• Clémentine Autain :

    "On est dans un système qui vise à empêcher

    de militer, de contester, de revendiquer"

    France Inter >>>>> 5 Août 2019


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  • Soutien aux exilé.e.s, à Carole Rackete et à tout son équipage

    Sur le site national d'Ensemble ! >>>>>


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  • Clémentine Autain

    28 juin 2016 sur BFM

    ( Bourdin toujours aussi lourd...

    Clémentine a du mérite à rester cool...)

    https://www.youtube.com/watch?v=21j7odKXPPw


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  • Ensemble !

    Collectif National des 22 et 23 juin 2019

    Déclaration Politique

    https://www.ensemble-fdg.org/content/declaration-politique-densemble-1

     

    Déclaration politique d’Ensemble

     Adoptée au Collectif nationale des 22 et 23 juin 2019
     

    Les élections européennes du 26 mai 2019 ont marqué une nouvelle étape de la recomposition du paysage politique français amorcé en 2017.

     

    Dans un contexte global marqué par les tensions entre grandes puissances américaines, chinoises, russes, la mise en œuvre difficile du Brexit, la montée des pouvoirs autoritaires et nationalistes, la participation électorale a été plus forte qu’en 2014, bénéficiant principalement d’une part aux partis centristes et écologistes et d’autre part aux forces d’extrême droite.

    Pour autant, le taux d'abstention reste particulièrement élevé (plus de 50% en ajoutant les abstentions et les bulletins blancs) et revêt une signification politique : il souligne la persistance d'une profonde crise de la représentation politique.    

     

    En France, La République En Marche a réussi à éviter la sanction électorale malgré la mobilisation inédite des Gilets Jaunes et la profondeur du mécontentement social.

    Le découplage s'accroit entre les mouvements sociaux, aussi puissants soient-ils, et leur traduction électorale.

    Malgré un score à peine supérieur à 10% du corps électoral, le macronisme s'en trouve re-légitimé et peut poursuivre son offensive de casse sociale tous azimuts. 

    Même si la peur du RN a pu jouer en faveur du vote pour la liste LREM, le résultat de celle-ci traduit aussi que le macronisme s'est trouvé une base sociale.

     

    Le Rassemblement National s’est imposé en tête du scrutin et poursuit son enracinement qui renforce sa capacité de peser et d’exercer le pouvoir notamment à l’échelle locale.

    Avec le regroupement de toute la droite extrême, qui un de ses buts, son renforcement va encourager une partie de ses adhérents et sympathisants à des comportements plus agressifs.

     

    Ecrasé entre LREM et le RN la droite traditionnelle des Républicains est confrontée à une crise existentielle majeure probablement de longue durée.

     

    Au terme de cette séquence, la politique économique et sociale du gouvernement reste plus que jamais la poursuite des « réformes » de structure néolibérales : sur l’assurance-chômage, les retraites ou les baisses d’impôt ou le service public.

    Avec une instrumentalisation des migrant-e-s pour  désigner un « bouc émissaire » inventé mais commode pour conforter son face à face avec le RN.

     

    Le long chantier d’une gauche alternative et pluraliste

    Les forces de gauche sortent très affaiblie et éparpillée de cette échéance, même si le total des voix de gauche constitue un potentiel non négligeable.

    Europe Ecologie, bénéficiant des mobilisations écologistes a su s’imposer sur une ligne très modérée en troisième position, en tête de la gauche il se trouve investi de responsabilités importantes qui n'iront pas sans contradictions.

    La France Insoumise, malgré un profil de campagne qui s'est voulu plus ouvert, n’a pas réussi à rassembler l’ensemble des électeurs de Jean-Luc Mélenchon de 2017.

    Génération-s et le PCF sont confrontés à un profond affaiblissement.

    Le Parti Socialiste confirme son affaiblissement. Il adopte un profil unitaire intégrant les nouveaux rapports de force à gauche mais reste marqué par la logique de sa conversion au libéralisme effectuée ces dernières années.

     

    La question du rassemblement des forces disponibles pour une gauche alternative, démocratique, sociale et écologique, faisant vivre le pluralisme en son sein est plus que jamais posé.

     

    Mais les débats d’orientation entre logique d’adaptation et logique de rupture au libéralisme et au productivisme n’ont pas disparu au sein de la gauche.

