• SUD éducation
     
    "Propos tronqués et déformés :
    SUD éducation écrit à Patrick Cohen et "c' à vous f5" Contrairement aux éditorialistes nous sommes au boulot dans les établissements.
    On sait de quoi on parle, nous sommes légitimes à nous exprimer sans déformation malhonnête de nos propos."

    De la malhonnêté ...

     

    Attentat de Conflans : qu’a dit le syndicat SUD-éducation, critiqué par Patrick Cohen et Gérald Darmanin ?

    Après la mort de Samuel Paty, et avant le rassemblement organisé en son honneur place de la République à Paris, un porte-parole du syndicat SUD-éducation a été interrogé par France Inter. Son intervention a été vivement critiquée par le journaliste Patrick Cohen et le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin.

    Libération >>>>>

    Twitter Sud Éducation >>>>>


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  • Monsieur Paty, les Islamistes et la République

    Tatiana Ventôse (Le Fil d'Actualités)
     

    https://www.youtube.com/watch?v=WfiJWmq_DQA&feature=emb_logo

     


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  • Vallée des Saints : le brûlot de son fondateur Philippe Abjean

    Le Télégramme >>>>>

     

    La gestion de la Vallée des Saints de Carnoët

    épinglée dans un livre écrit par son fondateur

    Le fondateur du site de la Vallée des Saints, à Carnoët (Côtes-d’Armor), déplore les nouvelles orientations de l’association et annonce sa démission du conseil d’administration ce mercredi 21 octobre, après avoir quitté la présidence en janvier 2020. Dans ce contexte, il présente son nouveau livre « Main basse sur la Vallée des Saints », samedi 24 et dimanche 25 octobre 2020 au Festival du livre en Bretagne de Carhaix (Finistère).

    Ouest-France >>>>>

     

    Côtes-d’Armor. Règlements de comptes à la Vallée des Saints

    La tension était déjà palpable entre l’ancienne et la nouvelle équipe de la Vallée des Saints, à Carnoët (Côtes-d'Armor) depuis plusieurs mois. Elle n’est pas retombée, samedi 17 octobre 2020, lors de l’assemblée générale de l’association.

    Ouest-France >>>>>


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  • Il y a urgence ! 

    Le billet du Dr Christophe Prudhomme. 

    Incapables

    Jeudi 22 Octobre 2020

    Christophe Prudhomme est médecin au Samu 93.

     

    Le constat face aux mesures prises par le gouvernement, pour répondre au problème de l’épidémie liée au coronavirus, est celui d’une incapacité politico-administrative à gérer une crise.

    Sur tous les sujets, les décisions annoncées sont contestables et surtout mises en œuvre avec toujours un train de retard.

    Un des derniers exemples est celui des tests dans les aéroports.

    Alors que l’association des transporteurs aériens réclame à cor et à cri la mise en place immédiate des tests antigéniques, dont les résultats sont obtenus en 20 minutes, le ministère de la Santé annonce que ce sera fait fin octobre !

     

    Le constat est celui d’un trop-plein d’états-majors et d’un manque de soldats.

    Depuis des semaines, à la différence de ce qui se fait dans plusieurs pays, les tests ne sont pas systématiques à la descente de l’avion et la technique utilisée ne permet de rendre les résultats qu’avec un délai de 48 heures.

    Pendant ce temps, les voyageurs potentiellement contagieux sont libres de vaquer à leurs occupations sans aucune restriction.

    Il en va de même pour l’organisation de la prise en charge des patients en ville et à l’hôpital.

    Le constat est celui d’un trop-plein d’états-majors et d’un manque de soldats.

     

    Les ARS et les différentes agences produisent avec des délais beaucoup trop longs des circulaires et des protocoles sur des mesures que les professionnels pourraient mettre en œuvre par eux-mêmes beaucoup plus rapidement si on leur en laissait la possibilité et si on leur en donnait les moyens.

    La liberté laissée aux soignants pendant le pic de l’épidémie a permis une grande agilité et une capacité de réaction et d’adaptation sans égale.

    Depuis le mois de mai-juin, nous en sommes revenus au fonctionnement antérieur que tout le monde contestait.

    Il est urgent que l’incapacité actuelle de nos gouvernants se transforme rapidement en décisions concrètes répondant aux demandes des personnels de santé et des citoyens.

     

    La priorité affichée aujourd’hui par le personnel hospitalier à 89 % et par la population à 82 % (sondage Odoxa du 6 octobre 2020) est le manque de moyens humains, matériels et financiers dans les hôpitaux.

    Voilà quelle doit être la priorité du gouvernement dans la période, car la crise risque de durer plusieurs mois et nous ne pourrons pas tenir avec les mesures proposées aujourd’hui, à savoir les heures supplémentaires, la suppression des vacances des soignants et la mobilisation des étudiants qui doivent arrêter leurs études pour suppléer au personnel en sous-nombre.

    Il est donc urgent que l’incapacité actuelle de nos gouvernants se transforme rapidement en décisions concrètes répondant aux demandes des personnels de santé et des citoyens.


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  • Darmanin, de la rhétorique guerrière à la stigmatisation

    Jeudi 22 Octobre 2020

    Le ministre de l’Intérieur estime que c’est par les rayons de « cuisine communautaire » que « commence le communautarisme ».

     

     

    « La décence fait partie de l’hygiène républicaine. »

    La sentence prononcée lundi par le ministre de l’Intérieur sur Europe 1 pour balayer les critiques ne semblait plus valable dès le mardi soir sur le plateau de BFMTV.

    « Moi, ça m’a toujours choqué d’entrer dans un hypermarché et de voir un rayon de telle cuisine communautaire et telle autre à côté. C’est mon opinion, c’est comme ça que commence le communautarisme », y a lâché Gérald Darmanin.

    Le ministre interrogé à la suite de l’attentat de Conflans va même plus loin :

    « Qu’on aille dans un hypermarché casher ou halal pour acheter des produits, chacun peut le faire, où est le problème ?

    Je dis juste que des grandes entreprises françaises qui ont organisé parfois le marketing direct (…) ont eu envie de gagner de l’argent sur le communautarisme. »

     

    Raté pour la mise en garde d’Emmanuel Macron aux Mureaux.

    « Ne nous laissons pas entraîner dans le piège de l’amalgame tendu par les polémistes et par les extrêmes qui consisterait à stigmatiser tous les musulmans. Ce piège, c’est celui que nous tendent les ennemis de la République, qui consisterait à faire de chaque citoyen de confession musulmane un allié objectif », avait alors déclaré le président de la République.

     

    « Je n’ai pas un mot à retirer à mes propos. Pas un »

    De la rhétorique guerrière contre les « ennemis de la République » et la démonstration de force par la multiplication des opérations de police pour « faire passer un message », le ministre de l’Intérieur passe en un claquement de doigts à la stigmatisation généralisée.

    Des responsables de la majorité n’ont d’ailleurs pas tardé à se désolidariser.

    « Moi, ça ne me choque pas. Quand je fais mes courses, je vais au rayon produits bretons, parce que je suis breton », a commenté le président LaREM de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand.

     

    « Le ministre de l’Intérieur sert de poisson-pilote dans cette affaire. Tout ce qu’on pouvait craindre après l’attentat est en train de survenir. On part d’un attentat avec une responsabilité évidente de l’islam radical et on en arrive à une stigmatisation de l’ensemble des musulmans », reproche plus sérieusement, le porte-parole du PCF, Ian Brossat.

     

    Dans la foulée, les réseaux sociaux, se sont emplis ce mercredi de railleries : on ne compte plus les photos de rayons « saveurs du monde » et autre images de crêperies accompagnées de commentaires caustiques sur les risques de radicalisation.

    Mais le ministre persiste et signe :

    « Je n’ai pas un mot à retirer à mes propos. Pas un. Oui, le capitalisme a aussi une responsabilité dans la société, tout ne peut pas faire objet d’argent. Merci d’écouter mes propos en entier. Ils sont éminemment républicains », affirme Gérald Darmanin.

