• Vendredi, 29 Mai, 2020

    Liberté d’informer.

    Inès Léraud, une journaliste face au mur de l’agrobusiness

     

    Un mouvement de solidarité s’étend autour de notre consœur, poursuivie en justice par Chéritel Trégor Légumes, un industriel de l’alimentation, après avoir dénoncé ses pratiques.

     

    C’est une mobilisation à laquelle on n’a pas tous les jours l’occasion d’assister : ce 26 mai, 320 journalistes de rédactions régionales et nationales ont signé une lettre ouverte à la présidence de la région Bretagne lui demandant de « garantir une information et une parole publique libres sur les enjeux de l’agroalimentaire en Bretagne » et de « mettre fin à la loi du silence ». Le front s’élève en défense d’une consœur mise sous pression dans le cadre de son travail par des industriels, auxquels ce dernier ne sied pas.

    Les 20 et 21 janvier 2020, la journaliste indépendante a été convoquée au tribunal de grande instance de Paris. Elle est poursuivie en diffamation par le groupe de fruits et légumes Chéritel, dont elle a révélé les pratiques dans le magazine en ligne Bastamag, en mars 2019.

    La Bretagne, ses industries et ses lobbies

    Ce n’est pas la première attaque à laquelle elle doit faire face pour les enquêtes qu’elle mène dans l’agrobusiness. Installée en Bretagne, dans les Côtes-d’Armor, depuis 2015, Inès Léraud enquête pour Radio France sur le secteur et ses effets sur la santé et l’environnement. Première région laitière, la Bretagne fournit aussi 50 % de la viande française. Les enjeux sont énormes, autant que les lobbies de groupes tels que Lactalis, Doux, Triskalia, Daucy ou Chéritel, sont puissants. « La Bretagne est l’une des régions les plus industrialisées au monde, au plan agroalimentaire, relève la journaliste. Sans cesse un sujet m’amène à rebondir sur un autre… J’ai le sentiment que ça pourra ne jamais finir… »

    Les algues vertes, un tabou... et une BD

    Lorsqu’elle met son nez dans le sujet tabou des algues vertes qui polluent les plages bretonnes, les pressions commencent à se multiplier.

    Fruit de ce travail, la BD qui porte bien son sous-titre « Algues vertes, l’histoire interdite », réalisée avec Pierre Van Hove, se vend à 46 000 exemplaires. Mais ce succès a un prix. Christian Buson, directeur d’un bureau d’études en environnement qui prodigue des conseils aux agro-industriels, la poursuit en diffamation fin 2019. Il retire sa plainte quelques jours avant l’audience, préue le 7 janvier dernier.

    Le 14 mars, le Salon du livre de Quintin (Côtes-d’Armor), qui l’avait invitée pour présenter sa BD, annule sa venue. Enfin, peu de temps avant, une maison d’édition renonce à la traduction du livre en breton.

    Un groupe déjà condamné

    En 2019, elle publie également le fameux reportage dans Bastamag. Titré « Travail dissimulé, fraude sur les étiquettes, les multiples abus d’un groupe agro-industriel breton », celui-ci décrit, témoignages anonymes à l’appui, les pratiques managériales et commerciales du grossiste Chéritel Trégor Légumes. En décembre 2018, le groupe avait déjà été condamné à 261 000 euros d’amende pour avoir employé illégalement des intérimaires bulgares et de nouveau en novembre 2019 pour « tromperie »  (il avait vendu des tomates étrangères étiquetées « origine France »). L’industriel, qui affiche 45 millions de chiffre d’affaires, ne digère pas l’article et porte plainte.

    « Il faut protéger les lanceurs et lanceuses d’alerte »

    Le 8 mai dernier, une pétition pour « la liberté d’informer face aux intérêts privés qui aimeraient la restreindre » a été lancée, aujourd’hui signée par des centaines de « militants associatifs, agriculteurs, scientifiques, auteurs, avocats, journalistes, syndicalistes, élus, citoyennes et citoyens ». Parmi eux, Aurélie Trouvé, porte-parole d’Attac, pour qui « il y a un énorme enjeu à soutenir une voix comme la sienne. Nous devons refuser les pressions sur le travail des journalistes, nous devons protéger les lanceuses et lanceurs d’alerte ».

    Face à l’intimidation, un immense soutien citoyen

    En quelques jours, la mobilisation prend une ampleur dans la profession pour déboucher, il y a trois jours, sur la missive des 320 journalistes.

    Inès Léraud avoue qu’elle ne s’attendait pas à un tel élan de solidarité. «La grande satisfaction est que c’est un mouvement citoyen. Cela prouve l’attachement au travail de journaliste.  » L’implication de ses confrères de la presse régionale la touche beaucoup. « C’est très courageux de leur part et pour moi c’était inespéré.  »

    La jeune femme reconnaît appréhender fortement le procès que lui intente le groupe Chéritel. «Il a déjà aligné 13 témoins. Moi, je ne veux pas exposer les miens, ils se mettraient en danger. Cette plainte est une tentative d’intimidation de plus pour nous faire taire. »

    Vigilance pour La liberté de la presse

    Pour soutenir Inès Léraud et défendre la liberté d’informer sur l’agroalimentaire, les journalistes se sont organisés dans le collectif Kelaouiñ, soutenu par plus de 250 professionnels, dont le Club de la presse de Bretagne. « Puisqu’il existe des observatoires de “l’agribashing”, écrivent-ils dans leur lettre ouverte à la région, nous demandons la création d’un observatoire régional des libertés de la presse. »

    À suivre.

