• NPA

    Horreur à Conflans-Sainte-Honorine :

    colères, solidarités, et refus des amalgames

     

     

    Le NPA a reçu avec effroi, vendredi 16 octobre, la nouvelle de l'assassinat par décapitation de Samuel Paty, enseignant d’un collège à Conflans-Sainte-Honorine. Toutes nos pensées se sont immédiatement tournées vers sa famille, ses amiEs, ses élèves et ses collègues, et plus largement vers l'ensemble des personnels de l'éducation, évidemment ébranlés par ce crime atroce.

     

    Un assassinat insupportable

     

    Samuel Paty a été tué en raison de son métier et de ses choix. Ce crime horrible est un indice supplémentaire d’une société qui se désagrège. Ce monde toujours plus violent ,fait de guerres, d’oppressions, d’inégalités, de misère, constitue un terreau toujours plus favorable aux idées les plus réactionnaires et mortifères, à l’instar de l’idéologie jihadiste, porteuse d’un projet de société auquel nous sommes tout aussi opposés que nous le sommes à celui des extrêmes droites occidentales.

     

    Le NPA condamne évidemment cet acte ignoble et insiste sur le fait que, quelles que soient les conclusions de l'enquête, rien ne peut justifier un tel assassinat. C’est pourquoi nous nous sommes joints, et continuerons de nous joindre, aux initiatives permettant d’exprimer deuil, colère et solidarités suite à ce drame, tout en refusant toute logique d’union nationale avec les faux-amis des enseignantEs et les tenants d’une fuite en avant répressive et d’une stigmatisation accrue des musulmanEs...

     

    L’offensive islamophobe du pouvoir

     

    Un discours de haine et de division s’est immédiatement imposé dans l’espace public, propulsé aussi bien par la droite extrême et l’extrême droite que par le gouvernement Macron-Castex. Ce dernier prétend ne pas vouloir faire d’amalgames... mais assimile l’acte d’un fanatique avec des organisations religieuses, voire avec toute une religion, ou avec des associations comme le CCIF, dont l’activité consiste à défendre juridiquement les musulmanEs contre les discriminations qu’ils et elles subissent...

     

    Surenchère autoritaire et répressive, couvre-feux, violences policières et racistes, interdiction des manifestations… Ce n’est pas un hasard si de telles attaques se multiplient dans cette période d’une crise économique, sociale, écologique et sanitaire sans précédent. Alors que le chômage et la précarité se développent partout, ceux qui nous gouvernent cherchent à imposer l’idée d’une menace venue de l’intérieur, à se dédouaner de leurs propres responsabilités et à nous affaiblir. Le racisme, en particulier l’islamophobie, est un outil pour obliger une partie de la population à rester docile face à leurs politiques.

     

    Contre leur union nationale, pour une autre société

     

    Notre réponse à une société de plus en plus violente et injuste, où la misère sociale se développe, se trouve dans la reconstruction de solidarités de notre camp social, des classes populaires, contre ceux d’en haut. C’est ce qu’a fait la Marche nationale des solidarités, avec la mobilisation en défense des sans-papiers, une réponse pour construire une émancipation collective. Les mobilisations à construire contre le racisme, contre les licenciements, pour le partage du temps de travail sans perte de salaire ou contre les mesures liberticides comme le couvre-feu, sont d’une urgence absolue.

     

    Alors que le capitalisme nous emmène dans le mur, nous en appelons à toutes les organisations de gauche, du mouvement social, à refuser l’union nationale avec ceux qui nous gouvernent pour mettre de toute urgence sur le devant de la scène nos revendications sociales, pour l’égalité dans une société où chacunE pourra vivre librement et dignement.

     

    Le mardi 20 octobre 2020


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  • Jean-Luc Mélenchon annule avec raison
    sa venue sur France 2
    après que cette dernière ait décidé unilatéralement
    de modifier sa programmation au dernier moment
    sans information préalable...
     
    Jean-Luc Mélenchon
     
    Les émissions politiques doivent respecter leurs invités.
    Sur le service public, les opposants aussi ont des droits.
    Castex, Macron, Véran à la suite sur France2.
    Nous ne sommes pas leur décor.
     
     
    Un changement dans l'organisation de l'émission de France2 me conduit à renoncer à ma participation à cette émission. Une prochaine fois peut-être. Désolé.
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
    Antoine Léaument 
     
    Image exclusive de l’équipe qui a préparé cette émission .
     

