• Robert Ménard n’a plus aucune relation

    avec Reporters Sans Frontières (RSF)

    depuis le mois de septembre 2008

     

    Par Abdou Semmar 1er mai 2020

     

    Vendredi Premier Mai 2020, Abdelmadjid Tebboune a dit de nombreux mensonges totalement infondés contre l'Organisation Non Gouvernementale (ONG) RSF. Lors de son interview diffusée par l'Etablissement National de Télé Vision (ENTV), le président de la république algérien a fait savoir que le président de RSF, une influente ONG dans le monde qui n’a jamais cessé de dénoncer les atteintes du régime algérien à la liberté d’expression, est dirigée par un fils de colon dont les parents ont massacré des algériens avant l’indépendance dans la Mitidja. Abdelmadjid Tebboune faisait référence à Robert Ménard qui est devenu maire de Béziers au sud de la France depuis 2014.

    Abdelmadjid Tebboune a de nombreuses informations totalement fausses dans ses déclarations. D’abord, Robert Ménard n’a plus aucune relation directe ou indirecte avec RSF depuis le mois de septembre 2008, c’est-à-dire depuis douze ans. En effet, Robert Ménard a quitté RSF au mois de septembre 2008. Il n’occupe plus aucune fonction au sein de RSF depuis cette date.

    Plusieurs membres historiques de RSF ont pris depuis longtemps leur distance avec Robert Ménard. Preuve en est, co-fondateurs de RSF en 1985 avec Robert Ménard, Rony Brauman et Jean-Claude Guillebaud ont quitté l’organisation au milieu des années 1990, pointant, pour l’un, l’autoritarisme de Robert Ménard et, pour l’autre, son absence de critique des médias français, comme l’observe en 2008 un blog hébergé sur Mediapart.

    Robert Ménard ne s’est pas distingué uniquement par ses polémiques anti-immigration et islamophobes. Il avait aussi adopté des positions anti-système en France comme en 2004 lorsqu’il était venu défendre à la barre du tribunal Dieudonné, accusé de diffamation publique à caractère racial pour son sketch polémique du mois de décembre 2003, réalisé dans l’émission « On Ne Peut pas Plaire à tout le monde » (ONPP) de Marc-Olivier Fogiel. En treillis, chapeau de juif orthodoxe, cagoule et papillotes, Dieudonné avait appelé les jeunes des cités « à rejoindre l’axe américano-sioniste qui vous offrira beaucoup de débouchés » et il avait lancé, bras tendu, « Israheil ».

    Malgré les démêlés de Dieudonné avec la justice, Robert Ménard continue à inviter Dieudonné dans son émission sur Sud Radio, notamment au mois d'avril 2012. A plusieurs reprises, il convie également Alain Soral, essayiste proche de l’extrême droite et ancienne plume de Jean-Marie Le Pen. En 2007, il lui ouvre même les colonnes de sa revue Médias, qu’il a fondée en 2004, alors qu’il était encore secrétaire général de RSF.

    En 2012, Robert Ménard lance le site internet Boulevard Voltaire et, en 2014, il entame sa carrière politique lors des élections municipales. A l’issue des élections municipales de 2014, il est élu maire de Béziers avec le soutien du Front National et de l’extrême droite française. Et contrairement à ce qui a été affirmé malencontreusement par Abdelmadjid Tebboune, Robert Ménard n’est pas un colon originaire de la Mitidja. Il est né au mois de juillet 1953 à Oran. Son père et son oncle ont milité effectivement dans les rangs de l’Organisation Armée Secrète (OAS), organisation terroriste fondée pour empêcher l'indépendance de l’Algérie. Mais ils ne sont pas de la Mitidja et ils vivaient à Oran.