    Même si aucune force aujourd’hui ne peut prétendre être en capacité de retrouver la confiance des classes populaires.

    Une phase longue de débats, de recomposition, d’expériences nouvelles, s’ouvre donc probablement devant nous.

     

    Marcher sur ses deux jambes

    Ensemble!, dans cette situation, se donne comme objectifs d'œuvrer  dans deux directions complémentaires :

    1) Favoriser les initiatives de mobilisation et de recomposition

    Ensemble ! participe aux initiatives  permettant de rassembler et d’impulser des batailles.

    Le combat contre la privatisation d’Aéroport de Paris est l’occasion d’une bataille unitaire rassemblant des associations, des syndicats et forces de gauche.

    Tout en faisant participer des millions de personnes à la mise en échec du projet gouvernemental pendant les huit mois qui viennent, il est   un point d’appui pour populariser la défense des services publics et des biens communs, avec la dimension écologiste.

    Mené avec le relai de cadres unitaires nationaux, il appelle à la constitution, dans les départements, les quartiers, les villes, de collectifs unitaires pour la défense de services publics.

    Sur un plan politique plus global il peut renforcer l’exigence d’un contrôle démocratique sur un outil de la transition, la politique des transports.

     

    Le soutien aux mouvements des gilets jaunes dont les forces vives vont sans doute évoluer, entrer dans une nouvelle phase et se fixer de nouveaux objectifs notamment dans le cadre de l’Assemblée des assemblées prévue du 28 au 30 juin, avec aussi la Marche vers Paris pour le 14 juillet.

    Les discussions de ce mouvement, pour aboutir à des exigences de type législatif, se traduiront par une présence dans nombre de batailles municipales.

     

    Le combat prioritaire contre la politique économique et sociale de Macron passe par la construction d’une mobilisation et d’une alternative sur le chômage, la précarité et la lutte contre la pauvreté.

    Nous ne pouvons laisser ce terrain aux seules associations caritatives ou d’action sociale si nous voulons retrouver le lien avec les catégories les plus exploitées et les quartiers populaires.

    Ensemble sera présent pour le soutien aux luttes et associations féministes et lgbti en faveur de la PMA, pour les droits des femmes et contre  l’homophobie.

    Travailler à l'unité des mouvements antiracistes et des mouvements de soutien aux migrants  sont des priorités dans la période à venir.

    Le thème de l’écologie et du réchauffement climatique est porté par des mouvements dynamiques, en particulier chez les jeunes.

    Ensemble ! doit y contribuer, en apportant nos propres analyses : la défense de la planète n’est pas compatible avec les politiques néolibérales ; changeons le système, pas le climat !

    Ensemble soutient également toutes les initiatives visant à faire converger et dialogues acteurs sociaux et politiques pour ouvrir de nouvelles pistes et de nouveaux outils dans la perspective d'un front social et politique associant sur un pied d’égalité syndicalistes, militants-e-s associatif-ve-s, citoyen-ne-s engagé-e-s et militant-e-s politiques.

    Ensemble soutient les différents appels parus au lendemain des européennes : appel « Sursaut », appel « Big bang », appel « Convergeons…               

    L'appel « Big Bang » appelle à une réunion le 30 juin visant à rassembler les secteurs associatifs, syndicaux, intellectuels… et un arc de forces allant du NPA à la gauche d'EELV en passant par la France insoumise, ayant en commun la volonté de reconstruire un projet de transformation sociale, écologiste et démocratique

     

    2) Réouvrir le chantier de l'élaboration stratégique

    Parce qu’un projet éclaire et aide à construire les objectifs présents,  vouloir être utile au rassemblement des forces de transformation sociale et écologique, c'est savoir de quelle société on veut et quels moyens sont nécessaires pour y parvenir.

    Ensemble décide de poursuivre le travail d’élaboration sur la stratégie et le projet qu’il porte, tel que cela a été engagé depuis le CN d’avril 2019 et amorcé avec la contribution «Ouvrons le débat stratégique».

    Ces enjeux seront débattus au cours d’une prochaine Assemblée Générale de notre mouvement qui pourrait avoir lieu début 2020 ;

    celle-ci est d’ores et déjà préparée par un texte diffusé à l’issue de ce CN, l’appel aux contributions, et l’organisation du calendrier et des débats lors du prochain CN de septembre.