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  • Clémentine Autain :

    « Plutôt que casting, parlons contenu »

    Mercredi 14 Octobre 2020

    À gauche en sortant de l’hypermarché est le titre du nouveau livre de la députée FI, signataire d’un appel à une candidature commune en 2022.

    Entretien.

     

    Pourquoi avoir choisi la figure de l’hypermarché pour votre livre ?

    Clémentine Autain

    C’est un lieu qui symbolise « l’hyper marché ».

    Fruits de la société de consommation et du capitalisme triomphant au XXe siècle, les hypermarchés comme les centres commerciaux sont des mastodontes physiques qui incarnent à la fois la logique du profit, le gaspillage maximum et la déshumanisation des rapports au travail.

    La caissière, que l’on semble avoir découverte avec la crise sanitaire, est une figure emblématique du prolétariat contemporain.

    À travers ce lieu, on balaie toutes les pathologies de notre société.

     

    J’ai donc construit ce livre comme le parcours-client : du marketing en y entrant pour susciter la pulsion d’achat et l’étourdissement devant la marchandise au grand gaspillage des emballages dès que l’on rentre chez soi ranger les produits.

    Si j’ai choisi un lieu, c’est aussi parce que je crois profondément que lorsqu’on est attaché à la valeur d’égalité, il faut la penser sur un plan social, mais aussi territorial.

    Or, l’installation des hypermarchés a façonné les périphéries urbaines et participé activement à la désertification des centres-villes comme au tout-voiture.

     

    Vous proposez de sortir de cette société « par la gauche ». C’est-à-dire ?

    Clémentine Autain

    Déjà, ça veut dire ne pas en sortir par le projet d’Amazon, sans caisses et sous surveillance, ou par un système à double vitesse comme le hard-discount pour les uns et le bio pour les autres.

    Je propose d’imaginer comment, en sortant des normes néolibérales et de la folie marchande, on peut penser un modèle de développement qui parte de nos besoins pour organiser la société.

    C’est une sortie par la gauche parce qu’elle s’inscrit dans la tradition historique de quête d’émancipation humaine qui l’a façonnée.

    Il s’agit de répondre à nos besoins véritables, et non à ceux, artificiels, fabriqués par le capitalisme.

    C’est le fil qui permet de redonner du sens.

     

    La gauche est-elle en mesure de proposer autre chose, de donner du sens ?

    Clémentine Autain

    Oui. Ce que j’appelle « nouveau tout » est en train d’arriver à maturation, qui allie transformation sociale et écologie.

    Cet alliage est très fort pour bien saisir la société d’aujourd’hui et les transformations nécessaires.

    C’est notre force pour demain.

     

    Jusqu’ici, par exemple, à gauche, on porte la revendication de plus de pouvoir d’achat.

    Or, si on est cohérent avec le progrès véritable dont je parle dans mon livre, on devrait revendiquer du pouvoir-vivre.

    Si l’on veut augmenter les bas salaires, ce n’est pas pour pouvoir acheter plus, mais pour pouvoir vivre dans la dignité et pour faire vivre la justice sociale.

    La façon de présenter les choses peut dégager une nouvelle cohérence.

    L’intérêt des salariés et l’intérêt environnemental sont étroitement liés.

    Si la gauche est radicale, elle prend les problèmes à la racine.

    C’est pour cela que je ne crois absolument pas à un « capitalisme vert ».

     

     

    D’autres, à gauche, croient au capitalisme vert. Vous êtes signataire de « l’appel des 1 000 » en faveur d’un rassemblement pour 2022. Peut-elle y parvenir malgré ce genre de divergences ?

    Clémentine Autain

    On parle beaucoup de la stratégie de chaque parti et du casting.

    Mais commençons par le contenu politique.

    Les alliances nouvelles doivent se fonder sur un diagnostic partagé de ce qui n’a pas fonctionné lorsque la gauche était au gouvernement et sur les conséquences à en tirer pour demain.

    Oui, il faudra rassembler le plus largement possible, dans le pays et pas seulement entre les partis, pour changer vraiment les choses une fois au pouvoir.

    Pour y arriver, il faut un projet neuf de transformation en profondeur, c’est-à-dire qui prenne à la racine les problèmes.


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  • L'urgence démocratique

    Garantir la sécurité et la sûreté

    LFi >>>>>

     

    Sommaire AEC >>>>>


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  • Fil ouvert le 10 octobre 2020

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    Pour Info, une tribune parue ce matin sur France Info :

    «  2022 (vraiment) en commun.