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    Bastamag

    Des journalistes et médias s’organisent

    pour défendre la liberté d’informer sur l’agroalimentaire

    par Collectif 27 mai 2020 >>>>>

    Appel >>>>>

    Pétition >>>>>

    Travail dissimulé, fraude sur les étiquettes :

    les multiples abus d’un groupe agro-industriel breton

    par Inès Léraud 26 mars 2019 >>>>> Bastamag

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    Quand la journaliste Inès Léraud

    remue le monde politico-économique

    Le Peuple Breton .Bzh >>>>>

     


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  • Presstalis - Un projet de coopérative pour relancer d'urgence la distribution de la presse

    Guillaume Dumoulin, délégué syndical CGT de la SAD, société d'agence et de diffusion, filiale de presstalis, qui distribue la presse en province, alerte sur la situation dramatique de la messagerie historique française.

    Le vendredi 15 mai, le Tribunal de commerce de Paris a en effet déclaré la mise en liquidation judiciaire des deux filiales du groupe, la Sad et la Soprocom, avec le licenciement de 518 salariés sur tout le territoire, entraînant de fait, une non-parution des titres en province.

    Un projet de Scic, société coopérative d'intérêt collectif est porté par les salariés du secteur et leur syndicat, le sglce-CGT. Entretien.


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  • Affaire Legay:

    la police des polices traque les sources de Mediapart

    26 mai 2020 Par Fabrice Arfi

    - Mediapart.fr

     

    La journaliste de Mediapart Pascale Pascariello, qui avait permis de démontrer les mensonges du président de la République dans une affaire de violences policières, a été entendue comme suspecte, mardi 26 mai, par l’IGPN. C’est la quatrième fois en moins de 18 mois que la justice essaye de s’en prendre aux sources de Mediapart à la suite d’enquêtes embarrassantes pour l’exécutif.

     

    Sous la présidence d’Emmanuel Macron, la chasse aux sources des journalistes s’inscrit au fil des mois dans une récurrence de plus en plus inquiétante. La reporter de Mediapart Pascale Pascariello, qui avait permis de démontrer les mensonges du président de la République et du procureur de Nice dans le dossier Geneviève Legay, une retentissante affaire de violences policières, a été entendue comme suspecte, mardi 26 mai, à Paris, par un commissaire général et une capitaine de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN).

     

    L’objectif des investigations, diligentées par le parquet de Nice, est contenu dans le délit visé par la convocation judiciaire envoyée le 19 mai à Mediapart : « recel de violation du secret professionnel ». Comprendre : trouver qui, au sein de l’administration, a livré à la presse des informations embarrassantes pour la justice et le pouvoir.

     

    Les nombreuses enquêtes de Pascale Pascariello avaient en effet mis au jour les contre-vérités d’un magistrat – le procureur Jean-Michel Prêtre – et du chef de l’État lui-même, Emmanuel Macron, dans un dossier qui est vite apparu comme symbolique des violences policières, de leur déni institutionnel et du mensonge politique qui, parfois, l’accompagne.

     

    L’affaire Legay porte le nom d’une militante de 73 ans de l’organisation Attac, qui a été gravement blessée durant une manifestation fin mars 2019, à Nice. Le procureur de la ville, lors d’une conférence de presse, puis Emmanuel Macron quelques jours plus tard, dans les colonnes du quotidien Nice Matin, avaient dédouané la police, qui aurait été, selon eux, totalement étrangère aux blessures infligées à la vieille dame.

     

    Mais les articles de Mediapart ont pu, preuves à l’appui, montrer qu’il n’en était rien et qu’un rapport de police, rédigé le jour des faits, avait même établi le contraire. D’autres articles de Pascale Pascariello avaient également interrogé les conflits d’intérêts qui entouraient l’enquête – la policière chargée des investigations est la compagne d’un policier en cause… – et exhumé les lourds antécédents du procureur Prêtre, qui a finalement été muté à Lyon après avoir essayé d’étouffer l’affaire Legay (toujours au point mort sur le fond).

     

    Toutes ces informations d’intérêt public, et dont aucune n’est contestée sur le fond par quiconque devant un tribunal, ont de toute évidence agacé.

    Accompagnée de l’avocat de Mediapart, Me Emmanuel Tordjman, Pascale Pascariello s’est rendue à sa convocation dans les locaux parisiens de l’IGPN mais a refusé, durant 1 h 30 d’interrogatoire sous le régime de l’audition libre, de répondre aux questions des enquêteurs afin de protéger ses sources.

     

    Dans une déclaration liminaire, elle a néanmoins évoqué une « convocation [qui] pose des problèmes juridiques fondamentaux » et s’apparente à un « contournement du droit de la presse ». « Le but de cette manœuvre est de donner toute latitude à la police pour rechercher l’auteur principal du délit dont nous serions les receleurs, c’est-à-dire nos sources », a expliqué notre journaliste, dénonçant « un climat de pression sur notre profession et d’intimidation vis-à-vis de nos sources ».

     

    Ainsi que la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme (Cedh) ne cesse de le rappeler depuis des décennies, le propre du journalisme consiste parfois, si ce n’est souvent, à obtenir des informations auprès de personnes qui ne sont pas censées lui en donner. Faute de quoi, les journalistes seraient condamnés d’avance à passer leur temps à recopier des communiqués de presse et à s’accommoder en toutes circonstances des versions officielles.

    C’est la raison pour laquelle la Cedh avait défini la protection des sources journalistiques comme « l’une des pierres angulaires de la liberté de la presse » (arrêt Goodwin, 1996), laquelle liberté consiste, selon la même cour, à publier des informations « qui heurtent, choquent ou inquiètent l’État ou une fraction quelconque de la population » (arrêt Handyside, 1976).

     

    L’audition comme suspecte de Pascale Pascariello est d’autant plus inquiétante qu’elle s’inscrit dans une succession de tentatives judiciaires d’entraver le travail de la presse depuis 18 mois.

    Exemples :

    • Février 2019 : deux magistrats du parquet de Paris, accompagnés de policiers de la Brigade criminelle, ont tenté de perquisitionner notre rédaction dans l’affaire Benalla, à la suite de la révélation d’enregistrements compromettants pour l’ancien collaborateur du président de la République.