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  • Collectif National d'Ensemble !

    Réunion des 22 et 23 Juin 2019

     


    Voici les différents textes adoptés au CN des 22 et 23 juin.

    Motion sur l'AG d'Ensemble

    "Le CN des 22 et 23 juin considère que la nouvelle configuration
    politique et sociale rend nécessaire une AG d'ENSEMBLE.

    Le CN proposequ'elle se tienne les 18 et 19 janvier 2020.

    Pour la préparer, une commission représentative de la diversité d'Ensemble se met en place.


    Sa première tâche est de réunir les conditions permettant que le CN de
    septembre soit en mesure de réaliser un travail commun.

    Ce processus nous permettra de redéfinir notre stratégie politique et notre fonctionnement."

    -------------------------------------------------

    Déclaration Politique

    https://www.ensemble-fdg.org/content/declaration-politique-densemble-1

    -------------------------------------------------

    Déclaration Syrie

    https://www.ensemble-fdg.org/content/soutien-brita-hagi-hassan

    -------------------------------------------------

    Communiqué nucléaire

    https://www.ensemble-fdg.org/content/nucleaire-limpasse-energetique


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  • Européennes :

    de la montée de l’extrême-droite à une autre perspective

    Il faut replacer les résultats aux européennes dans leur contexte et leur spécificité de scrutin de listes. Concernant ceux de la France insoumise,  il était  illusoire d’espérer que la montée de la logique de rupture, portée par Jean-Luc Mélenchon à la présidentielles, allait se poursuivre aux Européennes.

    Il faut cependant repérer les tendances lourdes à travers les résultats volatiles. 

    Les résultats de la liste Jadot, avec 13,48 % est certes supérieur à celui d’EELV en 2014 (8,14 %) mais inférieur à celui de 2009 (16,28 %) ;  ce score fut ramené en 2012 aux 2,31 % d’Eva Joly.

    Concernant la France insoumise, le score de 2019 est quasi équivalent aux résultats du Front de gauche aux européennes de 2009 et 2014, et ce sans les voix qui se sont portées sur la liste du parti communiste (2 %).

    On peut penser qu’une liste commune des anciens partenaires du Front de Gauche aurait permis au moins une faible progression.

    Sur le site national d'Ensemble ! >>>>>


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  • Le Collectif National d'Ensemble !

    se réunira les Samedi 21 et Dimanche 22 juin 2019.

     

     

     


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  • Clémentine Autain :

    « Je ne veux pas d'un cartel électoral.

    Je veux fédérer dans la société »

    Avec plus d’un millier de signataires, la députée de la France insoumise Clémentine Autain appelle à un « big bang » de la gauche dans une tribune publiée dans Le Monde le 4 juin dernier. Elle pointe les erreurs stratégiques de la FI lors des élections européennes et entend désormais « ouvrir les portes et les fenêtres » du mouvement. Elle est l’invitée de #LaMidinale.  Sur Regards >>>>>

     


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  • La France insoumise, un échec qui vient de loin

    Pierre Khalfa

     

    Depuis l’échec de La France insoumise (LFI) à l’élection au Parlement européen, le débat est engagé sur les causes de cette déconfiture.

     

    Plusieurs explications sont avancées tant par les soutiens du groupe dirigeant de LFI que par des commentateurs.

    Pour les premiers, la cause serait entendue : l’échec serait dû à la fois à une campagne électorale qui aurait entretenu l’ambiguïté sur la question de l’Union européenne et au fait que le choix de la tête de liste ne permettait pas d’avoir une campagne «disruptive» qui aurait permis de prolonger le «dégagisme» originel de LFI.

    Pour les seconds, tout tiendrait à la personnalité de Jean-Luc Mélenchon qui, notamment par son attitude lors de la séquence des perquisitions, aurait effrayé l’électorat potentiel de LFI.

     

    Pour les premiers, il faudrait revenir au «populisme» originel,

    pour les seconds, tout se réduit à une question de personne et de supputer sur les remplaçants possibles.

     

     

    Ces deux explications font fi de ce qui s’est passé entre l’élection présidentielle et aujourd’hui.

    Jean-Luc Mélenchon a fait près de 20% à l’élection présidentielle.