    L’actuel président de RSF s’appelle Christophe Deloire. C’est un journaliste, auteur et éditeur français. Il était le directeur du Centre de Formation des Journalistes (CFJ) du mois de mai 2008 au mois de juillet 2012.De 2006 à 2009, Christophe Deloire était directeur de collection au département de littérature générale des éditions Flammarion. Sur Twitter, Christophe Deloire a répondu sèchement aux accusations d'Abdelmadjid Tebboune en affirmant que les attaques du président algérien contre RSF sont incompréhensibles. « Sa montre semble s’être arrêtée il y a soixante ans et il est très mal renseigné. Peut-on parler du monde d’aujourd’hui sur la base de faits actuels et pas d’allégations anachroniques », s’est interrogé en dernier lieu le premier responsable de RSF dans son tweet.

     

    https://algeriepart.com/2020/05/02/fake-news-robert-menard-na-plus-aucune-relation-avec-rsf-depuis-septembre-2008/

    http://www.fischer02003.over-blog.com/2020/10/deloire-contre-menard.html

     


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  • La télévision manque toujours de diversité,

    selon le CSA,

    qui réclame "des efforts significatifs"

    Dans son baromètre annuel, le Conseil supérieur de l'audiovisuel déplore une sous-représentation persistante des femmes, des handicapés, des banlieusards, des inactifs, des plus jeunes et des plus âgés.

    France Info >>>>>


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  • Y'a l'Feu...
     
    Elsa Gambin
     
    Merci au @SNJ_national @Snj_PaysdeLoire de son soutien suite à notre éviction, à Marion Lopez et moi-même, du carré presse,
    lors de la venue des ministres Castex, Darmanin et Bachelot 
    samedi 18 juillet à Nantes suite à l'incendie de la cathédrale.
     
     

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  • Effet loupe garanti...
     
    Délégué Lata
     
    Le nombre de reporters entourant 5 CRS et quelques casseurs est impressionnant. Ils ne recherchent que l’image choc, l’angle de vue qui fera le buzz. L’effet de loupe est garanti, c’est ridicule.
     

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  • Lundi, 20 Juillet, 2020

    La Fête de l’Humanité aura lieu autrement

    Les risques sanitaires, financiers et judiciaires nous obligent à renoncer à tenir une Fête, même réduite, au parc de La Courneuve.

    Nous allons travailler à un événement d’une autre nature pour ce même week-end des 11, 12 et 13 septembre. 

     


    Par Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité.

     

    Depuis des semaines, nous travaillons en lien étroit avec les services de l’État et les autorités sanitaires pour chercher les conditions d’une tenue de la Fête de l’Humanité 2020.

    La poursuite de l’épidémie et le moment avancé de l’été nous contraignent, la mort dans l’âme, de constater l’impossibilité d’organiser la Fête au parc Georges-Valbon de La Courneuve.

    Depuis la moitié du mois de juin, nous avons répondu aux demandes des autorités étatiques et sanitaires pour l’organisation d’une Fête réduite en surface et en nombre de participants, avec un protocole sanitaire très strict.

    Mais l’interdiction de tenir des concerts, le port du masque obligatoire, les signes de reprise de l’épidémie créent beaucoup d’incertitudes sur la valeur, en septembre, d’une autorisation donnée aujourd’hui, d’autant que la Fête se situe au cœur d’une zone urbaine dense.

     

    Des initiatives culturelles, de grands débats, des actes de solidarité internationale

     

    Même notre demande de tenir un rassemblement de 20 000 personnes se heurte à l’actuelle norme des 5 000 participants dans un même espace.

    Avec les risques sanitaires bien réels, nous devons aussi prendre en compte notre situation financière.

    Pour tenir une Fête dans ce format réduit, deux millions d’euros seraient nécessaires, augmentés de 100 000 euros de dépenses liées à la mise en œuvre du protocole sanitaire.

    De premières évaluations nous font craindre un important déficit pour une telle initiative.

    Ce serait insoutenable alors que l’Humanité est toujours sous la contrainte d’un plan de « redressement-continuation » et que nous avons déjà engagé près de 500 000 euros de dépenses de préparation de la Fête.