    • Avril 2019 : des journalistes du collectif Disclose, dont les informations avaient été publiées par Mediapart et d’autres médias, ont été entendus comme suspects par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) pour avoir révélé une note classifiée prouvant les mensonges du gouvernement et de l’Élysée sur l’utilisation d’armes françaises dans la guerre au Yémen, qui a fait des milliers de morts civiles.

    • Mai 2019 : une journaliste du Monde, Ariane Chemin, et le directeur de la publication du quotidien, Louis Dreyfus, sont à leur tour entendus comme suspects par la DGSI en marge de l’affaire Benalla.

    • Octobre 2019 : quatre journalistes de Mediapart, dont son directeur de publication, Edwy Plenel, sont convoqués comme suspects par la police judiciaire pour avoir révélé l’identité et le parcours sinueux d’un proche de Benalla, toujours en fonction à l’Élysée et spécialiste de l’infiltration et de l’effraction.

    Toutes ces atteintes à la liberté d’informer ont un point commun : elles visent des enquêtes journalistiques qui ont mis en cause le pouvoir exécutif.

    Mais ce ne doit être qu’un hasard.

    Prolonger

    Boite Noire

    URL source: https://www.mediapart.fr/journal/france/260520/affaire-legay-la-police-des-polices-traque-les-sources-de-mediapart

     


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  •  

    L’affaire Inès Léraud

     

    Ça  remue bien chez les journalistes

    contre le lobby agro-industriel breton

     

     
    https://www.franceinter.fr/emissions/l-edito-m/l-edito-m-25-mai-2020

     
    L'ÉDITO  Lundi 25 mai 2020 par Sonia Devillers

     

    Des journalistes bretons s'unissent face à l'agro-industrie.

     En Bretagne, de nombreux journalistes ont décidé d’unir leur voix pour dénoncer la difficulté d’informer sur l’agroalimentaire local.

     

    L’affaire Inès Léraud prend de l’ampleur.

    Au départ, une enquête de longue haleine diffusée sur France Culture et France Inter, dénonçant à la fois le scandale des algues vertes et l’omerta sous lequel la Bretagne l’a enfoui.

    Puis, une BD publiée chez Delcourt. Succès, 46 000 exemplaires.

    Seulement voilà, un salon du livre des Côtes d’Armor annule la venue de l’auteur et une maison d’édition locale renonce à la traduction de son livre en breton. 

     


    La coupe est pleine.

    Ces petits baillons, loin d’être insignifiants, s’ajoutent aux plaintes en diffamation, campagnes de dénigrement et autres actes d’intimidation.

    Début mai, paraît dans Libération une tribune portée par des avocats, des militants, des élus, etc… qui appellent à défendre le droit d’informer en Bretagne et le droit d’enquêter sur les pratiques des industriels de l’agroalimentaire. 

     


    La Bretagne,

    première région laitière, productrice de la moitié de la viande française.

    La Bretagne, tenue par des poids lourds comme les groupe Triskalia, Daucy, Doux ou encore Chéritel qui ont le bras long.

    Ils font vivre une partie de la population et leurs dépenses de communication, elles, font vivre les médias locaux.  


    Une nouvelle génération de journalistes interpelle publiquement le président de la région Bretagne.

    Une lettre ouverte va lui être adresser aujourd’hui.

    Initiatives de jeunes consoeurs et confrères exerçant dans la région, directement victimes de pression ou régulièrement témoins d’entraves. Pour la première fois, ils se mettent en réseaux, les langues se délient.

     

    Un texte est rédigé demandant à ce qu’aucune subvention ne soit retirée auprès publication de cette lettre ouverte.

     

    Ils connaissent trop bien la mécanique des représailles.

    Ils veulent que les élus et les administrations cessent de se barricader lorsqu’un journaliste les interroge sur ces sujets.

    Ils veulent qu’un « Observatoire régional des libertés de la presse » soit créé, au même titre que les ministères de l'Intérieur et de l'Agriculture ont adoubé des observatoires de « l'agribashing ».

    Les journalistes, eux aussi, voudraient se sentir soutenus, en finir avec « le mur du silence » et l’auto-censure.  


    Ce week-end, les signatures ont spontanément afflué au bas de cette lettre.

    L’un des jeunes instigateurs me confiait hier ne pas avoir « osé solliciter certains de ses aînés, des plumes bien connues en Bretagne, des journalistes qui ont été en première ligne, qui en ont pris plein les dents et qui n’aspiraient qu’à une chose, qu’on leur foute la paix ».

    Vous savez quoi ?

    Leurs noms sont sur la liste.

     

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    Lettre à la présidence de la région Bretagne: pour le respect de la liberté d'informer sur l'agroalimentaire!

     
    25 MAI 2020

    PAR LES INVITÉS DE MEDIAPART BLOG :

    LE BLOG DE LES INVITÉS DE MEDIAPART

     

    En Bretagne, première région laitière de France, des journalistes qui enquêtent sur l'agro-alimentaire sont poursuivis, censurés, subissent des pressions.

    Le collectif Kelaouiñ, soutenu par plus de 250 professionnel·les de la presse, exhorte à « garantir une information et une parole publique libre sur les enjeux de l'agroalimentaire en Bretagne » et à « mettre fin à la loi du silence ».


    À

    Loïg Chesnais-Girard, Président

    Jean-Michel Le Boulanger, vice-président, chargé de la culture et de la démocratie régionale

    Olivier Allain, vice-président, chargé de l'agriculture et de l'agroalimentaire

    Lena Louarn, vice-présidente, chargée des langues de Bretagne

     


    C'est la première région laitière de France.

    Près de la moitié de la viande y est produite.

    La Bretagne est au cœur du système agricole national, au cœur de tous les enjeux d'ampleur qui y sont liés : santé, environnement, social...

    Et pourtant, il est très difficile d'informer correctement sur un secteur omniprésent dans notre région : l'agroalimentaire.