    Ce résultat venait de l’addition de deux électorats : celui du Front de gauche et d’une partie de l’électorat qui avait voté François Hollande en 2012 (environ 25%).

    C’est donc un électorat de gauche qui a fait le succès de Jean-Luc Mélenchon.

    Ce succès a été permis par la très bonne campagne du candidat et par le fait que, la candidature de Benoît Hamon s’écroulant, Jean-Luc Mélenchon est apparu en situation d’être au second tour et donc de gagner.

    Il a été ainsi le vote utile à gauche.

     

     

    Or les législatives du mois de juin 2017 montrent la fragilité de ce résultat puisque LFI ne fait que 11% et se trouve être la force politique de loin la plus désertée par rapport à l’élection présidentielle : elle perd, selon les enquêtes d’opinion, environ 60% de son électorat.

    Cela aurait dû alerter la direction de LFI sur la fragilité du vote pour Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle.

    Cela n’a pas été le cas et, succombant à l’hubris, péché mortel du succès, comme nous le savons au moins depuis Thucydide, LFI s’est comportée comme une force hégémonique se voulant un mouvement total englobant toute la société.

    La morgue de cette orientation a commencé à se fracasser lors des élections législatives partielles, où LFI a fait des résultats pour le moins très décevants, et avec le constat de son incapacité à être à l’initiative de mobilisations de masse, ce qui l’a heureusement conduit à participer au collectif unitaire «marée populaire».

     

    Projet émancipateur

     

    Combinée à une rétractation militante due à la fois à l’épuisement de l’activisme quotidien et à l’inexistence d’une démocratie interne permettant une réelle discussion, cette situation a produit des tensions inévitables qui, faute de lieux pour trancher les débats, se sont traduites par des exclusions arbitraires dont la presse a fait ses choux gras.

    Or quel que soit ce que l’on peut penser des positions des responsables exclus – et l’auteur de ces lignes en pense pis que pendre –, on ne peut construire un mouvement politique durable qui fonctionne de cette façon.

     

    Au-delà, il faut interroger le fond de l’orientation.

    Elle renvoie à une vision de la politique conçue uniquement sur la base de la désignation d’un ennemi, l’objectif étant de «fédérer le peuple» contre l’oligarchie.

     

    Or si la désignation d’un ennemi est certes la condition du combat politique, la politique ne peut s’y réduire.

    L’espace politique est aussi un espace où se construit du commun à travers notamment l’élaboration de projets politiques et la politique ne peut se réduire à un strict rapport de forces.

     

    La référence au peuple ne construit en elle-même aucun projet politique.

    Ainsi le RN pouvait, dans la dernière campagne électorale, proclamer sur ses affiches «Donnons le pouvoir au peuple.»

    Pour que la référence au peuple puisse être féconde, il faut qu’elle soit surdéterminée par un projet émancipateur porteur d’un imaginaire social de transformation, comme l’a été en son temps l’idée de communisme, au-delà même de la réalité du «socialisme réellement existant».

    Mais cela suppose de comprendre que l’on ne peut pas simplement surfer sur la colère et le ressentiment, ou pire sur la haine.

    Un mouvement politique visant l’émancipation doit être capable d’être porteur d’une espérance qui permet de se projeter dans l’avenir et pas simplement d’un refus de l’ordre existant.

     

    Syndrome hégémonique

     

    C’est dire si le débat que tentent de nous imposer certains commentateurs et paradoxalement certains dirigeants de LFI entre «le populisme dégagiste» et «l’union de la gauche» est dépourvu de sens.

     

    Populisme dégagiste vraiment ?

    Il ne semble pas que le succès d’EE-LV, qui a bénéficié d’une bonne part de l’électorat de LFI (20%), soit dû à cette orientation.

    Quant à l’union de la gauche, on ne voit pas comment l’union de forces en déclin ou marginales résoudrait le problème qui nous est posé.

    Si la gauche d’émancipation a certes été incapable de présenter un front commun, elle a surtout été incapable d’être porteuse de l’espérance d’une société désirable, d’un projet qui soit capable de transformer la colère populaire, qui s’est notamment manifestée lors du mouvement des gilets jaunes, en un espoir de changement politique.