    C’est en effet sous couvert de critique du capitalisme qu’il prononce sa diatribe évoquant aussi les « vêtements communautaires » ou l’argent prêté par des banques.

    « Il y a dans la société civile aussi des gens qui doivent comprendre que ce n’est pas parce qu’on a des parts de marché en flattant quelques bas instincts qu’on a rendu service au bien commun.

    J’appelle très modestement les chefs d’entreprise à se rendre compte qu’eux aussi peuvent contribuer à la paix publique et à la lutte contre le séparatisme », explique-t-il.

     

    Passons sur les « bas instincts » qui consistent à manger halal ou casher.

    « L’anticapitalisme de M. Darmanin devrait être conséquent sur tous les sujets », a rétorqué le député FI Alexis Corbière, estimant que l’assassinat de Samuel Paty devrait bien plutôt « nous interroger sur comment on en est arrivé là, sur le manque de moyens ».

     

    « Heureusement que toutes mes opinions ne font pas partie de la loi de la République », admet Gérald Darmanin.

    On ne peut qu’être d’accord sur ce point.


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  • A la une du Blog : 25 Janvier 2015

    Communiqué Ensemble!

    17 octobre 2020

    Le crime ne passera pas !

     
     

    Un professeur d’Histoire qui avait exposé à ses élèves l’importance de la liberté d’expression à propos des caricatures de Mahomet a été décapité devant son collège.

    Il s’agit manifestement d’un acte de terrorisme islamiste.

    Au moment où se déroule le procès des assassins de Charlie Hebdo et de l’hypercacher, quelques semaines après une agression près des anciens locaux de Charlie, c’est un nouveau crime d’intolérance.

    La France a connu durant des siècles, l’intolérance religieuse.

    C’est la Révolution qui, en commençant à laïciser la société y a mis fin, pour  la liberté de tous et toutes.

     

    L’acte commis ce 16 octobre est d’une gravité exceptionnelle parce qu’elle touche à l’école, lieu essentiel de la laïcité.

    Et à la liberté d’expression des enseignant.es, sans laquelle il n’y a pas d’éducation possible.

    Liberté qui n’admet aucune pression d’aucune sorte, ni de l’Etat, ni de groupes de pression, ni de parents d’élèves.

     

    Devant ce crime odieux, ENSEMBLE ! exprime son émotion, son horreur et sa solidarité avec les proches de la victime.

    Avec toutes les organisations démocratiques, nous agirons également pour rejeter les appels à la haine et la stigmatisation des musulman.nes.

    Comme en 2015, la population ne se laissera pas entraîner par les fauteurs de haine.

    C’est toutes et tous ensemble, quelles que soient leurs origines et leurs croyances, que les femmes et les hommes de ce pays résisteront à l’intolérance islamiste, qui n’est qu’une autre forme du fascisme.

    Ils et elles défendront sans faiblir la démocratie et la laïcité.

     

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    A la une du Blog : 25 Janvier 2015

    Communiqué Ensemble!

    20 octobre 2020

    Agir contre le terrorisme islamiste,

    pas contre les musulmans

     
     

    Après l’acte abominable perpétré contre un enseignant vendredi dernier, il importe d’agir contre le fascisme islamiste, qui menace les libertés démocratiques, la laïcité, le vivre ensemble.

    Nous serons dans ce combat, comme nous le sommes contre toutes les oppressions.

     

    Mais nous refusons que ce combat soit mené contre les musulmans.

    A cet égard, la demande de dissolution du CCIF est inadmissible.

    Ce Collectif contre l’islamophobie n’est pas intervenu dans la dénonciation de Samuel Paty.

    Il n’a pas à être sanctionné.

    De la même manière, il n’y a pas lieu de stigmatiser tous les tchétchènes  pour l’acte de l’un d’entre eux pas plus que de suspecter l’ensemble des demandeurs d’asile...

     

    Il n’y pas lieu non plus d’établir une loi générale contre le «séparatisme», qui risque de stigmatiser celles et ceux qui se réclament d’une religion, donc une loi de division.


    L’extrême droite et la droite profitent de la situation pour avancer leurs propositions répressives.

    Sous couvert de lutte contre le terrorisme islamiste elles visent à s’attaquer aux migrants, à remettre en cause le droit d’asile, à briser définitivement nos possibilités de vivre ensemble dans une société libre et démocratique.

     

    ENSEMBLE, Mouvement pour une alternative de gauche écologique et solidaire, participera aux mobilisations pour s’opposer à ces mesures répressives visant les populations les plus fragiles.

    Tous ensemble, habitants de France, quelles que soient nos origines, religions, nous sommes en capacité de combattre les terroristes islamistes, car nous voulons vivre ensemble dans une société démocratique.

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    Fil ouvert le 17 octobre 2020

     

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    Assassinat de Samuel Paty :

    qui sont les sept personnes mises en examen ?

    Parmi elles, deux collégiens sont soupçonnés d'avoir fourni des informations sur le professeur au terroriste, en échange d'une somme d'argent.

    France Info >>>>>

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    Assassinat de Samuel Paty :

    le compte Twitter du terroriste

    avait été signalé six jours avant le meurtre

    Selon nos informations, un message posté par Abdoullakh Anzorov a alerté les utilisateurs du réseau social le 10 octobre. Le ministre de l'Intérieur défend ses services. 

    France Info >>>>>

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    Y a-t-il "un problème avec la communauté tchétchène"

    en matière de radicalisation,

    comme l'affirme Jean-Luc Mélenchon ?

    Le leader de La France insoumise a tenu des propos controversés après l'attentat de Conflans-Sainte-Honorine. Si la radicalisation islamiste au sein de la diaspora tchétchène apparaît bien dans les radars des services de renseignement, elle n'est pas surreprésentée.

    France Info >>>>>

     

    Attentat de Conflans : ce qu'avait dit Samuel Paty aux policiers

    On en sait davantage sur l'audition de Samuel Paty, entendu par les policiers le 12 octobre dernier. Objet d'une plainte pour "diffusion d'images pornographiques", l'enseignant en avait ensuite lui-même déposé une pour "diffamation publique".

    France Info >>>>>

     

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    Mardi 20 Octobre 2020

    Direct France Info >>>>> 20 octobre 2020

     

    Assassinat de Samuel Paty : les collègues de l'enseignant expriment dans un communiqué leur "vive inquiétude face à l'impact des réseaux sociaux"

    Quatre jours après l'assassinat de leur collègue, les professeurs du Bois d'Aulne s'expriment pour la première fois.

    France Info >>>>

     

    En hommage à Samuel Paty

    Rassemblements annoncés en Finistère

    mercredi 21 Octobre 2020

    Brest : place de la Liberté, à 18 h  

    Guipavas : sur le parvis de la mairie, à 17 h 45

    Landerneau : devant l’école Ferdinand-Buisson, à 18 h

    Morlaix : place des Otages, à 15 h

    Carhaix : square des sœurs Goadec, à 18 h

    Crozon : place Léon-Blum, à 18 h

    Melgven : rue du Stade, à 11 h

    Concarneau : devant l’hôtel de ville, à 11 h 45

    Quimper : place Saint-Corentin, à 18 h

    Quimperlé : devant la mairie, à 18 h

     

     

    Rassemblement marcredi 21 Octobre 2020 18h00

    Carhaix

     

    Communiqué de presse

    L’Union Locale CGT de Carhaix s’associe à l’appel au rassemblement ce mercredi 21 octobre à 18 heures, square des sœurs Goadec à Carhaix en hommage à Samuel Paty.

    Ce qui s’est passé est horrible. Comme tout enseignant, Samuel Paty cherchait à préparer des jeunes à l’exercice de l’esprit critique, condition essentielle à une pleine citoyenneté.