     


    Des journalistes sont poursuivi·es en diffamation ou mis·es au placard pour leurs enquêtes, tandis que d'autres, précaires, peinent à retrouver des emplois.

    Des articles sont censurés, des sujets pas abordés de peur de fâcher les annonceurs, et des subventions municipales sont coupées, comme ce fut le cas pour une radio en pleine émission sur l'élevage intensif.

     


    Le cas d'Inès Léraud est l'exemple de trop.

    Journaliste et co-auteure de la bande dessinée Algues vertes, l'histoire interdite, elle subit des pressions, dénoncées par un comité de soutien qui s'est monté pour défendre son travail.

    Le salon du livre de Quintin l'invite ?

    Sa venue est annulée après l'intervention d'un élu local, également salarié de la chambre d'agriculture des Côtes-d'Armor, comme le révèle Le Canard enchaîné en mars 2020.

    Une édition en breton de sa BD est à l'étude ?

    L'éditeur Skol Vreizh y renonce, en partie « du fait de l'influence au sein du conseil régional de personnes en charge de l'agriculture », selon son président cité par France 3, le 20 mai 2020.


    Il est inacceptable qu'une maison d'édition en arrive à s'auto-censurer de peur d'être sanctionnée financièrement par la collectivité.

    Que doit-on y voir ?

    Que des intérêts privés liés à l'agro-industrie pourraient influencer les attributions de budgets et les décisions des représentant·es de la région ?

     

    Il aura fallu la publication d’une tribune, le 8 mai, dans Libération pour qu’une partie du monde culturel breton s'indigne.

    Une réaction à la suite de laquelle vous, MM. Chesnais-Girard et Le Boulanger, avez décidé d’apporter publiquement votre soutien à la journaliste Inès Léraud.

    Mais les interrogations persistent quant à la liberté réelle d'informer sur ce sujet. 

     


    Les citoyen·nes et administré·es ont besoin d'enquêtes journalistiques qui lèvent le voile.

    La région Bretagne, collectivité que vous présidez, ne peut laisser place au doute quant à son attachement à la liberté d'informer et d'être informé·es correctement.

    D'autant plus que le succès de l'ouvrage Algues vertes, l'histoire interdite, écoulé à 46.000 exemplaires, témoigne de l'intérêt croissant des citoyen·s sur les enjeux et pratiques de l'agroalimentaire.

     


    C'est pourquoi, par la présente, nous, journalistes et professionnel·les de la presse, vous demandons de :   

     
    Contribuer à garantir une information et une parole publique libre sur les enjeux de l'agroalimentaire en Bretagne, et veiller à ce qu'aucune subvention de média associatif ne soit supprimée, au motif que des journalistes auraient signé cette lettre.

    Nous y veillerons aussi.

    Certifier que nous, journalistes, pouvons interroger en toute transparence et indépendance des élu·es et membres des services régionaux sur ces sujets chaque fois que cela est nécessaire

    Assurer qu'aucune maison d'édition ne verra ses subventions coupées, maintenant ou dans les prochaines années, pour avoir édité la BD d'Inès Léraud et Pierre Van Hove, « Algues vertes, l'histoire interdite », en breton et en gallo.

    Intervenir plus largement pour le soutien et la restauration de lieux de formations universitaires à l'information en région.

    Et, puisque les ministères de l'Intérieur et de l'Agriculture ont impulsé la création des observatoires départementaux de « l'agribashing », nous vous demandons expressément de contribuer à la création d'un observatoire régional des libertés de la presse.

    Cet outil indépendant aura pour but de réunir les conditions d'une information transparente et intelligible par tous les Breton·nes.

    Il devra permettre l'écoute et la protection de journalistes qui viendraient à être inquiété·es pour leurs travaux, et soutenir les enquêtes en cours et à venir. 

     


    La lettre que vous avez sous les yeux est l’expression spontanée et déterminée de journalistes qui s'organisent pour faire la lumière sur toutes les zones d'ombre qui entourent l'agro-industrie bretonne, et contourner les murs qui barrent l’information des citoyen·nes.

     

    Cette initiative a reçu le soutien enthousiaste de confrères et consœurs, de Bretagne et d'ailleurs, qui y ont apposé leur signature.

    D'autres n'ont pu le faire, craignant pour leur emploi.

    Une autocensure qui témoigne d'une loi du silence que nous ne pouvons plus tolérer.


    Dans l'attente de votre réponse, veuillez recevoir nos salutations les plus distinguées,


    Des journalistes et professionnel·les de la presse.


    Signataires :


    Syndicat National des Journalistes (SNJ) ; Syndicat national des journalistes CGT / SNJ-CGT ; Mediapart ; Disclose ; Collectif Informer n’est pas un délit ; Fédération européenne des journalistes (FEJ) ; Collectif de journalistes We Report ; La Meute Photographie ; Club de la Presse de Bretagne ; Club de la presse de Bordeaux ; Profession : Pigiste ; Reporters en colère ;

