livrés par autant de personnes présentes ce soir-là.

    Quatre-vingt-neuf d'entre eux, dont Sébastien, ont déposé une plainte collective le 3 juillet pour "mise en danger de la vie d'autrui et violences volontaires par personnes dépositaires de l'autorité publique".

    Le JDD a eu accès en exclusivité à l'ensemble de ces témoignages écrits la semaine du 23 juin, et rencontré plusieurs de leurs auteurs.

    Une trentaine de pages noircies de récits personnels, bruts, à chaud.

    Peu déclarent connaître Steve Maia Caniço.

    Certains n'ont couché que quelques mots, rageurs ou douloureux. D'autres se sont plus longuement épanchés.

    Beaucoup, précis et méticuleux, décrivent une nuit de confusion et de grande brutalité.


    Pas de haine contre les policiers


    Les plaignants ont entre 17 et 34 ans. Hommes ou femmes, lycéens, étudiants ou travailleurs, ils ont subi un choc qui n'a guère été pris en compte depuis.

    L'habituelle "cellule psychologique", dégainée par les pouvoirs publics à chaque événement traumatisant ou presque, n'a même pas été évoquée à Nantes.

    Pourtant, ce sont plusieurs centaines de personnes simplement venues faire la fête sur les bords de Loire, loin des logements, là où les pulsations de basses ne dérangent pas, qui ont été gazées en pleine nuit.

    À la lecture des témoignages, on note qu'aucun d'entre eux n'exprime de haine contre les policiers, ni d'opinion politique.

    Pas une insulte n'est proférée.

    Seules cinq personnes parlent de "flics" ; les autres préfèrent les termes de "policiers", "forces de l'ordre" ou "CRS".

    "Leur rôle est d'assurer la sécurité, non d'orchestrer le chaos", écrit un premier.

    "Ils ont tout gâché au lieu de communiquer", commente un deuxième.


    « Et là, sans sommation, des gaz partout. À la fois d'au-dessous et d'au-dessus »


    Parmi les 148 témoins, tous ceux qui reviennent sur le début de la charge soulignent qu'à aucun moment ils n'ont entendu la police prévenir qui que ce soit avant que les grenades lacrymogènes ne s'abattent au milieu de la foule réunie sur le quai.

    "La musique est coupée un court instant, le public proteste gentiment, comme ça se fait à tout concert. Puis un petit Bérurier Noir [groupe de rock alternatif des années 1980] se fait entendre, sur une tonalité très basse, raconte l'un d'entre eux, qui situe son récit vers 4h15.

    Et là, sans sommation, des gaz partout.

    À la fois d'au-dessous et d'au-dessus."

    Dix minutes après, un DJ occupé à ranger le matériel du sound system voisin rapporte comment, alors qu'il sort de son camion avec des amis, les forces de l'ordre les ont "bombard[és]".


    "Les gens ont commencé à courir dans tous les sens, raconte un autre.

    J'imagine qu'ils ne comprenaient pas plus que nous ce qui était en train de se passer.

    Je précise que j'ai vu des projectiles envoyés sur les forces de l'ordre.

    Mais bien après leur intervention musclée."

    Tous décrivent alors "une scène de panique", des gens "affolés", "perdus", "terrifiés".


    Nuage chimique quai Wilson


    Très vite, le vent d'effroi et de ­lacrymogène gagne l'est du quai, là où les enceintes sont éteintes depuis une bonne vingtaine de minutes.

    Un garçon est en train d'aider la protection civile, venue secourir "une personne en état d'ébriété et inconsciente" :

    "On s'est fait gazer et nous avons dû nous-mêmes transporter le jeune homme dans le camion de la protection civile alors que le gaz nous brûlait la gorge. C'était irrationnel et dangereux."


    À partir de là, le nuage chimique a déjà recouvert le quai Wilson.

    Selon le rapport controversé de l'IGPN, il est 4h37.

    Soit l'heure, d'après la police des polices, de la première salve de grenades lacrymogènes. Mais, au vu des vidéos amateur tournées sur place, il semble plutôt qu'il soit au plus tard 4 h 32, ­version confirmée par les témoignages consultés par le JDD.

    Selon ces derniers, la police ­commence à "charger depuis la route [en amont du fleuve] vers le quai, laissant comme seule échappatoire la Loire", comme s'ils étaient « du bétail".

    "Je me suis fait violemment repousser par les forces de l'ordre en direction de la Loire, affirme un participant présent du côté du Bunker.