    Par cet appel, l’Union Locale CGT entend exprimer des choses simples :

    • Que nous pensons à Samuel Paty ainsi qu’à ses proches endeuillés.
    • Que les enseignants doivent être soutenus dans l’exercice de leur métier.
    • Que nous sommes attachés à la liberté d’expression et que nous refusons les logiques extrémistes et obscurantistes.
    • Que nous sommes attachés à la laïcité, qui garantit la liberté de conscience.
    • Que ce n’est pas par la haine que nous répondrons à la haine qui a coûté la vie à Samuel Paty mais par la promotion de la liberté, de l’égalité et de la fraternité.

    Assassinat de Samuel Paty.

    Des caricatures à l’hommage national, retour sur la chronologie des faits

    Du cours d’éducation civique, début octobre, où ont été montrées des caricatures de Mahomet à l’hommage national rendu à Samuel Paty après son assassinat, organisé ce mercredi 21 octobre, retour deux semaines d’escalade, d’enquête et de réactions politiques.

    Ouest-France >>>>>

     

    Des caricatures à la décapitation,

    les onze jours qui ont conduit à la mort de Samuel Paty

    Le Télégramme >>>>>


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    Lundi 19 Octobre 2020

     

    Terrorisme. Entre tristesse et colère, la République se rassemble

    Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont envahi, dimanche après-midi, la grande place parisienne, deux jours après l’assassinat de Samuel Paty, professeur de collège à Conflans-Sainte-Honorine.

    Beaucoup d’enseignants rechignent à se ranger derrière une « union sacrée » avec le gouvernement.

     

    Adrien Quatennens :

    «Oui à la lutte déterminée contre l’islamisme radical,

    non à la suspicion généralisée»

    Le coordinateur de la France insoumise, présent au rassemblement en hommage à Samuel Paty ce dimanche, conteste les accusations d'une forme de complaisance de son camp.

    Par Charlotte Belaïch 18 octobre 2020
     
    Libération >>>>>

     

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     Rodrigo Arenas, coprésident de la FCPE :

    « L’obscurantisme n’aura jamais raison de la République »

    Après le terrible assassinat de Samuel Paty, enseignant d’histoire-géographie au collège du Bois-d’Aulne, à Conflans-Sainte-Honorine, le responsable de la principale fédération de parents d’élèves appelle à mieux préparer et former les professeurs face à l’intolérance et au fanatisme.

     

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    Dimanche 18 octobre 2020

    Éducation.

    « La peur ne nous guide absolument pas ».

    Entretien avec Claire Guéville (Snes-FSU)

     

    Samedi 17 Octobre 2020

    Quels enseignements peut-on déjà tirer du meurtre atroce de Samuel Paty, ce professeur d’histoire-géographie à Conflans-Sainte-Honorine ? Membre du secrétariat national du Snes-FSU (premier syndicat du secondaire), Claire Guéville est aussi, comme Samuel Paty, professeure d’histoire-géographie. Elle est donc, elle aussi, amenée à faire des cours d’EMC (Enseignement moral et civique) auprès de ses élèves. Entre sidération, tristesse et colère, elle a bien voulu nous parler de ces craintes et de ses attentes après le meurtre de son collègue.

     

    Entretien.

    Que pense-t-on quand on est amené à faire des cours d’éducation morale et civique et qu’on sait qu’il faudra continuer après ce qui vient de se passer ?

    Claire Guéville 

    D’abord on se dit : « Mais enfin, il faisait juste son métier ! ».

    Nous, les profs d’histoire-géo, nous avons tous déjà fait cette séquence sur la liberté d’expression.

    Moi je l’aborde notamment avec les classes de seconde, dans le cadre de la liberté de la presse, souvent au moment de la Semaine de la presse à l’école.

    En général je consacre une séance à la presse dite satirique – mais en la déconnectant de l’actualité.

    Mon propos n’est pas de discuter sur blasphème ou pas, par exemple.

    Il s’agit de montrer la diversité de la presse, dans un contexte de liberté d’expression.

    Mais la liberté d’expression, cela ne s’enseigne pas : ça se pratique.

    Il s’agit donc de montrer et de pratiquer, pour éduquer à l’exercice de cette liberté.

    Ça s’apprend : les techniques de débat, l’évacuation de la violence physique…

    On essaie de mettre ça en place, avec les moyens dont nous disposons, qui sont de plus en plus réduits y compris, tout simplement, en termes de temps dont nous disposons pour le faire.

    Mais quand on projette ces images, caricatures ou non, on les inscrit toujours dans un temps long, en faisant un pas de côté.

     

    Que craignez-vous, après le meurtre de votre collègue ?

    Claire Guéville

    Je crains la tentation de réduire notre liberté pédagogique, et que nous en soyons privés au nom d’une forme d’instrumentalisation politique.

    Quand on est professeur d’histoire-géographie, on subit de toute part des injonctions permanentes à enseigner comme il le faudrait, une forme de contrôle politique de ce que nous faisons – qui peut aller jusqu’à empêcher l’exercice de notre métier.

    Nous avons un gouvernement et un ministre qui sont uniquement dans la pétition de principe : injonction à la liberté, injonction à la laïcité…

    Personnellement j’en ai un peu assez de voir les politiques nous dire comment il faut préparer une séquence pédagogique, sans même réfléchir à la cohérence avec les programmes scolaires.

    Ils ne sont jamais dans la mise en œuvre.

    Or celle-ci est le quotidien de nos cours.

    Nous devons préparer nos élèves à devenir des citoyens libres et émancipés.

    Tout enseignant d’histoire-géo, et même tout enseignant, est un militant de ça.

    La peur ne nous guide absolument pas.

     

    Les enseignants sont-ils suffisamment formés à aborder de tels sujets en cours ?

    Claire Guéville

    Non.

    Non seulement la formation continue des enseignants est réduite à rien, mais elle est en outre totalement inféodée à des réformes rejetées par l’ensemble de la profession.

    Et même quand on a des formateurs qui font du bon travail, de toute façon cela ne touche qu’un public très restreint.

    Avez-vous, vous-même, déjà eu des problèmes en abordant ces sujets en classe ?

    Claire Guéville

    Il y a des difficultés au quotidien, oui, mais elles ont plutôt trait à ce qui nous contraint dans notre pratique quotidienne : le manque de temps, le manque d’espaces d’expression – avec les parents, notamment.

    J’ai personnellement enseigné dans des zones où certains sujets comme l’extermination des Juifs d’Europe, la guerre d’Algérie pouvaient, par exemple, poser problème.

    Mais je n’ai jamais eu de soucis avec les élèves.

    L’école est encore un endroit où chacun peut bénéficier d’un espace de liberté.

    C’est un endroit où on vient, justement, pour apprendre à être libre.

    Ce qui ne va pas en revanche, c’est que beaucoup de politiques ont joué avec le feu en tapant sur les profs.

    Avec les collègues nous nous souvenons de la grève du bac, que nous avons dû faire en juin 2019 pour protester contre la réforme : à cette époque-là, c’est le président de la République lui-même qui nous a traités de « preneurs d’otages », et ensuite il y a eu tout un déchaînement où nous étions carrément comparés à des terroristes.

    On ne peut pas s’empêcher, aujourd’hui, d’avoir ça en mémoire.

    Je pense aussi aux quatre collègues de Melle, dans les Deux-Sèvres, qui sont passés cette semaine en conseil de discipline pour avoir protesté contre les E3C…

    Notre propre institution nous a dans le viseur, nous considère comme des ennemis, discrédite notre parole.

    Cela se paie, au bout d’un moment.

    Notre fonction, notre position dans la société sont fragilisées parce que nous sommes stigmatisés, y compris par notre propre employeur.

     

    Quelles pistes peut-on ouvrir pour y remédier ?

    Claire Guéville

    Si on veut se mobiliser autour de ce moment tragique, c’est en remettant l’école publique au centre de toutes les préoccupations.