    Les risques sanitaires, les risques financiers et judiciaires nous obligent à renoncer à tenir une Fête, même réduite, sur le terrain du parc de La Courneuve.

     

    Dans ces conditions, nous proposons de tenir la Fête de l’Humanité dans un format nouveau les 11-12-13 septembre avec des initiatives culturelles, de grands débats, des actes de solidarité internationale, des prises de parole d’acteurs des mouvements sociaux, citoyens et culturels, en divers lieux de la région parisienne et au-delà, relayés sur une plateforme numérique dédiée.

    Nous souhaitons combiner notre nouveau projet de Fête avec une initiative de solidarité marquante pour les enfants en partenariat avec le Secours populaire français.

     

    Afin de couvrir les frais déjà engagés et en soutien à l’Humanité, nous lancerons un bon de soutien au prix de 25 euros, dont 5 euros seront reversés au Secours populaire.

    Nous éditerons également un hors-série qui valorisera les valeurs et combats portés par la Fête de l’Humanité au fil de son histoire.

     

    Préparons ensemble cette « Fête autrement »

     

    Nous mesurons et partageons la déception de milliers de militants, de travailleurs, de jeunes, de citoyens, de femmes et hommes qui aiment à s’y retrouver dans une ambiance fraternelle et combative.

    Nous allons travailler à mettre à leur disposition un événement d’une autre nature qui puisse les rassembler, marquer l’actualité et être utile pour faire face à une situation sanitaire, sociale, culturelle, économique et politique qui s’annonce particulièrement difficile pour la jeunesse, le monde du travail et de la création.

    En ce sens nous recherchons le maximum de partenariats avec des acteurs sociaux, citoyens, culturels.

    Nous donnerons dans les jours à venir les éléments d’une architecture et un programme de la Fête de l’Humanité.

     

    Nous vous proposons donc de préparer ensemble dans ces conditions si particulières « Une Fête autrement » utile à toutes celles et tous ceux qui souhaitent que se réalise l’Humanité.

    Comme le proclame en forme de profession de foi le visuel que nous offre l’agence Jésus et Gabriel, notre Humanité est plus forte que tout.

     


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  • La Bibliothèque Nationale de France veut bâtir un nouveau site pour préserver trois siècles de titres de presse

    La Bibliothèque Nationale de France a annoncé vouloir bâtir un nouveau site, dédié à la conservation des 247 000 titres de presse qu'elle abrite.

    France Info >>>>>


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  • La confiance dans les médias

    des Français

    ne s'est pas arrangée avec la crise

    D'après un sondage Yougov pour Le HuffPost, plus d'un Français sur deux n'a pas fait confiance aux médias pour l'informer pendant la crise du coronavirus.

    HuffPost >>>>>


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  • Vendredi, 29 Mai, 2020

    Liberté d’informer.

    Inès Léraud, une journaliste face au mur de l’agrobusiness

     

    Un mouvement de solidarité s’étend autour de notre consœur, poursuivie en justice par Chéritel Trégor Légumes, un industriel de l’alimentation, après avoir dénoncé ses pratiques.

     

    C’est une mobilisation à laquelle on n’a pas tous les jours l’occasion d’assister : ce 26 mai, 320 journalistes de rédactions régionales et nationales ont signé une lettre ouverte à la présidence de la région Bretagne lui demandant de « garantir une information et une parole publique libres sur les enjeux de l’agroalimentaire en Bretagne » et de « mettre fin à la loi du silence ». Le front s’élève en défense d’une consœur mise sous pression dans le cadre de son travail par des industriels, auxquels ce dernier ne sied pas.

    Les 20 et 21 janvier 2020, la journaliste indépendante a été convoquée au tribunal de grande instance de Paris. Elle est poursuivie en diffamation par le groupe de fruits et légumes Chéritel, dont elle a révélé les pratiques dans le magazine en ligne Bastamag, en mars 2019.