    Je me suis aussi fait tirer dessus avec des ­ grenades de ­désencerclement directement dans les pieds et me suis fait traiter de “sale gaucho”.

    " Plusieurs personnes écrivent avoir vomi sous l'effet des gaz et les témoignages d'yeux, gorges et bronches brûlés sont légion.


     « Je me suis réveillé dans la lacrymo. Sans savoir par où partir, déstabilisé, seul »


    D'autres récits effarants, situés dans le même intervalle de temps, semblent confirmer la dangerosité de l'opération policière.

    La fête bat son plein depuis 15 heures de l'après-midi. Cela fait donc, pour les plus motivés, près de neuf heures de "teuf", la tête dans les caissons de basses.

    À 4h30, corps et esprits, enivrés ou non, sont exténués.

    Aux abords du Bunker "au moment du conflit", un jeune homme explique que "des personnes dormaient encore sur le quai", que "certains se sont réveillés en panique et ont couru dans le nuage de lacrymogène sans savoir où aller".

    Depuis des semaines, les proches de Steve assurent qu'ils ont laissé leur copain fatigué dormir près du sound system d'où est parti l'assaut.

    Ils sont persuadés qu'il a ainsi été surpris par les gaz dans son sommeil puis a chuté dans le fleuve.

    "Je me suis réveillé dans la lacrymo, écrit un fêtard. Sans savoir par où partir, déstabilisé, seul."

    Vingt minutes dans la Loire

     "C'est au moment où le nuage nous a envahis qu'on a vu des gens tomber dans la Loire", déclare une jeune fille, la voix tremblante.

    "C'était le gros bordel, les flics qui passent en plein milieu de la piste de danse en te dévisageant, c'est incroyable, renchérit un autre. Là, j'ai vu des gens tomber dans l'eau."

    Parmi les 89 plaignants, deux ont chuté dans la Loire.

    L'un, fuyant les gaz lacrymogènes, perd l'équilibre et se fait emporter par le courant.

    Plus loin, il réussit à s'accrocher à une corde fixée au quai.

    À cet instant, l'autre tombe à la renverse et, dans sa chute, se luxe l'épaule.

    Le premier voyant le second se débattre dans l'eau sans parvenir à nager le saisit par le col pour l'aider à se maintenir.

    Ils passeront une vingtaine de minutes dans la Loire avant d'être secourus.


    Dix-huit des 148 ­témoins soutiennent avoir vu des gens tomber dans le fleuve.

    Aux alentours de 4h40, une femme prise dans les gaz s'approche du bord pour mieux respirer.

    "Soudain, j'aperçois une personne dans la Loire, elle avait du mal à nager et s'éloignait de la berge, expose-t-elle.

    Avec un petit groupe de personnes, nous lui parlions afin qu'elle reste éveillée et nous lui éclairions la berge pour qu'elle s'en approche.

    " Les pompiers, sur un bateau à proximité, sont prévenus.

    Mais elle conclut, inquiète : "Je n'ai pas pu voir dans ce chaos et cette confusion si la personne avait été repêchée…"


     « Quand on est allés voir la police pour leur dire qu'il y avait des gens à l'eau, on s'est fait envoyer balader »


     Certains jurent avoir appelé les forces de l'ordre à la rescousse.

    "Quand on est allés voir la police pour leur dire qu'il y avait des gens à l'eau, on s'est fait envoyer balader : 'Cassez-vous ou on vous embarque!'", s'étrangle un témoin.

    Un autre, rencontré par le JDD, précise son souvenir. "On était une dizaine près de l'eau, on suivait un mec qui se débattait dans la flotte, relate-t-il. On est allés voir les flics pour qu'ils nous aident, ils ont répondu texto : 'C'est pas notre boulot, c'est celui des pompiers.'"

    Un troisième explique pour sa part avoir vu quelqu'un "prévenir les CRS qu'une personne était tombée à l'eau".

    Selon lui, ces derniers sont "venus avec des lampes de poche l'espace de dix secondes. Ils n'étaient même pas au bon endroit et ils sont repartis sans rien faire, vers leur fourgon."


     "À partir de là, il faut imaginer des centaines de personnes qui hurlent en courant dans tous les sens, des bruits de 'plouf' dans l'eau, du gaz partout, des détonations de grenades, des flics qui frappent des gens, égrène au téléphone l'un des 89 plaignants, encore choqué. C'était le chaos."