    Ce devrait être la première chose au programme du gouvernement, au lieu de brader l’école au profit d’officines privées, au lieu de réduire ses moyens et de prévoir encore des suppressions massives de postes comme c’est le cas dans le second degré.

    Si l’émotion visible de Jean-Michel Blanquer, ce samedi, pouvait déboucher sur un changement de politique, mais allons-y !

    Il faut redonner à l’école les moyens de fonctionner correctement, pour tous les élèves.

     

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    Direct France Info Dimanche 18 octobre 2020 >>>>>

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    Après l'horreur à Conflans,

    les gauches en appellent à l'unité du pays

    Par Rachid Laïreche 17 octobre 2020
     
    Libération >>>>>

     

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    Samedi 17 Octobre 2020

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    Rassemblement ce samedi 17 Octobre 2020 - 15h00

    à Brest, Quimper, Morlaix

    Pour rendre hommage à notre collègue, au prof d'histoire-geo décapité, assassiné pour avoir fait son travail d'éducation à la liberté intellectuelle, à la liberté d'expression et aux valeurs de laïcité.

    Tous ensemble pour refuser les dérives sectaires et la violence politique véhiculée par des idéologies obscurantistes !

    Pour défendre nos valeurs républicaines de liberté, d'égalité, de fraternité, nos valeurs de solidarité et de laïcité !

    À Brest, plus de 200 personnes rendent hommage à l’enseignant tué

    À Quimper, 80 personnes rendent hommage au professeur décédé

    À Morlaix, 50 personnes rendent un hommage à l’enseignant tué

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    Ce que l'on sait de l'attaque terroriste contre un professeur,

    décapité à Conflans-Sainte-Honorine

    Neuf personnes dont un mineur ont été placées en garde à vue, a appris franceinfo de source judiciaire.

    Il s'agit des parents, d'un grand-parent et du petit frère du suspect, mais aussi d'un parent d'élève qui avait posté une vidéo sur internet. 

    France Info >>>>> Mise à jour le 17/10/2020 à 12:22

     

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    Un professeur d'histoire décapité

    pour avoir montré des caricatures de Mahomet

    Direct L'Humanité >>>>>  17 octobre 2020 18h30

     

    • Un homme a été décapité en fin d'après-midi ce vendredi 16 octobre à Conflans Saint-Honorine (Yvelines).
    • Son agresseur présumé, blessé gravement par balle par la police dans la ville voisine d'Eragny (Val-d'Oise), est mort. 
    • Neuf personnes ont été placées en garde à vue dans la nuit de vendredi à samedi.
    • Le parquet antiterroriste a été saisi pour "assassinat en relation avec une entreprise terroriste" et "association de malfaiteurs terroriste criminelle". 
    • Cette attaque survient trois semaines après celle devant les anciens locaux de Charlie Hebdo à Paris, en plein procès des attaques de janvier 2015, qui avaient décimé la rédaction de l'hebdomadaire satirique.
     

    Où en est l'enquête ?

    Suite au meurtre d'un enseignant ce vendredi à Conflans Sainte-Honorine (Yvelines), le Parquet national antiterroriste (PNAT) a annoncé être saisi de l’enquête, ouverte pour « assassinat en relation avec une entreprise terroriste » et « association de malfaiteurs terroriste criminelle ».

    La sous-direction antiterroriste (SDAT) de la police judiciaire et la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) ont été saisies.

    Quatre personnes ont été placées en garde à vue dans la nuit de vendredi à samedi, selon l’Agence France-Presse (AFP).

    Cinq personnes supplémentaires auraient été arrêtées, selon le Figaro.

    Parmi ces personnes figurent deux parents d'élève du collège où travaillait la victime, ainsi que des personnes de l'entourage de l'assaillant.

    Que s'est-il passé ?

    Les faits se sont déroulés vers 17 heures, près du collège du Bois d'Aulne de Conflans Sainte-Honorine.

    La police municipale de Conflans Sainte-Honorine a prévenu la police nationale après avoir découvert une personne décapitée.

    Les policiers de la brigade anticriminalité (BAC) de la ville se sont rendu sur place.

    Ils ont découvert la victime et, 200 mètres plus loin, ont tenté d'interpeller quelques instants plus tard un homme armé d'un couteau qui les menaçait.

    Il aurait tiré sur les policiers avec un pistolet air soft (pistolet à bille air comprimé qui n'est pas létal), selon les informations de franceinfo.

    Selon l'AFP, "l'agresseur du professeur d'histoire a crié "Allah Akbar" avant d'être tué par les forces de l'ordre".

    Les policiers ont fait feu à dix reprises et ont abattu l'assaillant dans la ville voisine d’Eragny (Val-d’Oise).

     

    Ce que l'on sait de la victime

    Il s'agit d'un enseignant d'histoire-géographie de 47 ans.

    Il était en poste dans le collège du Bois d'Aulne de Conflans-Sainte-Honorine depuis plusieurs années.

    "L'enseignant avait montré récemment à ses élèves des caricatures de Mahomet lors d'un cours sur la liberté d'expression", ajoute l'AFP.  

    "Mais aucune source ne nous confirme avec certitude s'il a été visé pour cette raison", précise cependant FranceInfo.

    Le père d'un élève de 13 ans qui se trouvait dans la classe du professeur ce jour-là a expliqué sur France Inter que le professeur avait demandé aux élèves musulmans de sortir, avant de montrer les caricatures.

    "Apparemment, il n'a pas fait ça méchamment. Mon fils m'a dit qu'il avait fait ça pour préserver les enfants, pour ne pas les vexer. Il leur a dit : 'Je vais montrer une image. Je vous conseille de sortir pour pas être vexés, pour ne pas être choqués'", a insisté le père de famille.

    Il estime que l'enseignant "n'a pas voulu être condescendant ou manquer de respect." 

    Si de nombreux parents d'élèves étaient venus voir l'enseignant pour expliquer "qu'il avait fait une erreur, mais de rien du tout", le parent d'élève souligne qu'"il y avait beaucoup de tensions sur les réseaux sociaux".

     

    Ce que l'on sait de l'assaillant

    Selon des informations du Monde, un document d’identité a été retrouvé sur l’homme abattu par la police, indiquant une nationalité russe et un âge de 18 ans.

    Ce document indiquerait que le jeune homme était d’origine tchétchène.

    Mais rien ne confirme pour l'instant que cette pièce d’identité était bien celle de l’homme tué.

    Le suspect est inconnu des services de renseignement assure Franceinfo, citant des "sources proches du dossier".  

     

    Les enquêteurs s'intéressent à un message posté sur Twitter par un compte désormais fermé et qui montre notamment une photo de la tête de la victime.

    Ils cherchent à savoir si elle a été postée par l'agresseur ou une autre personne.

    Sous cette photo, un message menace Emmanuel Macron, "le dirigeant des infidèles", et son auteur assure vouloir venger celui "qui a osé rabaisser Muhammad".

     

    "La République doit se tenir unie et ferme"

    Emmanuel Macron s'est rendu sur place à Conflans-Sainte-Honorine avec le Premier ministre Jean Castex et le ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer.

    Le chef de l'État est passé auparavant par la cellule de crise mise en place au ministère de l'Intérieur.

    Gérald Darmanin rentre lui précipitamment à Paris d'un déplacement au Maroc. Emmanuel Macron s'est exprimé avec gravité sur place,  évoquant "un attentat terroriste islamiste", et appelant "à faire bloc, car nous sommes des citoyens unis par les mêmes valeurs, une histoire, un destin (...) Ils ne passeront pas". 

     

    "C'est la République qui est attaquée" avec "l'assassinat ignoble de l'un de ses serviteurs", a réagi Jean-Michel Blanquer, sur Twitter. "Notre unité et notre fermeté sont les seules réponses face à la monstruosité du terrorisme islamiste. Nous ferons face", a ajouté le ministre.