    La Bretagne, ses industries et ses lobbies

    Ce n’est pas la première attaque à laquelle elle doit faire face pour les enquêtes qu’elle mène dans l’agrobusiness. Installée en Bretagne, dans les Côtes-d’Armor, depuis 2015, Inès Léraud enquête pour Radio France sur le secteur et ses effets sur la santé et l’environnement. Première région laitière, la Bretagne fournit aussi 50 % de la viande française. Les enjeux sont énormes, autant que les lobbies de groupes tels que Lactalis, Doux, Triskalia, Daucy ou Chéritel, sont puissants. « La Bretagne est l’une des régions les plus industrialisées au monde, au plan agroalimentaire, relève la journaliste. Sans cesse un sujet m’amène à rebondir sur un autre… J’ai le sentiment que ça pourra ne jamais finir… »

    Les algues vertes, un tabou... et une BD

    Lorsqu’elle met son nez dans le sujet tabou des algues vertes qui polluent les plages bretonnes, les pressions commencent à se multiplier.

    Fruit de ce travail, la BD qui porte bien son sous-titre « Algues vertes, l’histoire interdite », réalisée avec Pierre Van Hove, se vend à 46 000 exemplaires. Mais ce succès a un prix. Christian Buson, directeur d’un bureau d’études en environnement qui prodigue des conseils aux agro-industriels, la poursuit en diffamation fin 2019. Il retire sa plainte quelques jours avant l’audience, préue le 7 janvier dernier.

    Le 14 mars, le Salon du livre de Quintin (Côtes-d’Armor), qui l’avait invitée pour présenter sa BD, annule sa venue. Enfin, peu de temps avant, une maison d’édition renonce à la traduction du livre en breton.

    Un groupe déjà condamné

    En 2019, elle publie également le fameux reportage dans Bastamag. Titré « Travail dissimulé, fraude sur les étiquettes, les multiples abus d’un groupe agro-industriel breton », celui-ci décrit, témoignages anonymes à l’appui, les pratiques managériales et commerciales du grossiste Chéritel Trégor Légumes. En décembre 2018, le groupe avait déjà été condamné à 261 000 euros d’amende pour avoir employé illégalement des intérimaires bulgares et de nouveau en novembre 2019 pour « tromperie »  (il avait vendu des tomates étrangères étiquetées « origine France »). L’industriel, qui affiche 45 millions de chiffre d’affaires, ne digère pas l’article et porte plainte.

    « Il faut protéger les lanceurs et lanceuses d’alerte »

    Le 8 mai dernier, une pétition pour « la liberté d’informer face aux intérêts privés qui aimeraient la restreindre » a été lancée, aujourd’hui signée par des centaines de « militants associatifs, agriculteurs, scientifiques, auteurs, avocats, journalistes, syndicalistes, élus, citoyennes et citoyens ». Parmi eux, Aurélie Trouvé, porte-parole d’Attac, pour qui « il y a un énorme enjeu à soutenir une voix comme la sienne. Nous devons refuser les pressions sur le travail des journalistes, nous devons protéger les lanceuses et lanceurs d’alerte ».

    Face à l’intimidation, un immense soutien citoyen

    En quelques jours, la mobilisation prend une ampleur dans la profession pour déboucher, il y a trois jours, sur la missive des 320 journalistes.

    Inès Léraud avoue qu’elle ne s’attendait pas à un tel élan de solidarité. «La grande satisfaction est que c’est un mouvement citoyen. Cela prouve l’attachement au travail de journaliste.  » L’implication de ses confrères de la presse régionale la touche beaucoup. « C’est très courageux de leur part et pour moi c’était inespéré.  »

    La jeune femme reconnaît appréhender fortement le procès que lui intente le groupe Chéritel. «Il a déjà aligné 13 témoins. Moi, je ne veux pas exposer les miens, ils se mettraient en danger. Cette plainte est une tentative d’intimidation de plus pour nous faire taire. »

    Vigilance pour La liberté de la presse

    Pour soutenir Inès Léraud et défendre la liberté d’informer sur l’agroalimentaire, les journalistes se sont organisés dans le collectif Kelaouiñ, soutenu par plus de 250 professionnels, dont le Club de la presse de Bretagne. « Puisqu’il existe des observatoires de “l’agribashing”, écrivent-ils dans leur lettre ouverte à la région, nous demandons la création d’un observatoire régional des libertés de la presse. »

    À suivre.