    Un témoin, rencontré depuis à Nantes, confesse sans finasser : "On est tous pompettes, on est contents d'être là et les gars nous chargent pour une putain de dernière musique. Alors, ouais, les plus énervés, comme moi, on a foncé. Je le cache pas, on a lancé des bouteilles."

    Dix policiers porteront d'ailleurs plainte pour ces violences.


     « Deux tireurs visaient la tête des gens avec leur LBD »


     L'organisateur d'un sound system placé à 100 mètres du Bunker sent la tension monter.

    Il traverse les gaz pour exhorter les fêtards qui lancent les projectiles contre les forces de l'ordre à tout arrêter.

    C'est la police qui lui répond finalement, d'un coup de matraque.

    De son côté, une jeune fille raconte avoir été heurtée par le bouclier d'un CRS, qui lui a cassé une dent.

    Des témoignages évoquent des tirs de LBD.

    "Deux tireurs visaient la tête des gens avec leur LBD, précise l'un d'eux. Ils visaient des personnes qui étaient acculées face à la Loire."


     Au moment de coucher son récit sur le papier, un participant n'en revient toujours pas.

    "C'est encore douloureux dans mon esprit, j'ai vu des attaques violentes et gratuites dans ma vie, mais celle-ci était parfaitement infondée, écrit-il. Des matraques sur des gamins en tee-shirt, c'était terrifiant d'incompréhension, surréaliste. “Disproportionné” n'est même pas le terme adéquat."


     Provocations et coups de matraque


    Un "teufeur" se retrouve près des rochers qui séparent la route du quai longeant le fleuve.

    Il reçoit ce qu'il ­décrit comme "un coup de Taser dans le dos".

    Selon lui, ce n'est pas pour le faire partir mais pour le provoquer : lorsqu'il se retourne, l'homme en uniforme, pistolet à impulsions électriques dans la main, lui lance : "Vas-y, viens, vas-y!"

    "Il m'a incité à lui rentrer dedans", croit-il.

    Il préfère battre en retraite et aider une personne à terre. Un policier lui assène alors un coup de matraque qu'il esquive en sautant dans les rochers.


    Résultat : cheville brisée, certificat à l'appui.

    Il a indiqué à l'avocate des 89, Marianne Rostan, qu'il comptait porter plainte cette semaine.

    Plâtré depuis un mois, il n'a pas encore eu l'occasion de le faire.

    Cela porterait à 90 le nombre des plaignants figurant à la procédure.

    Parmi eux se trouve un lycéen de 17 ans.

    D'abord gazé au spray lacrymogène, il a reçu des coups de matraque sur la main, lui fracturant l'index droit et lui valant vingt et un jours d'ITT.


     "J'avais du sang partout sur le crâne et j'étais à moitié sonné"


     L'un des récits les plus violents concerne ce jeune plaignant qui parle du moment où il s'extirpe du nuage de gaz.

    Lui ne se retrouve pas devant la Loire mais face à une rangée de policiers casqués.

    "Un CRS m'a mis un coup de matraque sur le dessus du crâne, je suis tombé par terre et ai reçu plusieurs coups", détaille-t‑il, assurant que c'est lui, le garçon frappé au sol qu'on aperçoit sur l'une des vidéos amateur.

    Le jeune homme réussit finalement à se relever.

    Rebelote et coup de bouclier.

    De sa fuite, il n'a "pas vraiment de souvenirs", sinon que ses amis se sont occupés de lui.

    "J'avais du sang partout sur le crâne et j'étais à moitié sonné", retrace-t-il.


    Alors que la situation se calme, un peu avant 5 heures, "sur le chemin du retour" un "teufeur" demande à un CRS "quelles sont les raisons" de l'intervention.

    Pas de réponse.

    Le jeune homme s'aventure à renouveler sa question.

    Spray de lacrymogène dans un œil, "à moins de 30 centimètres".

    Désorienté, il s'assoit un instant.

    "Un CRS me dit alors de dégager de là. Mais je ne le vois pas, il me pousse. J'ouvre les yeux, il me gaze (par chance) l'autre œil."

    Bousculé, il reçoit en prime un coup de matraque.

    Un ami venu le chercher en prend un derrière le genou.

    "Le lendemain, visage complètement brûlé et très douloureux pendant plusieurs jours, déplore-t-il. Pas très présentable pour aller travailler."

     

     

    Un jeune résume le sentiment général.

    "On était juste des objets à défoncer."


    Un dernier témoignage interpelle tout particulièrement.