    Les députés se sont levés à l'Assemblée nationale pour "saluer la mémoire" de l'enseignant décapité.

    Le président de séance Hugues Renson (LREM) a pris la parole juste avant l'interruption des débats à 20 heures : "Nous avons appris avec effroi l'abominable attentat qui s'est produit. Au nom de la représentation nationale, en notre nom à tous, je tiens à saluer la mémoire de la victime." 

    Fabien Roussel, le secrétaire National du PCF a notamment déclaré : "En ces moments tragiques, la République doit se tenir unie et ferme dans l'affirmation de ses valeurs. Tous ensemble, unis dans le respect de notre diversité, continuons de faire vivre la richesse de notre République laïque, défendons notre liberté d’expression et ne cédons pas un pouce aux fanatiques et à tous ceux qui chercheront à imposer la haine et à diviser notre peuple".

     

    Sur Twitter, l'équipe de Charlie Hebdo a  fait part de "son sentiment d’horreur et de révolte après qu’un enseignant dans l’exercice de son métier a été assassiné par un fanatique religieux. Nous exprimons notre plus vif soutien à sa famille, à ses proches ainsi qu’à tous les enseignants", a écrit le journal satirique, près de trois semaines après l'attentat survenu près des anciens locaux du journal.

    Et en plein procès des attaques de janvier 2015, qui avaient décimé la rédaction de l'hebdomadaire.

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    Conflans-Sainte-Honorine:

    Pour Charlie Hebdo,

    "l'intolérance vient de franchir un nouveau seuil"

    Le journal satirique, visé en janvier 2015 pour avoir publié des caricatures de Mahomet, a fait part de "son sentiment d'horreur" après la décapitation d'un professeur qui avait montré des images similaires à ses élèves.

    HuffPost >>>>>

     

    Après l'attentat, l

    es caricatures de Mahomet envahissent les réseaux sociaux

    ...Le professeur d’histoire a été pris pour cible

    “parce qu’il a prôné à des élèves la liberté d’expression,

    la liberté de croire et de ne pas croire”.

    HuffPost >>>>>

     

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    Un appel du SNES à une minute de silence

    Dans un tweet, le syndicat des enseignants appelle "les personnels de l’Éducation nationale à faire une minute de silence demain samedi 17 octobre à 11h, dans les établissements scolaires ouverts, en mémoire de notre collègue assassiné et en soutien à ses collègues, ses élèves, sa famille, ses proches."

     
    Caroline Fourest
     
    Plus de mots. Les enseignants sont les fantassins de notre République. Ils sont en première ligne pour expliquer et faire aimer nos libertés. Qu’on puisse être tué, et de cette façon, pour se dévouer au bien commun est atroce.
    Les fanatiques sont des monstres.
     
     

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    Professeur décapité.

    « Depuis le temps qu’on tire la sonnette d’alarme... »

    Samuel Paty, un professeur d’histoire-géographie, a été assassiné vendredi à Conflans-Sainte-Honorine après un cours sur la liberté d’expression. En 2004, Jean-Pierre Obin, alors inspecteur général de l’Éducation nationale, fut le premier à alerter sur les atteintes à la laïcité à l’école. Il propose aujourd’hui un vaste plan de formation des enseignants.

    Ouest-France >>>>>

    TÉMOIGNAGE.

    « Je refuse d’avoir peur d’enseigner l’histoire-géo »,

    confie une enseignante

    Isabelle est professeure en Bretagne, un métier de plus en plus compliqué à exercer. Elle sent monter la pression de certains parents et élèves. Elle a même dû signaler la radicalisation d’un collégien. Cette professeure témoigne après l’assassinat de Samuel Paty, vendredi à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines).

    Ouest-France >>>>>

     

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    Enseignant décapité :

    "Il faut montrer que la nation est soudée

    autour de la liberté d'expression"

    pour le SNES-FSU

    Frédérique Rollet souhaite que des rassemblements ou des manifestations soient organisées par les organisations syndicales de parents et de professeurs.

    France Info >>>>>

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    Médiapart

    Un enseignant décapité dans les Yvelines,

    le tueur présumé abattu

    16 octobre 2020 Par Matthieu Suc

     

    Un homme a été décapité en fin d’après-midi vendredi à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) et son agresseur présumé, abattu par balle par la police dans la ville voisine d’Eragny (Val-d’Oise). 

    Le Parquet national antiterroriste (PNAT) s’est saisi de l’affaire.

     

    Un homme a été décapité en fin d’après-midi vendredi à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) et son agresseur présumé, blessé gravement par balle par la police dans la ville voisine d’Eragny (Val-d’Oise). 

    Le Parquet national antiterroriste (PNAT) s’est saisi de l’affaire: l’enquête a été ouverte pour « assassinat en relation avec une entreprise terroriste » et « association de malfaiteurs terroriste criminelle », a indiqué le PNAT.

    La sous-direction antiterroriste (SDAT) de la police et la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) ont été saisies.

     

    Les faits se sont déroulés vers 17 heures, près du collège du Bois-d’Aulne, dans le quartier des Hautes-Roches.

    Les policiers de la brigade anti-criminalité de Conflans-Sainte-Honorine ont été appelés pour un individu suspect rôdant autour de cet établissement scolaire, selon une source policière citée par l’AFP.

    Sur place, les policiers ont découvert la victime, un enseignant d’histoire-géographie du collège. 

     

    À 200 mètres plus loin, à Eragny, ils ont tenté d’interpeller un homme armé d’une arme blanche qui les menaçait et ont fait feu sur lui, le blessant grièvement.

    L’homme aurait crié « Allah Akbar » avant d’être abattu.

    Un périmètre de sécurité a été installé et le service de déminage appelé, en raison d’une suspicion de gilet explosif.

    L’auteur présumé de l’attaque est déclaré décédé.

     

    Est-ce le mobile de ce crime (en tout cas, il est envisagé par les enquêteurs) ?

    La victime, l’enseignant, avait fait l’objet le 5 octobre d’un signalement de la part de parents d’élèves.

    Le professeur avait mené, en classe, une intervention sur la liberté d’expression en lien avec les caricatures de Mahomet.

     

    Un père d'élève avait informé dans une vidéo diffusée sur YouTube le 8 octobre qu’un professeur d’histoire du collège du Bois d’Aulne avait montré à ses élèves de 4e une photo d’un homme nu en disant que c’était  le prophète des musulmans.

    « Quel est le message qu’il a voulu passer à ces enfants ? Pourquoi cette haine ? Pourquoi un professeur d’histoire se comporte comme ça devant des élèves de 13 ans ? » s’indignait ce père d’élève.

     

    On sait encore peu de choses sur le profil de l’auteur.

    Il s’agirait d’un jeune Tchétchène de 18 ans, inconnu des services de renseignement.

     

    Sur Twitter, le compte @Tchetchene_270 - fermé depuis - a diffusé aussitôt le crime accompli une photo d’une tête décapitée sur le bitume d’une chaussée à proximité d’un trottoir.

    Une image horrible assortie de ce commentaire : « De Abdullah, le serviteur d’Allah, à Marcon [sic], le dirigeant des infidèles, j’ai exécuté un de tes chiens de l’enfer qui a osé rabaisser Muhammad, calme ses semblables avant qu’on ne vous inflige un dur châtiment… »

    Des vérifications sont en cours pour s’assurer qu’il s’agit bien de la revendication de l’auteur de l’attaque.

     

    Très porté sur la religion, le titulaire de ce compte avait épinglé début octobre une vidéo de douaa, des invocations au prophète traduites en arabe et en russe.

     

    Un profil très proche du dernier auteur présumé d’un attentat en France.

    Le 25 septembre dernier, Zaheer Hassan Mahmoud, un Pakistanais de 25 ans, inconnu des services de renseignement, avait attaqué à l’aide d’un hachoir deux personnes, les blessant grièvement devant les ex-locaux de Charlie Hebdo, rue Nicolas-Appert à Paris. 