    Benoît COLLOMBAT ; Cellule investigation de Radio France ; Alain GOUTAL, dessinateur de presse et auteur BD, membre de Cartooning for Peace et France Cartoons ; Daniel MERMET ; Ricardo GUTIÉRREZ, Secrétaire Général de la Fédération Européenne des Journalistes (FEJ) ; Fabrice NICOLINO, Charlie ; Emmanuel POUPARD, Premier secrétaire général du SNJ ; Hervé CHAMBONNIÈRE, Le Télégramme ; Elodie GUÉGUEN, journaliste à Radio France ; Judith CHETRIT, journaliste ; Erwan BLANCHARD, Radio Breizh ; Fabrice LEROY, France 3 Bretagne ; Adila BENNEDJAÏ-ZOU, France Culture ; Thierry LE CORRE, Le Télégramme ; Bastien CHEVAL, Ouest-France ; Maxime FERRER, Le Monde ; Florence MORICE, Rfi ; Thierry CHARPENTIER, Le Télégramme ;Gaëlle COLIN, Ouest-France ;Geoffrey LE GUILCHER, journaliste indépendant ; Jean-Luc PADELLEC Le Télégramme ; Marc-André MOUCHÈRE, France 3 Bretagne ; Soizic ROBET, journaliste pour Ouest-France ; Simon AUFFRET, Le Monde ; Gael BRIAND, rédacteur en chef du magazine Le Peuple breton ; Hélène DUVIGNEAU, journaliste AFP ; Daniel ROUQUIÉ, agence Reuter ;Loïc GUELLEC,France Bleu ;Giv ANQUETIL, France Inter ; Ivan DU ROY, Bastamag ; Richard BONNET, Arte ; Marc GIRAUD, RTL ; Laurence GUILMO, Ouest-France ; Kristen FALC'HON, documentariste ; Dimitri L'HOURS, Le Télégramme, élu suppléant SNJ ; Raphaëlle VIVENT, indépendante ; Alexandros KOTTIS, AFP ; Céline REICHEL, pigiste SR ; Sandrine BOUCHER, Femmes ici et ailleurs ; Marie HAYNES ; Pierre CHAPIN, Le Télégramme ; Sylvain LEPAROUX, illustrateur ; Tudi CREQUER, délégué SNJ-CGT ; Lena BJURSTRÖM, Collectif Focus ; Charlotte PERRY, France Inter ; Antoine BORZEIX, indépendant ; Guy LALUC, Argos ; Mathilde GOANEC, Mediapart ; Karine CEVAER, France 3 ; Virginie WOJTKOWSKI, indépendante ; Jean-Luc BERGOT, Radio France, SNJ, CGT ; Mireille PENA, magazine Estuaire ; Sarah BOS, Acteurs Publics ; Anne-Sophie NOVEL, indépendante, membre des JNE et de Disclose ; Lou MILLOUR, Radio Kerne ; Tom CARIOU ; Myriam ADAM, indépendante ; Mathilde DAMGÉ, Le Monde ; Laïla AGORRAM, France 3 ; Cerise SUDRY-LE DÛ, journaliste, membre du collectif "les journalopes" ; Louis NINNOG, étudiante et indépendante ; Marie-Paule NOUGARET, indépendant et JNE ; Jane HERVÉ ; Agnès SINAI, Actu-Environnement, Le Monde diplomatique ; Simon GOUIN, Basta!; Corinne CHAUVIGNÉ, indépendante ; Laurence LERAY, indépendante ; Thibaut SOULCIÉ, pigiste ; François BOURGEON, auteur (scénariste dessinateur) ; Jean-Michel SICOT, photographe ; Mathieu BAIJARD ; Violette VAULOUP, IUT de Lannion ; Laëtitia GAUDIN-LE PUIL, indépendante ; Lannig STERVINOU ; Véronique REBEYROTTE, France Culture ; Caroline TROUILLET ; Laure NOUALHAT ; Nicolas BÉRARD, L'âge de faire ; Jérôme GICQUEL, 20 Minutes Rennes ;Armelle PARION, indépendante ;Sophie CHAPELLE, Basta!; Gilles FUMEY, Liberation.fr (blog Géographies en mouvement) ; Bruno SALAÜN, Le Télégramme ; Pierre PUCHOT ; Lena GUILLAUME, journaliste ; Garance DIACONU, journaliste indépendante ; Colyne EMERIAU, IUT journalisme Lannion ; Aurore BAYOUD, France 24 ; Guillaume DE MORANT, collectif Extra-muros ; Auriane DUROCH-BARRIER ; Franck BOURGERON ; Léo ROUSSEL, Ouest-France ; Aurélie CRÉTÉ, journaliste pigiste Rennes ; Léo TIXADOR, indépendant ; Nicolas JAILLARD, journaliste, réalisateur et photographe ; Lily JAILLARD, étudiante en journalisme ; Benjamin CUQ, indépendant ; Tifenn LORCY, journaliste ; Morgane BRAMOULLÉ, Radio Kerne ; Marion FLOCH, journaliste ; Emma DEUNF, indépendante ; Robert CRÉMIEUX, Revue Partage, SNJ ; Sandra FRANRENET, pigiste indépendante ; Vincent FEURAY, Abaca press ; Bruno VAN WASSENHOVE ; Mathilde GOLLA ; Romane SALAHUN, Radio Parleur ; Pauline KERSCAVEN, magazine d'Eau et Rivières de Bretagne ; Martin BODRERO, co-fondateur de Radio Parleur ; Ronan LARVOR, journaliste ; Anna QUÉRÉ, journaliste pigiste ; Carole COLLINET-APPÉRÉ, France 3 Bretagne ; Emmanuel LEPAGE, auteur de bande dessinée ; Julien BOITEL, Le Télégramme ; Jérémy FICHAUX, étudiant en journalisme ; Julien VAILLANT, Le Télégramme ; Koupaïa RAULT, étudiante en journalisme ; Éloïse BAJOU, journaliste indépendante ; Raphaël BALDOS, La Croix, AFP ; Noëlle COUSINIE ; Tugdual KARLUER, kazetenner ; Valentin DAVODEAU, pigiste ; Mélina RIVIÈRE, journaliste ; Jérôme BÉQUET, journaliste indépendant ; Mathieu HERRY, journaliste à France 3 Iroise ; Franck RENOIR, indépendant ; Catherine BAZILLE, France 