    C'est celui d'une DJ qui, vers 4h30, avec son collectif, ­s'apprête à ranger son matériel.

    Elle est positionnée de l'autre côté du ­Bunker.

    "Les forces de l'ordre et la foule se dirigeaient littéralement sur nous", rapporte-t-elle.

    Une situation qu'elle juge "complètement incompréhensible" :

    "Quelques minutes avant la fin de la soirée, la police elle-même est venue nous féliciter pour le bon déroulement de la soirée."


     * Également chargée de l'enquête judiciaire.

     

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    [Où est Steve ?] #JusticePourSteve.

    [Où est Steve ?] #JusticePourSteve.

     

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    Dimanche 11 Août 2019
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    Steve : le JDD a eu accès à 148 témoignages

    sur l'opération policière controversée

      23h40 , le 10 août 2019
    • Par
    • Pierre Bafoil

    Le JDD a eu accès en exclusivité aux témoignages des plaignants après l'opération policière controversée du 21 juin, à l'issue de laquelle Steve Maia Caniço a disparu. Ces récits donnent la mesure, à travers les yeux des fêtards, de la violence qui s'est abattue au cœur de la nuit, pendant une demi-heure, sur le bord de la Loire.

    Le JDD Abonnés >>>>>

     

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    Samedi 10 Août 2019
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    Steve : hommage bouleversant lors de la marche blanche à Nantes

    Ouest-France >>>>>

     
     
    De la fête à l’affaire : retour sur la mort de Steve à Nantes

    Ouest-France >>>>>

     

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    "Avaient-ils besoin de tels moyens ?" :

    les lacrymogènes au cœur de la polémique

    sur la mort de Steve Maia Caniço

    Le soir de la Fête de la musique, trente-trois grenades lacrymogènes ont été tirées en vingt minutes. Une méthode justifiée selon l'IGPN, mais dont les témoins assurent qu'elle a contribué aux 14 chutes dans le fleuve recensées par les secours.

    France Info >>>>>

     

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    [Justice pour Steve -
    Lettre d’associations, syndicats
    et partis politiques Nantais
    au Premier Ministre,
    ministre de l'intérieur
    et préfet de Loire-Atlantique]
     
    À M. Édouard Philippe, Premier Ministre,
    57 rue de Varenne, 75700 Paris.
    À M. Christophe Castaner, Ministre de l’Intérieur,
    Place Beauvau, 75800 Paris.
    À M. Claude d’Harcourt, Préfet de Loire-Atlantique,
    6 quai Ceineray, 44000 Nantes
     
    Copie à Mme Johanna Rolland, Maire de Nantes,
    aux députés et sénateurs de Loire-Atlantique,
    aux médias locaux et nationaux,
     
    Objet : Justice pour Steve.
     
    Monsieur le Premier Ministre Edouard Philippe, Monsieur le ministre de l’intérieur Christophe Castaner, Monsieur le Préfet de Loire-Atlantique Claude d'Harcourt,
     
    Steve Maia Caniço, un jeune homme de 24 ans a perdu la vie lors de la fête de la musique à Nantes, le 21 juin. Il est tombé dans la Loire, comme 14 autres jeunes au moins, pour échapper à une charge policière. Lui n’est pas réapparu, et le 29 juillet son corps a été retrouvé.
     
    Le lendemain mardi 30 juillet, un rapport de l’IGPN (achevé depuis le 16 juillet) explique que le décès de Steve ne peut être mis en relation avec l’action de la police. Le même rapport met en cause la municipalité de Nantes et les organisateurs de l’événement. Cette argumentation fallacieuse nous paraît destinée à brouiller les pistes. En réalité, elle occulte la question fondamentale : pourquoi quelqu’un qui ne sait pas nager (comme, c’est le cas de Steve) se jetterait-il dans la Loire, si ce n’est pas à cause de la panique provoquée par les nuages de lacrymogènes ?
     
    Au-delà de cette incontournable question, d'autres interrogations surgissent :
    - Y avait-il un impératif à déployer une opération de maintien de l’ordre vers 4h30 du matin, le jour de la fête de la musique ?
    - L’intervention policière était-elle appropriée à un public de jeunes gens qui, à cette heure-là et compte tenu du caractère festif de l’événement, était très probablement dans un état de lucidité altéré?
    - Dans la nuit noire, aux abords du fleuve connu pour sa dangerosité, et dont le long des berges n'est pas sécurisé, était-il proportionné de diriger vers les jeunes près de 33 grenades lacrymogènes, dont l'usage réduit fortement, voire totalement, la visibilité ? De même, était-il raisonnable de recourir à l'utilisation de 10 grenades de désencerclement et de procéder à 12 tirs de lanceurs de balles de défense au risque de susciter - immanquablement - un mouvement de panique ?
    - Pourquoi y a-t-il-eu usage de la force, alors qu’en juin 2017, dans une situation semblable, les forces de l’ordre avaient choisi de se replier ?
     