    En garde à vue, Zaheer Hassan Mahmoud s’était dit « en colère » après avoir regardé « ces derniers jours des vidéos en provenance du Pakistan » concernant la publication et la republication par Charlie Hebdo des caricatures de Mahomet, le 2 septembre, à la veille de l’ouverture du procès des attentats de janvier 2015. 

     

    Le mode opératoire de l’attentat perpétré cet après-midi n’a lui qu’un seul précédent : le 26 juin 2015, Yassin Salhi avait décapité son patron Hervé Cornara, et suspendue par une chaîne la tête de celui-ci à un grillage, entre deux drapeaux sur lesquels sont inscrits la Chahada, la profession de foi de l’islam : « Il n’y a de Dieu que Dieu et Mohamed est son prophète ».

     

    Les faits de Conflans-Sainte-Honorine connus, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, en déplacement au Maroc, a décidé de rentrer immédiatement à Paris. Depuis Rabat, il s’est entretenu avec le Premier ministre Jean Castex et le président Emmanuel Macron, a-t-on précisé dans son entourage.

    Emmanuel Macron doit également se rendre sur place vendredi soir, a annoncé l’Elysée. Le chef de l’Etat est passé auparavant par la cellule de crise mise en place au ministère de l’intérieur, où il a été rejoint par le premier ministre, Jean Castex, a indiqué Matignon.

    Le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a déclaré sur Twitter : « C’est la République qui est attaquée » avec « l’assassinat ignoble de l’un de ses serviteurs ». « Notre unité et notre fermeté sont les seules réponses face à la monstruosité du terrorisme islamiste. Nous ferons face », a ajouté le ministre.

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    Effroi et révolte

    après l’attentat de Conflans-saint-Honorine

    (Fabien Roussel - PCF)

    J'apprends avec horreur qu'un enseignant d'histoire géographie a été assassiné aujourd'hui à Conflans-Saint-Honorine dans les Yvelines.

    Cet attentat abominable suscite en moi effroi et révolte.

    Je pense ce soir aux proches, à la famille et aux collègues de ce professeur, tué pour avoir exercé son métier.

    En ces moments tragiques, la République doit se tenir unie et ferme dans l'affirmation de ses valeurs.

    Tous ensemble, unis dans le respect de notre diversité, continuons de faire vivre la richesse de notre République laïque, défendons notre liberté d’expression et ne cédons pas un pouce aux fanatiques et à tous ceux qui chercheront à imposer la haine et à diviser notre peuple.

     

    Fabien Roussel, secrétaire national du PCF

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    Déclaration La France Insoumise17 octobre 2020 

     

    Conflans-Sainte-Honorine :

    un besoin urgent de nous rassembler


     

    Communiqué du groupe parlementaire La France insoumise, de la délégation de La France insoumise au Parlement européen, du mouvement la France insoumise

     

    La France Insoumise exprime sa vive émotion et sa colère après l’assassinat du professeur d’Histoire à Conflans-Sainte-Honorine.

    Elle exprime sa pleine affliction et son soutien à sa famille, ses proches, ses collègues, ses élèves.

    Ses pensées vont aussi à l’ensemble du corps enseignant du pays qui se sent a juste titre directement impliqué.

    A travers ce meurtre d’une atroce barbarie, c’est l’école de la République qui est à son tour la cible d’un terroriste islamiste.

    Quel lieu mieux indiqué que l’école publique et laïque, creuset du peuple en formation où l’individu se prépare à l’exercice de la citoyenneté, pour enseigner la liberté d’expression, la mise à distance critique et amener les élèves à interroger leurs propres certitudes et convictions ?

     

    Ce crime commis au nom de Dieu atteint dans leur chair des millions de nos concitoyens qui refusent de voir leur religion associée à de telles atrocités.

    Il soulève d’horreur tout le pays.

    Plus que jamais, les moyens humains et matériels nécessaires doivent être déployés pour appliquer les lois de répression du crime, lutter contre l’obscurantisme d’où qu’il vienne et empêcher d’autres meurtres.

    Ce combat ne pourra être gagné qu’à la condition de notre indéfectible unité.

    Le pire serait de succomber aux divisions que veulent créer les terroristes.

    Dans le respect des règles garantissant la sureté sanitaire, nous avons un besoin urgent de nous rassembler.

    Si les organisations représentatives des professeurs en prenaient l’initiative, La France Insoumise appellerait le peuple de France à se regrouper derrière elles.

     

    Conflans-Sainte-Honorine : un besoin urgent de nous rassembler

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    "Face à des gens qui veulent semer la haine,

    au nom du fanatisme religieux,

    il faut que le peuple de France

    oppose un rassemblement fraternel",

    "Il faut qu'on montre

    que ce genre de terreur religieuse

    ne gagnera pas en France."

    Enseignant décapité :

    le député Eric Coquerel (LFi)

    appelle à "un rassemblement du peuple,

    des croyants, des non-croyants"

    "Il faut qu'on montre que ce genre de terreur religieuse ne gagnera pas en France", a déclaré le député LFI après qu'un professeur a été tué devant un collège de Conflans-Sainte-Honorine vendredi. Olivier Faure, premier secrétaire du PS, appelle lui à manifester "cette unité profonde qui nous lie toutes et tous".

    France Info >>>>>

     

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    Olivier Faure PS

    appelle à manifester

    "cette unité profonde qui nous lie toutes et tous"

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    Attentat de Conflans :

    neuf personnes en garde à vue,

    dont des parents d’élèves et des proches du meurtrier

    Selon les informations du « Monde », l’homme de 18 ans, qui a assassiné le professeur d’histoire-géographie, était de nationalité russe. Il a été tué par balle par la police dans la ville voisine d’Eragny.

    Le Monde >>>>>


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  • Le CCIF, portrait d’une association controversée

    Mercredi 21 Octobre 2020
    Mis en cause par le gouvernement, le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) est la cible des critiques pour ses liens supposés avec l’islamisme.
     

    Après le temps de l’émotion, voici celui de la chasse aux supposés complices intellectuels.

    Pour une grande partie des ultralaïcs, Manuel Valls en tête, le coupable est tout désigné : le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF).

    Mais, qu’est-ce qui cloche avec cette association, qui s’est fait connaître en recensant les actes islamophobes ?

     

    Une « officine islamiste » pour le fondateur du Printemps républicain, Amine El Khatmi, ou le « navire amiral de l’arsenal islamiste », d’après l’ex-journaliste de Charlie Hebdo, Zineb El Rhazoui.

    Le CCIF est aujourd’hui au centre d’une vive polémique alimentée par le gouvernement.

    Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, y voit un « ennemi de la République » dont il souhaite la « dissolution » car il aurait été «manifestement impliqué » dans la « fatwa » lancée par un parent d’élève contre le professeur assassiné Samuel Paty.

    De graves accusations également défendues par la députée LaREM Aurore Bergé et Zineb El Rhazoui, contre qui le collectif porte plainte.

     

    Un mode opératoire qui questionne

    « Le CCIF n’a strictement rien à voir dans la campagne de harcèlement qui a mené à l’attentat », assure l’association créée en 2003 par Samy Debah.

    Aujourd’hui reconnu internationalement par l’ONU ou la Commission européenne comme un interlocuteur, le CCIF – dont les sources de financement ne sont pas clairement identifiées – n’en est pas à sa première controverse.

    Lui est notamment reprochée une proximité avec les mouvances islamistes, dont les Frères musulmans, qui n’a jamais été établie.

    Parmi les actes islamophobes, le CCIF avait, par le passé, comptabilisé l’expulsion d’un imam salafiste, laissant planer un doute sur ses intentions.