     

    Même avec les écologistes, dont certains dirigeants semblent eux aussi atteint aujourd’hui du même syndrome hégémonique que LFI naguère, elle s’avère incapable de présenter une alternative politique un tant soit peu crédible. 

     

     

    Il faut donc aujourd’hui engager un processus dont l’objectif est de refonder/reconstruire une gauche aux prises avec les réalités économiques, sociales et écologiques du XXIe siècle.

    Une telle gauche ne peut simplement être le produit de la convergence pourtant nécessaire des forces politiques existantes mais devrait pouvoir agréger toutes celles et ceux qui, au quotidien, luttent contre le néolibéralisme autoritaire et contre toutes les formes de dominations et d’oppressions, ce qui suppose pluralisme et démocratie.

     

    La direction de LFI y est-elle prête ?

     

    Pierre Khalfa

    1er juin 2019


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  • Contribution pour l'après-26 mai.

     

    Réflexions sur les jours d’après

    Ensemble ! réuni

    peut avoir un rôle à jouer comme force de proposition…

     

    L’après 26 mai 2019 pourrait être simple : les gauches qui ont postulé aux suffrages pour les élections européennes ont été tellement en concurrence (alors qu’une partie des listes disaient des choses semblables ou non contradictoires) qu’elles devraient raisonnablement en tirer la conclusion qu’il faut discuter. Notamment face au danger des droites extrêmes et des néolibéraux. Mais l’effort subjectif pour dépasser les postures qui durent depuis plus d’un an sera vraiment considérable et coûteux.  Selon toute vraisemblance, une médiation sera nécessaire pour parvenir à un débat constructif.

     

    On peut aussi espérer que dans Ensemble, les clivages s’apaisent et qu’Ensemble ! dans son entier puisse jouer un rôle passerelle. Le pire serait qu’on pousse au rassemblement, et qu’on continue à s’entredéchirer dans Ensemble !

     

    Aucune des forces et organisations qui étaient en compétition à gauche le 26 mai ne peut à elle seule prétendre incarner une solution d’avenir. Mais ces forces (je ne parle pas du PS ici, mais il faudra le faire aussi) ont dans leur sillage ou leurs propositions des richesses de propositions, d’innovations et de militantisme qui, mises en commun, pourraient devenir attractives pour faire du neuf. Encore faut-il le vouloir. Mais aussi définir une méthode.

     

    Quelles pourraient être les pistes de méthode pour avancer ?

    J’en voit quatre.

    * La première serait donc d’accepter l’échange et le débat.

    1. a) Dans un premier temps, l’échange devra se faire d’abord entre des courants proches par leur histoire ou par affinités pour reconstruire une confiance commune.
    2. b) Pour un projet plus large, à la hauteur de la situation, on connait l’argument ressassé sur l’alignement des sigles qui ne produirait rien de bon. Après cette campagne européenne, cet argument devient presque évident : pourquoi un rabibochage par un cartel de sigles serait-il d’un seul coup crédible alors que tout a été fait pendant des mois pour discréditer au maximum toute pratique unitaire (et certains l’ont fait au nom de l’unité !). Il conviendrait donc dans un premier temps de dire modestement : parlons-nous et débattons. Sans forcément en faire une publicité tapageuse, pour ne pas créer de faux espoirs, voire des tromperies sur la marchandise. Et en distinguant le court terme et le long terme : que faire ici et maintenant, puis quelle stratégie pour les années à venir (il vaut mieux …ne pas commencer par 2022).