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    Bastamag

    Des journalistes et médias s’organisent

    pour défendre la liberté d’informer sur l’agroalimentaire

    par Collectif 27 mai 2020 >>>>>

    Appel >>>>>

    Pétition >>>>>

    Travail dissimulé, fraude sur les étiquettes :

    les multiples abus d’un groupe agro-industriel breton

    par Inès Léraud 26 mars 2019 >>>>> Bastamag

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    Quand la journaliste Inès Léraud

    remue le monde politico-économique

    Le Peuple Breton .Bzh >>>>>

     


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  • Presstalis - Un projet de coopérative pour relancer d'urgence la distribution de la presse

    Guillaume Dumoulin, délégué syndical CGT de la SAD, société d'agence et de diffusion, filiale de presstalis, qui distribue la presse en province, alerte sur la situation dramatique de la messagerie historique française.

    Le vendredi 15 mai, le Tribunal de commerce de Paris a en effet déclaré la mise en liquidation judiciaire des deux filiales du groupe, la Sad et la Soprocom, avec le licenciement de 518 salariés sur tout le territoire, entraînant de fait, une non-parution des titres en province.

    Un projet de Scic, société coopérative d'intérêt collectif est porté par les salariés du secteur et leur syndicat, le sglce-CGT. Entretien.


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  • Affaire Legay:

    la police des polices traque les sources de Mediapart

    26 mai 2020 Par Fabrice Arfi

    - Mediapart.fr

     

    La journaliste de Mediapart Pascale Pascariello, qui avait permis de démontrer les mensonges du président de la République dans une affaire de violences policières, a été entendue comme suspecte, mardi 26 mai, par l’IGPN. C’est la quatrième fois en moins de 18 mois que la justice essaye de s’en prendre aux sources de Mediapart à la suite d’enquêtes embarrassantes pour l’exécutif.

     

    Sous la présidence d’Emmanuel Macron, la chasse aux sources des journalistes s’inscrit au fil des mois dans une récurrence de plus en plus inquiétante. La reporter de Mediapart Pascale Pascariello, qui avait permis de démontrer les mensonges du président de la République et du procureur de Nice dans le dossier Geneviève Legay, une retentissante affaire de violences policières, a été entendue comme suspecte, mardi 26 mai, à Paris, par un commissaire général et une capitaine de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN).

     

    L’objectif des investigations, diligentées par le parquet de Nice, est contenu dans le délit visé par la convocation judiciaire envoyée le 19 mai à Mediapart : « recel de violation du secret professionnel ». Comprendre : trouver qui, au sein de l’administration, a livré à la presse des informations embarrassantes pour la justice et le pouvoir.

     

    Les nombreuses enquêtes de Pascale Pascariello avaient en effet mis au jour les contre-vérités d’un magistrat – le procureur Jean-Michel Prêtre – et du chef de l’État lui-même, Emmanuel Macron, dans un dossier qui est vite apparu comme symbolique des violences policières, de leur déni institutionnel et du mensonge politique qui, parfois, l’accompagne.

     

    L’affaire Legay porte le nom d’une militante de 73 ans de l’organisation Attac, qui a été gravement blessée durant une manifestation fin mars 2019, à Nice. Le procureur de la ville, lors d’une conférence de presse, puis Emmanuel Macron quelques jours plus tard, dans les colonnes du quotidien Nice Matin, avaient dédouané la police, qui aurait été, selon eux, totalement étrangère aux blessures infligées à la vieille dame.