    Son mode opératoire questionne aussi : il apporte une aide juridique à ceux qui s’estiment victimes de l’islamophobie, ce qui lui vaut d’être qualifié, par certains, de « spécialiste du harcèlement judiciaire ».

     

    En novembre 2019, le CCIF avait défrayé la chronique en coorganisant une marche contre l’islamophobie, à la suite d’un attentat commis par l’extrême droite contre la mosquée de Bayonne.

    Un rassemblement qui avait divisé la gauche : une partie y avait participé, quand une autre fraction, comprenant surtout le PS, en dénonçait la tenue, avec la droite et l’extrême droite.

    Si « tout au long du parcours, les drapeaux français s’agitent et la Marseillaise est entonnée à plusieurs reprises », écrivait l’Humanité à l’époque, l’ancien dirigeant du CCIF, Marwan Muhammad, fut l’auteur de plusieurs « Allah Akbar ! », alimentant la polémique autour de cette manifestation.

     

    « Les reproches qui me sont faits n’ont aucun sens »

    L’exécutif va plus loin en essayant de faire tomber, par ricochet, Nicolas Cadène de son siège de rapporteur général de l’Observatoire de la laïcité, pour des prétendus liens avec le collectif controversé.

    Une façon de faire taire les contradicteurs.

    Selon le Point, son licenciement serait imminent car, d’après un proche de la ministre déléguée à la Citoyenneté, Marlène Schiappa, il serait plus « préoccupé par la lutte contre la stigmatisation des musulmans que par la défense de la laïcité ».

    Des arguments que Nicolas Cadène rejette : « Les reproches qui me sont faits n’ont aucun sens. J’ai vu le CCIF il y a plusieurs années, avec le ministère de l’Intérieur. Je ne les ai plus vus depuis. »

    Dans son offensive, le gouvernement semble oublier que Gérald Darmanin a lui-même participé à un débat avec le CCIF, en 2013, alors qu’il était maire de Tourcoing.

    Preuve que discuter n’est pas cautionner…

     

     


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  • Face à la violence,

    le gouvernement dégaine l’argument sécuritaire

     
    Mardi 20 Octobre 2020

    Le Conseil de défense souhaite renforcer la sécurité des établissements scolaires.

    Pour les enseignants, « ce n’est pas la bonne réponse ».

     

    À la rentrée, plus de sécurité.

    Deux jours après l’attentat qui a visé un professeur d’histoire-géographie dans un collège à Conflans-Saint-Honorine, vendredi 16 octobre, les établissements scolaires ont reçu de la part du Conseil de défense, présidé par Emmanuel Macron, une promesse aux accents sécuritaires.

    La sûreté des établissements scolaires et de leur environnement devrait être renforcée pour la rentrée du 2 novembre.

    Comment ?

    Difficile de le savoir pour l’instant, l’Élysée s’étant contenté de préciser que des mesures doivent être arrêtées d’ici quinze jours.

     

    Cette première adresse aux établissements scolaires,

    censée rassurer une communauté éducative profondément ébranlée par l’assassinat de Samuel Paty, suscite d’ores et déjà l’inquiétude d’une partie de la profession.

    Pour Nada Caldera, cosecrétaire nationale de la fédération SUD éducation, « la surenchère sécuritaire n’est pas la bonne réponse ».

    Cette enseignante en collège souhaiterait plutôt le renforcement « des moyens et des équipes » dans les établissements, plutôt que celui « du contrôle et de la répression », qui « n’apaisera pas la situation ».

     

    L’Élysée a également affirmé sa volonté de mener rapidement des «actions concrètes » face aux incitations à la haine en ligne.

    Si la secrétaire générale du syndicat enseignant Snes-FSU a reconnu sur France Info un « impact » des réseaux sociaux sur les élèves, elle a appelé à « ne pas (les) diaboliser », arguant qu’il s’y passait « aussi des choses positives ».

     

    Minute de Silence...

    Parallèlement aux annonces du Conseil de défense, le ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer a promis qu’une minute de silence serait observée à la rentrée par les élèves du primaire à la terminale.

    Il a également évoqué la mise en place d’un travail pédagogique, assorti d’ « un cadrage national, strict, puissant et fort ».

    Le ministre a reçu, samedi 17 octobre, aux côtés de Jean Castex, les organisations de parents d’élèves et les syndicats enseignants « pour regarder ensemble toutes les réponses appropriées ».

     

    Là encore, difficile d’en savoir plus sur ces « réponses ».

    Sur Twitter, Jean Castex a notamment promis que

    « les enseignants continueront à éveiller l’esprit critique des citoyens de la République (…)».

    Des déclarations qui laissent, là encore, Nada Caldera sceptique.

    « La première réponse serait de faire confiance aux enseignants et aux enseignantes, plaide-t-elle, nous connaissons nos élèves, nous savons évaluer et user des bons mots pour leur expliquer les choses. »


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  • Bolivie.

    Un an après le putsch,

    la gauche revient par les urnes

     

    Mardi 20 Octobre 2020

    À l’issue d’un vote sous étroite surveillance des policiers et des militaires, les Boliviens ont donné une large victoire au Mouvement vers le socialisme.

    Luis Arce, son candidat à la présidentielle, dépasse les 50 % dès le premier tour.

     

    La Paz (Bolivie), envoyée spéciale.

     

    C’est un résultat ample, clair, sans contestation possible.

    Tard dans la nuit de dimanche à lundi, Luis Arce Catacora, le candidat du Mouvement vers le socialisme (MAS), a revendiqué la victoire au premier tour de l’élection présidentielle en Bolivie.

    Succès aussitôt reconnu, 363 jours après le coup d’État, par l’autoproclamée présidente par intérim Jeanine Añez, marionnette des putschistes.

    « Maintenant que les résultats sont connus, nous voulons remercier le peuple bolivien, remercier tous nos militants. Nous avons passé un cap important, nous avons récupéré la démocratie et l’espoir », s’est réjoui le nouveau président socialiste, qui, selon les premières estimations, l’emporte largement, avec plus de 52 % des voix, contre 31,5 % à son adversaire de droite Carlos Mesa.

     

     

    L’inquiétude, la peur avaient pourtant plané, auparavant, sur une longue soirée d’incertitude, après la brutale décision du Tribunal suprême électoral de suspendre, douze heures avant l’ouverture du scrutin, le système de compilation des résultats préliminaires, au nom de défaillances « techniques ».

    Même les sondages sortis des urnes ont d’abord été retenus : comme si le gouvernement de facto et ses séides avaient hésité sur la marche à suivre.

    Il faut dire que, jusqu’au bout, les manœuvres les plus tortueuses ont été déployées pour tenter d’enrayer ou de confisquer la victoire du MAS.

    Les candidats de gauche ont été persécutés tout au long de la campagne et Luis Arce lui-même nous racontait, après son meeting la semaine dernière à Sacaba, dans le département de Cochabamba, avoir été régulièrement molesté par des nervis d’extrême droite ou même des policiers en civil.

    Après avoir tenté sans succès de faire invalider sa candidature, puis de le salir par des accusations de corruption montées de toutes pièces, ses adversaires ont finalement échoué, peu avant la tenue des élections, à faire suspendre la personnalité juridique du MAS, ce qui l’aurait purement et simplement exclu du scrutin.

     

    « La droite nous insulte, nous traite de terroristes »

    Dans la dernière ligne droite, les putschistes ont abattu leurs ultimes cartes : pressions, menaces, intimidations, visant jusqu’à certains observateurs étrangers dûment accrédités par le Tribunal suprême électoral.

    Le ministre de l’Intérieur, Arturo Murillo, gonflé d’arrogance par sa visite, au début du mois d’octobre, à Washington, a multiplié ces derniers jours provocations et rodomontades, jurant de ne jamais reconnaître une victoire du MAS, promettant d’expulser ou d’incarcérer les observateurs ou journalistes étrangers jugés trop critiques.