    * La deuxième piste serait donc l’action commune doublée de propositions politiques communes. Certains répondent à cela : mais on le fait déjà ! Ou encore : ce n’est pas cela qui définit un projet politique. Il faut donc bien clarifier ce dont on parle. Les forces politiques de gauche et écologistes soutiennent en général des luttes, ou des exigences, chacune séparément. Il leur arrive de le faire ensemble : par exemple au printemps 2018 pour soutenir par des conférences de presse la lutte des cheminots. Ou encore bien plus difficilement pour soutenir en commun les manifestations de Gilets jaunes, agir contre la répression. Ou plus rarement pour s’afficher dans les manifestations climat. Mais ces cadres communs de solidarité ne font pas évènement, parce que rares sont les composantes qui veulent leur donner un sens politique réel. La question est : est-ce que cela suffit d’être solidaires ? Le vrai engagement politique commun serait de prolonger la solidarité élémentaire par des propositions politiques : sur les services publics européens, sur les priorités écologiques, sur la démocratie. Mais là, il n’y a plus personne ! Chacun reste dans son couloir : la place est jalousement gardée et protégée. Alors que bien souvent, les propositions des uns et des autres pourraient au minimum converger ou alors susciter publiquement des controverses utiles. Mais c’est précisément cela que certaines forces ne veulent pas partager. Car admettre un cadre pluraliste convergent avec des débats publics profitant à tout le monde, c’est admettre que l’on construit un espace socio-politique commun. C’est renoncer à son pré-carré. Voilà pourquoi l’action commune prolongée de propositions communes sont en réalité très engageantes pour faire voir au quotidien qu’un projet politique est possible. L’offre politique doit être enracinée dans l’action, sinon elle court le risque du projet en surplomb auquel il faut se rallier, sans être appelé à coconstruire. L’émancipation implique la participation à la fabrique du politique.

    Exemples concrets :

    - Cédric Durand et Razmig Keucheyan ont écrit une tribune (parue dans Le Monde) avec des propositions sur la place de l’intervention publique pour définir une transition écologique, avec des axes hiérarchisés. Voilà ce dont il faut discuter.

    - Ou encore : quelle proposition alternative à la retraite par points dite « universelle » de Macron ?

    - Ou sur l’assurance-chômage avec bonus-malus ?

    Si les forces de gauche et écologistes n’ont rien de commun à construire sur ces sujets, en lien si possible avec les acteurs-trices directement engagés, alors quelle est leur crédibilité politique ? On peut répondre : mais cela se fait déjà souvent à l’Assemblée nationale, voire au Parlement européen. Cela se fait parce qu’il y a contrainte : empêcher des projets, rendre plus audibles des sujets. Pourquoi cette contrainte parlementaire (parfois purement formelle) ne pourrait-elle pas se déployer dans l’arène publique ? Il conviendrait donc de mettre en place des groupes de travail thématiques.

    * La troisième piste nécessite justement de construire des espaces démocratiques citoyens ou populaires, impliquant non seulement les forces ou courants politiques organisés, mais d’emblée des animateurs-trices de luttes ou d’associations, et les personnes volontaires.  On rejoint par là la forte exigence démocratique que nous observons partout. Il s’agirait de mettre en place une sorte d’agora démocratique et ouverte, des assemblées citoyennes ou populaire. Certains parlent de « processus constituant ». Pourquoi pas ? C’est là la médiation à mettre tout de suite en chantier. Si on vise une alternative émancipatrice à vocation majoritaire, il faut chercher à faire en sorte que la politique implique le plus grand nombre. Les forces et courants politiques doivent être partie prenante du partage d’expérience sans en faire un enjeu de concurrence passant par-dessus l’intérêt collectif. Il faut en somme mobiliser les personnes de plus en plus nombreuses qui ont le désir de faire de la politique de manière directe, sans appartenance à priori, et qui tâtonnent dans cette direction depuis Nuit Debout, les groupes d’action FI (pour partie), les Collectifs Marée populaire, pour partie les Gilets jaunes, les citoyens des mobilisations climatiques, etc. Certes, cela ne règle pas par magie les problèmes d’incarnation, de représentation personnalisée (inévitables, car la société ne peut jamais être d’emblée transparente à elle-même). Mais cela les encadre de bonne manière. Et cela nécessite aussi de livrer bataille vers les médias pour imposer du pluralisme représentatif plutôt qu’une mise en scène des egos et des présidentiables. Certains médias marcheront si cela est porteur de vie.

    * La quatrième piste, corollaire de la précédente, est la nécessité vitale pour les mouvements sociaux, les syndicats, les associations, d’assumer la portée politique pluraliste de leurs luttes.  Ce qui bien sûr ne va pas de soi, et implique de réviser des certitudes mal apprises, ou déformées (Charte d’Amiens entre-autre).

     

    Des débats à poser

     

    Une fois cette méthode de travail acquise (ce qui ne sera pas facile, au vu des habitudes prises), il ne fait aucun doute qu’il faudra aussi remettre sur le métier bien des notions dont le sens n’a plus rien d’évident, du moins à large échelle.