3 Bretagne ; Hélène FERRARINI, indépendante ; Vincent NAËL, journaliste ; Laury-Anne CHOLEZ, journaliste indépendante ; Antoine LE GOFF ; Jean-Loïc LE QUELLEC ; Malika BARBOT, journaliste Radio Parleur et Hans Lucas ; Jean-Noël POTIN, Le Télégramme ; Jérémy PAOLONI, étudiant en journalisme et photographe ; Nicolas MAYART, journaliste ; Thibaud VAERMAN, Hans Lucas ; Salammbô MARIE, journaliste pigiste ; Lola LOUBET, Hans Lucas ; Quentin SAISON, APJ, Hans Lucas, SNJ-CGT ; David THOMAS, pigiste Le Télégramme, AFP, L'Équipe, SNJ ; Agathe MELLON, Revue Projet ; Gwenaëlle BRON, France 3 ; Olivier SCAGLIA, Le Télégramme ; Nicolas TURCEV, journaliste à Livres Hebdo ; Sylvain ERNAULT, journaliste ; Rémi AMALVY, L'Usine Nouvelle ; Stéphane JÉZÉQUEL, Le Télégramme ; Louis FLOC'H, étudiant en journalisme ; Philippe CLANCHÉ, pigiste, membre du collectif Extra-Muros ; Isabelle RETTIG, France3 Bretagne ; Yonathan VAN DER VOORT, journaliste indépendant ; Anaëlle VERZAUX, France Inter et là-bas.org ; Louise RAULAIS ; Bleuenn LE BORGNE, France 3 Iroise ; Claire LOUET ; Florence MALÉSIEUX, France 3 Bretagne, Sud Medias télévision ; Morgan LARGE, Radio Kreiz Breizh ; Catherine AUBAILE, France 3 ; Laurence DIERICKX, freelance ;Riwan MARHIC, AFP ; Chloé TEMPÉREAU, France 3, Sud Médias Télévision ; Maël BAUDÉ, étudiant en journalisme à Lannion ; Eugenio MAILLER, Alimentation Générale ; Faustine STERNBERG, journaliste au Poher ; Muriel LE MORVAN, journaliste à France 3 Bretagne ; Pablo AIQUEL, journaliste indépendant, SNJ-CGT ; Pierre-Yves BULTEAU, Mediapart, Le Monde, auteur de documentaires sonores ; Oussama SBAÏ, indépendant ; Yuna COJEAN, journaliste indépendante ; Inès LÉRAUD, journaliste indépendante, Disclose ; Manon DENIAU, journaliste pigiste ; Gwenvaël DELANOË, journaliste indépendant ; Pascale BREVET, Alimentation Générale ; Juliette CABAÇO ROGER, journaliste pigiste ; Youna RIVALLAIN ; Alizée GUILHEM, indépendante ; Carine FOUTEAU, journaliste à Mediapart ; Mathilde SIRE, Ouest-France ; Bertrand GOBI, journaliste indépendant ; Lionel LÉVY, journaliste indépendant ; Yves BOITEAU, Le Courrier de l'Ouest ; Paul BOHEC, Le Télégramme ; Quentin-Mathéo PIHOUR, étudiant en journalisme ; Fabrice HODECENT, journaliste indépendant ; Sébastien ROCHARD, indépendant, éducation aux médias Report'Cité ;Julie LALLOUËT-GEFFROY, journaliste ;Marie-Charlotte LAUDIER, journaliste indépendante ; Guillaume CORDEAUX, indépendant ; Isabelle BORDES, Ouest-France, CFDT-journalistes ;Jean-François CULLAFROZ-DALLA RIVA, journaliste honoraire ; Christian JACQUIAU, journaliste indépendant, auteur ; Gérard ALLE ; Lise PRESSAC, journaliste ;Pierre-Henri ALLAIN ; Hervé HILLARD, Ouest-France ; Romain LEDROIT, journaliste indépendant ; Loïc FAUJOUR, Siné mensuel ; Amanda JACQUEL, indépendante ; Solenne DUROX, Le Parisien/Aujourd'hui en France ; Elodie DARDENNE, Ouest-France ; Mathilde GARDIN ; Tunvezh GWLAGEN-GRANDJEAN, Radio Kerne ; Jean-Marie LEFORESTIER, Marsactu ; Vanessa DESCOURAUX, France Inter ; Sandrine CHESNEL, journaliste indépendante ; Aurélie DELMAS, Libération ; Béatrice TURPIN, indépendante ; Olivier MINOT, Reporter Radio ; Coralie SCHAUB, Libération ; Enora MOLAC, Radio Bro Gwened ; Guillaume HUBERT, Le Télégramme, Radio Parleur ; Charlotte DEROUIN, journaliste indépendante ; Yann LE NY, journaliste pigiste ; Guillaume PERROT, pigiste AFP ; Quentin HERNANDEZ, L'Acentrale ; Christel LECA, journaliste indépendante ; Neven LE PENNEC, RBG ; Bernard MAILLARD ; Joëlle GARRUS, journaliste, élue CFDT ; Aude MASSIOT, Libération ; Aurélie CONSTANT, SNJ-CGT ; Vivien CHAREYRE, France Télevisions ; Fanny HARDY, indépendante ; Katia VILARASAU, indépendante ; Claire BAUDIFFIER, pigiste ; Jacob KHRIST, HansLucas ; Marine LEDUC, pigiste ; Jean-Hervé GUILCHER, France 3 Bretagne ; Soraya MORVAN-SMITH, France 24 ; Xavier DEBONTRIDE, BàM!; Mélanie MAROIS ; Silvain GIRE, Arte Radio ; Irena DESCUBES ; Charlotte HERVOT, journaliste pigiste ; Mathilde BIENVENU, journaliste indépendante ; Julie SICOT, Tébéo Tv ; Cécile THIBERT, Le Figaro ; Margaux LACROUX, Libération ; Régis DELANOË, journaliste indépendant ; Sophie HÉRIAUD, journaliste indépendante ; Pauline FERCOT, Tebeo TV ; David PROCHASSON, indépendant ; Julien MARCHAND, Bikini magazine...
    Pour suivre le nombre de journalistes signataires cliquez ici, puis sur l'onglet « résultats publics ».