    Ces divers éléments montrent que le maintien de l’ordre cette nuit-là fut totalement disproportionné. Or, les représentants de l’Etat, s’ils ont la responsabilité du maintien de l’ordre, ont aussi le devoir de l’adapter à la situation et de veiller à la sécurité. Ce ne fut malheureusement pas le cas.
     
    La mort de Steve et la réponse actuelle des autorités policières, refusant d’assumer leurs responsabilités, ne peut qu’inquiéter les citoyens et citoyennes de la métropole nantaise, tout particulièrement les jeunes et leurs familles. A l’heure actuelle, les pouvoirs publics ne leur donnent aucune réponse à la terrible question qu’ils et elles sont en droit de se poser : a-t-on encore le droit d’avoir des activités sur la place publique ? Ces dernières années à Nantes (et dans d’autres villes : rappelons-nous par exemple des blessures infligées à Geneviève Legay en mars dernier à Nice), les syndicalistes, les militants associatifs et politiques, les journalistes d’investigation, dernièrement les Gilets Jaunes, et plus largement, les citoyens, ont compris qu’il était difficile, voire périlleux, de manifester tranquillement à Nantes. Faudra-t-il désormais que les jeunes, aussi, aient peur de sortir, redoutant que le rétablissement de l'ordre prenne le pas sur leur sécurité ?
     
    Pour toutes ces raisons nous demandons la vérité et la justice pour Steve, une enquête loyale et sincère qui permette la reconnaissance des responsabilités de chacun. Les responsables de ces événements tragiques doivent être identifiés et sanctionnés. Pour l'heure, les citoyens, ont le sentiment que les forces de l'ordre peuvent agir en toute impunité. Ce n'est pas digne d'un Etat de droits.
     
    Dans l’attente de vraies réponses à nos questionnements, nous vous adressons, Messieurs les Ministres, Monsieur le Préfet, nos salutations citoyennes,
     
    Signataires membres du réseau Justice Sociale et Climatique 44  : Alternatiba Nantes, Attac 44, AVEC, CEMEA Nantes, UD CGT 44, EELV Nantes, Ensemble 44, Fakir, France Insoumise 44, Gauche Républicaine et Socialiste 44, Gauche démocratique et sociale 44, Génération.S Nantes, GIGNV, Jeunes Communistes 44, Jeunes Génération.S Nantes, Nos Causes Communes 44, PCF 44, Place Publique Nantes, UD Solidaires 44.

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    Vendredi 9 Août 2019
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    Nantes : une marche blanche en hommage à Steve samedi matin

    Une marche blanche en hommage à Steve Maia Caniço

    est organisée par ses proches ce samedi 10 août.

    Les obsèques du jeune homme de 24 ans ont été célébrées jeudi.

    France Info >>>>>

     

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    Jeudi 8 Août 2019
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    Affaire steve caniço.

    « La mission de la BAC déborde totalement »

    Jeudi, 8 Août, 2019
    Audrey Loussouarn

    Samedi, lors de la manifestation en hommage à Steve, un homme de 51 ans a été violemment interpellé par les agents de la BAC. Pour les Nantais, coutumiers de leurs pratiques appliquées lors des manifestations, c’est la « goutte d’eau ».

    L'Humanité Abonnés >>>>>

     

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    Mardi 6 Août 2019
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    Mort de Steve à Nantes.

    Les obsèques auront lieu ces jours-ci

    « dans la plus stricte intimité »

    Ouest-France >>>>>

     

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    Avocat et militant

    • 5 août 2019
    • Par Arié Alimi
    Supprimer. C’est le mot utilisé par le syndicat des commissaires de la Police Nationale (SCPN), s’agissant des avocats militants. La polémique est née.
     
     
     
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    Mort de Steve. L’IGPN minimise sa propre enquête et protège les policiers mis en cause

    Dans une interview pour défendre le résultat de l'enquête de l'IGPN, la directrice cherche à se dédouaner du résultat de leur enquête, tout en jouant la défense jusqu'au bout des policiers en service ce soir-là.