     

    Mais les articles de Mediapart ont pu, preuves à l’appui, montrer qu’il n’en était rien et qu’un rapport de police, rédigé le jour des faits, avait même établi le contraire. D’autres articles de Pascale Pascariello avaient également interrogé les conflits d’intérêts qui entouraient l’enquête – la policière chargée des investigations est la compagne d’un policier en cause… – et exhumé les lourds antécédents du procureur Prêtre, qui a finalement été muté à Lyon après avoir essayé d’étouffer l’affaire Legay (toujours au point mort sur le fond).

     

    Toutes ces informations d’intérêt public, et dont aucune n’est contestée sur le fond par quiconque devant un tribunal, ont de toute évidence agacé.

    Accompagnée de l’avocat de Mediapart, Me Emmanuel Tordjman, Pascale Pascariello s’est rendue à sa convocation dans les locaux parisiens de l’IGPN mais a refusé, durant 1 h 30 d’interrogatoire sous le régime de l’audition libre, de répondre aux questions des enquêteurs afin de protéger ses sources.

     

    Dans une déclaration liminaire, elle a néanmoins évoqué une « convocation [qui] pose des problèmes juridiques fondamentaux » et s’apparente à un « contournement du droit de la presse ». « Le but de cette manœuvre est de donner toute latitude à la police pour rechercher l’auteur principal du délit dont nous serions les receleurs, c’est-à-dire nos sources », a expliqué notre journaliste, dénonçant « un climat de pression sur notre profession et d’intimidation vis-à-vis de nos sources ».

     

    Ainsi que la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme (Cedh) ne cesse de le rappeler depuis des décennies, le propre du journalisme consiste parfois, si ce n’est souvent, à obtenir des informations auprès de personnes qui ne sont pas censées lui en donner. Faute de quoi, les journalistes seraient condamnés d’avance à passer leur temps à recopier des communiqués de presse et à s’accommoder en toutes circonstances des versions officielles.

    C’est la raison pour laquelle la Cedh avait défini la protection des sources journalistiques comme « l’une des pierres angulaires de la liberté de la presse » (arrêt Goodwin, 1996), laquelle liberté consiste, selon la même cour, à publier des informations « qui heurtent, choquent ou inquiètent l’État ou une fraction quelconque de la population » (arrêt Handyside, 1976).

     

    L’audition comme suspecte de Pascale Pascariello est d’autant plus inquiétante qu’elle s’inscrit dans une succession de tentatives judiciaires d’entraver le travail de la presse depuis 18 mois.

    Exemples :

    • Février 2019 : deux magistrats du parquet de Paris, accompagnés de policiers de la Brigade criminelle, ont tenté de perquisitionner notre rédaction dans l’affaire Benalla, à la suite de la révélation d’enregistrements compromettants pour l’ancien collaborateur du président de la République.

    • Avril 2019 : des journalistes du collectif Disclose, dont les informations avaient été publiées par Mediapart et d’autres médias, ont été entendus comme suspects par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) pour avoir révélé une note classifiée prouvant les mensonges du gouvernement et de l’Élysée sur l’utilisation d’armes françaises dans la guerre au Yémen, qui a fait des milliers de morts civiles.

    • Mai 2019 : une journaliste du Monde, Ariane Chemin, et le directeur de la publication du quotidien, Louis Dreyfus, sont à leur tour entendus comme suspects par la DGSI en marge de l’affaire Benalla.

    • Octobre 2019 : quatre journalistes de Mediapart, dont son directeur de publication, Edwy Plenel, sont convoqués comme suspects par la police judiciaire pour avoir révélé l’identité et le parcours sinueux d’un proche de Benalla, toujours en fonction à l’Élysée et spécialiste de l’infiltration et de l’effraction.

    Toutes ces atteintes à la liberté d’informer ont un point commun : elles visent des enquêtes journalistiques qui ont mis en cause le pouvoir exécutif.

    Mais ce ne doit être qu’un hasard.

    Prolonger

    Boite Noire

    URL source: https://www.mediapart.fr/journal/france/260520/affaire-legay-la-police-des-polices-traque-les-sources-de-mediapart

     


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