    Contacts presse : Faustine Sternberg  / Morgan Large kelaouin@protonmail.com


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  • "L'information ne doit pas être exacte, elle doit être énorme."
    Émilien Amaury (1909-1977)

    Fondateur du Parisien Libéré

    "L'information ne doit pas être exacte,

    elle doit être énorme."

    En fait :

    "plus le mensonge est gros

    plus il en restera quelque chose

    quelque part dans la part de cerveau disponible..."

     

    Si même « un patron de presse » ne vérifie pas ses infos,

    et les publie dans son journal...

    comment demander  à un simple quidam

    de ne pas croire aux fausses infos, aux rumeurs...

     

    "L'information ne doit pas être exacte,

    elle doit être énorme."

    Émilien Amaury (1909-1977)

    Fondateur du Parisien Libéré

     

    Coronavirus : un faux mail annonce le départ du professeur Didier Raoult pour une université chinoise

    Le patron de presse Robert Lafont a reçu un mail attribué au médecin, mais il s'agit, selon nos informations, d'une usurpation d'identité.

    France Info >>>>>


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  • "L'Etat n’est pas l’arbitre de l’information" :

    plus de 30 sociétés de journalistes signent une tribune

    contre la rubrique "Désinfox coronavirus" du gouvernement

    Cette rubrique lancée par les autorités est alimentée par des articles de presse. Les rédactions, qui n'ont pas été concertées, dénoncent "un mélange des genres".

    France Info >>>>>


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  • [SNJ - SNJ-CGT]

    Liberté de la presse : une conquête permanente

     

    Le SNJ et le SNJ-CGT rappellent que l'information ne doit jamais être confinée, que l'information est un bien public, à l'occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, ce dimanche 3 mai 2020.

     

     

    Dans la rubrique « Désinfox Coronavirus » qui vient d'être créée, le site web du gouvernement français publie une liste de liens vers « des articles de médias français luttant, dans le cadre de la crise sanitaire, contre la désinformation ». La qualité des articles ainsi mis en avant - émanant pour le moment de cinq rédactions seulement : Libération, 20 Minutes, FranceInfo, l'AFP et Le Monde - n'est pas en cause. Mais de quel droit le gouvernement se permet de décider ce qui relève de la « bonne » et de la « mauvaise » information ?

     

    Et quid des articles sur la gestion de la pandémie, publiés par ces même médias ou par d'autres, pointant l'impréparation de l'Etat, le triste état de l'hôpital public, l'improvisation totale pour la réouverture des écoles, etc. ? Auront-ils l'honneur d'être cités dans « Désinfox Coronavirus » ?

     

    Alertes sur la Plateforme du Conseil de l'Europe

    Jamais les journalistes n’ont eu autant de mal à exercer leurs missions dans le monde. Le Conseil de l’Europe vient de publier le bilan annuel 2020 de sa « Plateforme pour renforcer la protection du journalisme et la sécurité des journalistes ». En 2019, dans 87 alertes sur 142 (61%), la menace émane de l’Etat et seulement 9 cas sont considérés « résolus ».

     

    L’Etat français est très fortement montré du doigt dans le chapitre intitulé « France : violence à l’encontre de journalistes couvrant les manifestations ». Sept des 13 alertes publiées en 2019 concernant la France relevaient des violences ou des mesures de police agressives contre des journalistes couvrant les manifestations. La France fait partie des pays qui ont fait l’objet du plus grand nombre d’alertes publiées sur la Plateforme en 2019. Elle se classe également deuxième après l’Italie parmi les États membres de l’UE au regard du nombre d’alertes actives enregistrées sur la Plateforme. »

     

    Le rapport mentionne que près de 200 journalistes ont été, d’une façon ou d’une autre, empêchés de travailler.

     

    Le Syndicat national des journalistes (SNJ) et le Syndicat national des journalistes CGT (SNJ-CGT) soulignent que ces journalistes ont été délibérément visés, blessés, parfois gravement, injuriés, leurs outils de travail ont été saisis et détruits et leurs matériels de protection confisqués. Des plaintes ont été déposées contre les forces de l’ordre mais en ce 2 mai 2020, aucune nouvelle de ces plaintes, aucune réponse aux demandes de rendez-vous avec les autorités responsables !

     

    La FIJ et le contexte mondial de Coronavirus

    Le contexte mondial de pandémie, avec ses mesures de restrictions, ne favorise pas la production d'une information de qualité, et risque de laisser le champ libre à toutes les fausses nouvelles, propagandes et rumeurs malveillantes.

     

    « Le Covid-19 infecte la liberté de la presse dans le monde. » C’est le titre de l’enquête réalisée par la Fédération Internationale des journalistes (FIJ, première organisation de représentation des journalistes dans le monde avec 600 000 adhérents dans 146 pays) dans les derniers jours d’avril. Elle a permis d’établir les difficultés rencontrées par la profession ; 1 308 journalistes de 77 pays ont contribué à ce travail.

      Presque tous les journalistes indépendants ont perdu des revenus ou des opportunités de travail.

    Plus de la moitié des journalistes souffrent de stress et d'anxiété.

    Plus d'un quart d'entre eux ne bénéficient pas des équipements essentiels pour travailler en toute sécurité depuis leur domicile, tandis qu'un sur quatre n'a pas d'équipement de protection pour travailler sur le terrain.

    Des dizaines de journalistes ont été arrêtés, poursuivis en justice ou agressés.

    Plus d'un tiers des journalistes ont changé de sujets pour se consacrer à la couverture des événements liés à Covid-19.

     

    FIJ : « Plateforme mondiale pour un journalisme de qualité »

    Parallèlement, une « Plateforme mondiale pour un journalisme de qualité » a été élaborée avec les délégués des 5 continents et publiée le 29 avril. La FIJ constate que les médias et journalistes sont en danger et propose « un plan de relance mondial audacieux et immédiat pour sauver les médias les plus touchés et les journalistes les plus précaires ; elle appelle tous les gouvernements nationaux à s’engager pour un journalisme de qualité en ces temps de désinformation grâce à des mesures politiques et économiques fortes qui assureront la survie des médias et des journalistes professionnels ».