    Révolution permanente >>>>>

     

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    Lundi 5 Août 2019

     

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    “L’État a recours à des répertoires de violence qui montent en intensité jusqu’à ce qu’il ait réussi à écraser ou discipliner ce qui gêne les classes dominantes”

    Frustation La Revue >>>>>

     
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    Critiqués après les conclusions d’une enquête sur l’opération brutale menée le soir de la mort de Steve Caniço à Nantes,la directrice de l’Inspection générale de la police nationale, Brigitte Jullien, et le chef de l’unité de coordination des enquêtes, David Chantreux, répondent à nos questions.

    «On ne dit pas "circulez, y a rien à voir"» :

    entretien musclé avec les dirigeants de l'IGPN

    Libération >>>>>

     

    Mort de Steve Maia Caniço :

    critiquée après son rapport,

    la "police des polices" assure que l'enquête n'est pas terminée

    L'Inspection générale de la police nationale explique, dans un entretien à "Libération", continuer à travailler sur la mort de Steve Maia Caniço dans le cadre de la procédure judiciaire.

    France Info >>>>>

     
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    Hommage à steve. « On en est là : avoir peur de se recueillir »

    L'Humanité Abonnés >>>>>

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      Interdiction de manifester, rapport IGPN :

    le régime Macron veut cacher ses responsabilités !

    #JusticePourSteve

    PCRF >>>>>

    Agoravox >>>>>

     

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    Steve. La scandaleuse enquête IGPN sans aucun témoin

    Selon l’IGPN, « aucun lien » entre la présence des forces de l’ordre et la mort de Steve. Comment en sont-ils arrivés à cette conclusion ? Sans interroger aucun participant de la fête de la musique ! Alors que les témoignages accablants affluent, le gouvernement ne pourra pas faire l’autruche indéfiniment.

    Révolution Permanente >>>>>

     

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    " Le rapport de l’inspection générale de la police nationale (IGPN), dont une synthèse de dix pages a été rendue publique mardi, à la demande du premier ministre, Edouard Philippe, n’apporte ni explication définitive ni réelle nouveauté par rapport aux révélations de la presse depuis cinq semaines.

    Il tend en définitive davantage à exonérer les fonctionnaires de toute responsabilité. "

     

    Mort de Steve Maia Caniço à Nantes :

    ce que dit le rapport de l’IGPN

    « Aucune des personnes repêchées n’avait déclaré avoir été poussée par l’action de la police à se jeter à l’eau », affirme la synthèse rendue publique mardi, sans que soit pour autant publié un seul de ces témoignages.

    Le Monde 30 juillet 2019

    L’IGPN n’a pas « établi de lien entre l’intervention de la police et la disparition » de Steve Maia Caniço, annonce Edouard Philippe

    « Le déroulement de cette soirée reste confus », a dit le premier ministre, citant un rapport de l’IGPN.

    Le monde 30 juillet 2019 >>>>>

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    Où est Steve ?
    #JusticePourSteve. 
     
    Précédemment >>>>>
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  • Le Capitalisme...

    La famille Walton, propriétaire de Walmart, gagne 4 millions par heure

    En comparaison, un employé moyen de leur entreprise gagne, lui, 11 dollars par heure.

    HuffPost >>>>>

    Bloomberg >>>>>


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  • Les Libertés selon Trump et Netanyahu...

    Comme le voulait Trump, Israël interdit deux élues américaines d'entrée sur son territoire

    Rashida Tlaib et Ilhan Omar, deux élues américaines que Trump voulait "renvoyer chez elle", sont interdites d'entrée en Israël qui n'apprécie pas leur discours pro-Palestine.

    HuffPost >>>>>

     

    Israël interdit l'entrée de son territoire à deux élues américaines opposées à l'occupation des territoires palestiniens

    En 2017, Israël a adopté une loi qui permet d'interdire l'entrée dans le pays aux personnalités qui appellent au boycott économique, culturel ou scientifique d'Israël.

    France Info >>>>>


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  • La Vallée des Saints de Carnoët

    officiellement jumelée avec l'île de Pâques

    La Vallée des Saints, un projet grandiose rassemblant sur une colline costarmoricaine des statues monumentales de granit a officialisé dimanche son "jumelage" avec l'île de Pâques au Chili.

    Ouest-France >>>>>

     

    La Vallée des Saints est désormais officiellement jumelée

    à l'île de Pâques

    Le jumelage rapproche deux grands centres mégalithiques à figuration humaine.

    France Info >>>>>


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