     

    * Ainsi la notion de gauche. Alors que toutes les études de politologie montrent que les personnes continuent à se classer individuellement selon le clivage gauche/droite (y compris, j’en ai fait l’expérience, chez les Gilets jaunes), la force de propulsion politique de ce clivage s’est émoussée, à force d’être combattue de tous côtés, à gauche et à droite. Le résultat en est plutôt un déplacement de l’axe politique vers une droite culturellement hégémonique (on le voit dramatiquement sur les enjeux sociaux, avec par exemple la disqualification du salariat), doublée à l’opposé d’un radicalisme verbal souvent vain (dégagisme, colère, raccourcis, sectarisme prétendument « lutte de classe » …). C’est ce qui reste une fois que la gauche accepte de disparaitre comme enjeu ou intériorise sa ringardisation. On n’ose plus se dire de gauche : c’est une vraie victoire de la confusion dominante. Tout se vaut. Mais reconnaissons que pour réinsuffler du sens, il faudra faire de la pédagogie et savoir comment prendre en compte le besoin d’audace (Gilets jaunes, cortèges de tête…) dans l’action.

    La société est clivée : le clivage social, bien connu, le clivage des valeurs et du sens, le clivage des stéréotypes de genres et des effets d’oppressions, le clivage du rapport à la nature et au vivant. Gauche et écologie sont intriqués dans le combat anticapitaliste, ou alors se dilueront l’un et l’autre. Mais l’intrication n’est pas spontanée, elle peut produire des conflits de priorités, difficiles à maitriser (exemple : emploi et industrie nucléaire, ou agro-alimentaire). Le clivage social ne produit plus, ou pas mécaniquement, un imaginaire progressiste. Le conflit sur le sens et les valeurs est orthogonal au clivage social, lequel peut suivre plus facilement une pente « nationale-sociale » de repli.

     

    Nous avons donc tout un travail d’élaboration à faire.

     

    * Il en va de même avec la lutte des classes et c’est lié. Mais il faut reconnaitre qu’un nouveau débat théorique est nécessaire sur ce qui structure les sociétés. Les rapports sociaux, de classe, de sexe, et de racisation, s’imbriquent. Mais ils ne s’imbriquent pas de la même façon sous le capitalisme qu’avant le capitalisme. La structure de classe introduite par le capitalisme mondialisé remodèle les sociétés, les oppressions millénaires, les conflits dits ethniques. C’est un processus. L’imbrication n’est pas la même en Europe ou en Inde par exemple, ou dans des sociétés culturellement très différentes, même si la globalisation capitaliste tend à homogénéiser les modes de vie et le règne du tout marchand. Il nous faut donc tendre à universaliser (internationaliser) nos références et schémas de valeurs tout en étant attentifs au pluralisme des peuples et cultures (exemple type, le voile : l’acuité du problème, la manière de l’aborder, n’est pas la même selon que l’on vit en Iran, en Arabie Saoudite ou en France ; mais nous devons d’abord avoir un point de vue le plus universel possible, tout en admettant que l’universel n’est pas une entité figée).

     

    * L’écologie est un défi anthropologique gigantesque, irréductible par bien des aspects aux conflits historiques connus. Les manifestations de jeunes sur le climat expriment cette radicalité nouvelle : « je veux pouvoir vivre comme être humain, en compagnie du vivant et de la biodiversité ». Cela semble transcender tout le reste. Et le temps presse !  Mais en même temps, sans renversement des puissances capitalistes, la bataille sera perdue.  Nous avons besoin de hiérarchiser des objectifs de lutte, et d’inventer une forme démocratique pour ce mouvement. C’est d’ailleurs étrange : le mouvement climat n’est pas démocratique dans ses modes de décision, mais cela semble peu inquiéter celles et ceux qui y participent, alors que la soif de démocratie est grande.

     

    * Le défi démocratique :  Comment s’articule l’invention démocratique dans l’action, dans les luttes (qui produisent leurs institutions) avec une transformation radicale de la représentation citoyenne, qui reste incontournable ? Comment articuler démocratie (processus vivant) et république (chose commune) ?

    Sur toutes ces questions comme sur celles énumérées par le texte collectif dit « stratégique » qui a circulé dans Ensemble !, nous avons besoin d’avancer dans le dialogue démocratique.

     

    Jean-Claude Mamet (01-06-2019)


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