    Taxation des GAFAM et gestion de ces fonds de façon paritaire par les syndicats de journalistes et les organisations d’employeurs

    Fort soutien aux médias de service public.

    Fiscalité allégée en fonction de l’observance de critères sociaux et de transparence.

    Réforme des règles de propriété des médias afin de garantir le pluralisme.

    Soutien aux journalistes précaires.

    Protection renforcée des lanceurs d’alerte.

    Éducation nationale aux médias pour combattre désinformation et fausses nouvelles.

     

    Voici les points principaux de ce véritable travail de reconquête ! Le SNJ et le SNJ-CGT s’engagent à les populariser et les faire aboutir.

     

    L'information ne doit jamais être confinée.

    L'information doit rester un bien public.

     

    Paris, le 02 Mai 2020


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  • Liberté de la Presse 2020

    Classement mondial

    https://rsf.org/fr/classement >>>>>


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  • Médias et pandémie:

    Oser poser les bonnes questions

    SNJ CGT >>>>>


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  • L'Humanité

    116 ans : plus utile que jamais !

    Par Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité

    Patrick Le Hyaric

    L ’Humanité souffle, ce 18 avril, ses 116 bougies. Ce journal plus que centenaire se mue en une plateforme de presse alternative qui continue de vous offrir chaque jour, chaque semaine, des informations nécessaires pour aider à penser les événements et agir pour transformer le monde. Elle le fait dans des conditions éprouvantes pour toutes ses équipes, fortement mobilisées malgré le confinement.

     

    Dans cette période si spéciale, avec une crise sanitaire qui se double d’une crise de sens et alors que s’engage une féroce lutte sur « le futur », notre rôle prend une dimension nouvelle. C’est par la conjugaison d’un travail journalistique exigeant et le souci permanent de la réflexion que nous voulons faire œuvre utile. Avec pour boussole l’émancipation humaine, indissociable de la libération du travail, de la promotion de l’écologie et de la paix, de la défense des libertés démocratiques et républicaines.

    Les dangers qu’encourt la civilisation humaine sont apparus ces derniers temps avec un éclat blafard. Environnement, capacités humaines, accumulations des armes, solidarités, tout passe au broyeur du mode de développement capitaliste. Même la mort se déploie aujourd’hui dans des conditions qu’on aurait hier crues inimaginables, sans dernière visite, sans au-revoir, sans communion. Le contraire de ce qui différencie l’homme de l’animal. Et l’utilité sociale des humbles reste, malgré la promesse révolutionnaire, inversement proportionnelle à leur distinction. Que vaut aujourd’hui un actionnaire, non pas l’homme mais la fonction, au regard d’une aide-soignante, d’un enseignant, d’un paysan, d’un éboueur ? Ce monde malade marche sur la tête. Nous travaillerons à le remettre sur pied et sur ses pieds.

    Mener le procès des ravages en cours, dresser l’acte d’accusation des révoltantes impérities des pouvoirs politique et économique sont bien sûr nécessaires. Mais bien insuffisants au regard de l’immensité de la tâche qui incombe aux générations actuelles et futures : celle d’offrir un destin à cette humanité si vulnérable, somme toute récente, et engagée dans une effrayante course à l’abîme vers les ravins du calcul égoïste, de la guerre, de l’imaginaire desséché, et qui, détruisant son environnement, concourt à la libération de nouveaux virus et se condamne elle-même à plus ou moins brève échéance, si ce n’est au prix d’une inhumaine humanité. Cette affaire est celle de la jeunesse, des créateurs, des travailleurs, de cette immensité asservie et dissimulée sous le trône de l’argent.

    C’est à cette ambition élevée mais sincère que nos journaux s’attachent à répondre. Ils y répondent en mobilisant des moyens sans commune mesure avec ceux dont disposent nos confrères adossés à des groupes financiers ou industriels. Le contexte n’est certes pas favorable à la presse indépendante et les bouleversements numériques menés par des cartels ogresques placent nos journaux dans une situation délicate. Relever comme nous le souhaiterions ce défi réclame des investissements en matériels et compétences que notre incessible indépendance nous empêche pour l’heure de réaliser. Et cette période de confinement aura sûrement hâté la modification latente des modes de lecture. Nous y répondons avec notre plateforme numérique, malgré toutes les embûches et sans illusion aucune sur un introuvable modèle économique du numérique pour la presse indépendante imprimée.

    L’atout, la force de l’Humanité réside dans la communauté de celles et ceux qui y travaillent, de ses lectrices et lecteurs, de ses amis, de celles et ceux qui y collaborent, de tous ceux qui souhaitent s’engager pour faire grandir une civilisation supérieure. C’est à elles et à eux que nous nous adressons une fois encore pour que vive l’Humanité, et avec elle les combats qui nous sont si chers. Car, c’est bien à « la réalisation de l’humanité », comme le proclamait Jean Jaurès, à ce que nous nommons une « visée communiste » que nous travaillons ardemment et passionnément.

    À vrai dire, nous n’avons pas vraiment le choix. Le désastre guette et nous oblige. C’est en ce sens que nous ouvrirons dans les jours à venir nos pages aux penseurs comme aux syndicalistes, aux responsables d’association comme aux écrivains, aux travailleurs de l’ombre comme aux créateurs ou à des élus pour qu’ils et elles exposent leur vision d’un autre avenir. Ces contributions éclaireront, enrichiront, nourriront les débats, les réflexions, les actions pour défricher les chemins de nouveaux futurs. Nous ne souhaitons pas nous borner à « l’après-coronavirus », comme nous y commande le pouvoir, mais penser les voies et le projet pour « remettre le monde à l’endroit » en aidant à faire fleurir les germes d’émancipation qui sillonnent malgré tout notre si précieuse humanité.

    L'Humanité 17 avril 2020 >>>>>


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