     

    Dimanche, les Boliviens sont allés aux urnes dans la peur mais avec l’irrépressible désir de retrouver le chemin de la paix, de la démocratie, de la stabilité, dans un pays profondément divisé.

    À El Alto, banlieue populaire de La Paz perchée à 4 000 mètres d’altitude, de longues files d’attente se sont formées dès les premières heures de la journée.

    Dans ce bastion du MAS, les électeurs affichaient leur détermination à ne pas laisser se reproduire le scénario de l’an dernier, qui s’était soldé par l’exil forcé du président socialiste Evo Morales, empêché de voter en Argentine où il a trouvé refuge.

    Venues de leur village de la province de Los Andes pour surveiller les opérations de vote dans le collège Santa Maria de Los Angeles, un centre de vote à l’entrée gardée par des soldats de l’armée de l’air, deux paysannes aymaras, Antonia Rodriguez et Ernestina Quispe, racontaient, en mastiquant des feuilles de coca, la vie qui a radicalement changé dans les zones rurales sous les mandats d’Evo Morales.

    « La droite, elle, n’a jamais rien fait pour nous. Ils nous discriminent, nous insultent, nous traitent de terroristes, nous, qui cultivons des pommes de terre ! » s’indignait l’une, tandis que l’autre disait l’abandon, durant la pandémie de Covid-19, des villages, où « pas un masque n’est arrivé ».

     

    « Tout est fait pour entraver l’expression démocratique »

    Partout, les Boliviens ont voté sous l’étroite surveillance de policiers et de militaires taciturnes, qu’Arturo Murillo avait fait défiler, la veille, dans les rues de La Paz, dans une démonstration de force en forme d’avertissement.

    Aux portes de certains bureaux de vote, des policiers n’hésitaient pas à rabrouer des électeurs pourtant inscrits et habilités à voter, vérification faite auprès des agents du Tribunal électoral.

     

    Certains militaires se permettent des commentaires déplacés (...). Certains bureaux ont été déplacés à la dernière minute sans que les électeurs en soient avisés.

    Angela Muñoz Observatrice chargée de relever les atteintes aux droits humains pendant le scrutin

     

    Au collège technologique Ayacucho, au pied de la station Inalmama de la ligne orange du téléphérique, elle aussi transformée en centre de vote, des soldats en tenue de combat, casque, gilet pare-balles et arme à la ceinture patrouillaient jusque dans les salles de classe où étaient disposées les tables de vote.

    « Cette présence militaire est destinée à faire peur. Certains policiers se permettent des commentaires déplacés. Tout est fait pour tenter d’entraver l’expression démocratique. Certains bureaux ont été déplacés à la dernière minute sans que les électeurs en soient avisés », nous a expliqué Angela Muñoz, une observatrice bolivienne chargée de relever les atteintes aux droits humains pendant le scrutin.

     

     

    La « démocratie » revendiquée par une oligarchie et une droite bolivienne peu civiles a pris, dimanche, des couleurs kaki.

    Sauf dans les quartiers de la zone sud où dominent les « pititas », comme se surnomment les partisans du coup d’État, en référence aux cordelettes avec lesquelles ils défilaient l’an dernier pour exiger le départ d’Evo Morales.

    Au collège 6 de Junio, dans le quartier d’Alto Obrajes, pas un uniforme militaire en vue, et le filtrage policier se faisait plutôt lâche pour accueillir des électeurs issus des classes moyennes ou aisées, majoritairement acquis au candidat de droite Carlos Mesa.

    Les ­déléguées de son parti, Comunidad Ciudadana, plutôt des femmes d’une cinquantaine d’années, y affichaient une arrogance de classe décomplexée, donnant des ordres aux assesseurs, prenant des libertés avec le protocole électoral au moment du dépouillement, toisant les rares électrices venues voter en tenue de chola, habit jadis imposé aux domestiques par les colons espagnols, aujourd’hui porté avec fierté par les femmes indigènes dans une démarche d’affirmation culturelle.

     

    « C’est un processus de changement que nous défendons »

    Les résultats de ces élections reflètent, sans surprise, les clivages sociaux, politiques, identitaires qui travaillent le pays en profondeur.

    « Nous sommes les enfants des peuples originaires. Nous sommes dans la lutte depuis longtemps, une lutte pour la vie. Nous ne défendons pas un homme, ni un parti : nous défendons notre droit de vivre en paix, dans la dignité. C’est un processus de changement que nous défendons », résume la poétesse et militante féministe Julieta Paredes.

     

    Pour le MAS, cette échéance, après l’épreuve du coup d’État, a été l’occasion de cimenter un mouvement traversé par des courants et sensibilités très divers, et surtout de renouer avec les mouvements sociaux à l’origine de la dynamique politique qu’incarne cette formation.

    Certains choix économiques préservant des orientations extractivistes avaient nourri de graves conflits et, surtout, la décision d’Evo Morales de se présenter à un quatrième mandat, option pourtant rejetée à l’issue du référendum de 2016, avait laissé un goût amer dans des secteurs de la gauche qui l’avaient soutenu sans faille jusque-là.

    D’où le net recul électoral enregistré en 2019, qui a ouvert la voie au coup d’État.

     

    Dimanche soir, Luis Arce s’est dit décidé à «  gouverner pour tous les Boliviens », à « construire l’unité du pays », à « relever l’économie ». « Nous allons reconduire notre processus de changement, sans haine, en apprenant de nos erreurs et en les surmontant », a-t-il assuré.

    Avec la certitude qu’une sombre page se tourne en Bolivie.

     

    Morales salue « la révolution démocratique »

    Depuis son exil argentin, l’ancien président socialiste Evo Morales a salué la victoire de son ex-ministre de l’Économie, Luis Arce, et le retour rapide de l’ordre constitutionnel, comparativement aux autres États latino-américains ayant connu des putschs institutionnels.

    « Le grand triomphe du peuple est historique, sans précédent et unique au monde : un an après le coup d’État, nous reprenons démocratiquement le pouvoir politique grâce à la conscience et à la patience du peuple. Nous sommes la révolution démocratique et culturelle pour la transformation nationale », a-t-il twitté après s’être inquiété du retard pris dans la publication des premiers sondages de sortie des urnes.

     

    Alors que le ministre de l’Intérieur, Arturo Murillo, n’avait pas hésité à utiliser les forces de police à des fins politiques et de harcèlement des observateurs internationaux (lire ci-contre), l’ancien chef de l’État exhortait, plus tôt dans la journée de dimanche, les forces armées et la police bolivienne à « s’acquitter fidèlement de leur rôle institutionnel et constitutionnel très important ».

    En connaissance de cause : il y a un an, après les manifestations orchestrées par la droite afin de destituer Evo Morales, des unités de police avaient fait sédition dans plusieurs villes.


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  • Cérémonie en hommage aux 27 fusillés de Châteaubriant
    Résistance  
     
    Cérémonie en hommage aux 27 fusillés de Châteaubriant
    pour le Souvenir,
    pour dire non aux ennemis de la République
    d'hier et d'aujourd'hui,
    pour un idéal de société
    sans exploitation de l'homme par l'homme 
     
     
     
    « Quel sort notre société réserve aux jeunes de 2020 qui ont aujourd’hui l’âge de Guy Môquet /.../
    Comme lui nous voulons leur construire un avenir plus juste.
    C’est aussi à cela que nous rendons hommage aujourd’hui »
     
     
     
     « Il est important d’être là
    plus encore alors qu’il y a quelques heures
    l’horreur a frappé à Conflans Ste Honorine,
    s’attaquant aux valeurs de la République
    que défendaient les 27 de Châteaubriant. »
     
     
     
    Présent à la cérémonie en hommage aux vingt-sept de Châteaubriant, tombés sous les balles nazies le 22 octobre 1941.
    Nous nous réunissons cette année encore en leur mémoire,
    pour commémorer leur courage, leur combat et leur sacrifice.
     

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