    Appel des 1000

    pour une candidature commune

    écologique, sociale et démocratique

    en 2022 ».

      Texte de la tribune, premiers signataires sur : https://www.2022encommun.fr  

     

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    TRIBUNE.

    "2022, (vraiment) en commun" :

    des élus et activistes de gauche

    appellent à "une alternative écologique, sociale et démocratique"

    au néolibéralisme pour la présidentielle

    Dans ce texte commun, des signataires aussi divers que Thomas Piketty, Clémentine Autain ou encore Damien Carême, lancent un appel à une candidature commune pour l'élection présidentielle de 2022 "sur la base d'un projet de transformation écologique et sociale de rupture".

    France Info >>>>>

    Présidentielle 2022 :

    pourquoi est-il si compliqué de s'unir à gauche ?

    L'économiste Thomas Piketty ainsi que d'autres intellectuels ou personnalités politiques appellent, dans une tribune publiée sur franceinfo, à une candidature commune de la gauche en 2022. Ils veulent rassembler pour parer à une "double urgence : climatique et sociale".

    France Info >>>>>

     

    2022: Piketty, Autain, des élus et activistes appellent la gauche à se rassembler

    Les mille signataires regrettent "un manque de travail commun" pour y parvenir.

    HuffPost >>>>>

     

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    Pour Info, une tribune parue ce matin sur France Info :

    «  2022 (vraiment) en commun.

    Appel des 1000

    pour une candidature commune écologique, sociale et démocratique

    en 2022 ».

      Texte de la tribune, premiers signataires sur : https://www.2022encommun.fr  

     

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    Ensemble !

    Note d'info "Appel 2022"- historique

     

    Voici mon regard sur l’histoire de l’appel unité 2022,

    en gestation depuis l’été.

     

    Plusieurs autres membres d’Ensemble ont pu participer à la discussion ou à la mise en place de cette initiative à des moments différents.

    Ils ou elles pourront compléter ou corriger.

    L’EAN a été mise au courant et a eu des échanges d’informations sur le suivi.

    Se reporter aux comptes-rendus de l’EAN depuis l'été.

     

     

    J’ai été contacté en juillet par des jeunes que j’avais connus au printemps 2017 dans l’Appel des 100 "pour une candidature commune" en 2017.

    Ils avaient auparavant soutenu un moment une « primaire » autour de la candidate Charlotte Marchandise (élue de Rennes, et maintenant présente dans l’appel).

    Ils étaient cet été eux-mêmes en lien avec d’autres équipes jeunes venant de EELV (dont la responsable nationale des Jeunes EELV, Claire Lejeune, animatrice principale de l'initiative), de DIEM25, ou autre.

    La plupart avaient déjà participé cette année à la recherche d’une initiative pour 2022, dont celle intitulée Initiative Commune (initiée par l’ex « frondeur » PS Christian Paul et le journaliste AlterEco Guillaume Duval, lesquels ont estimé au cours de l’été avoir échoué dans leur projet, tout en maintenant la rencontre Festival des idées début septembre, où de nombreux-euses porte-parole politiques gauche et écolo se sont rendus).

    Ils avaient aussi en partie participé à l’initiative Archipel des Jours Heureux, qui a fédéré plusieurs courants politiques ou associations.

     

    Mais leur intention était de continuer à agir dans un moment où les choses semblaient échouer, avec une optique double :

    - rassembler pour 2022 le plus largement possible, avec la précaution d’éviter d’apparaître comme privilégiant un courant ou au contraire écartant, même involontairement, un autre.

    - agir aussi dans le cadre des rendez-vous de luttes ou initiatives de la rentrée : climat, Gilets jaunes, Conseil National Nouvelle Résistance, etc.

     

    Un appel court à une réunion large le 18 août a été lancé (signé aussi par Clémentine Autain).

    Le 18 août (environ 60 personnes), sont donc venus se greffer  : Initiative commune, l’Archipel, des militant-es politiques (exemple courant gauche EELV, mais pas la direction, Ensemble, GDS, Générations, Printemps du communisme, Utopia…) et des « personnalités » intéressées (il y a eu un effet de curiosité).

     

    Une équipe d’animation plus restreinte a été mise en place pour :

    - la rédaction finalisée d’un texte d’appel qui avait commencé à circuler ;

    - l’hypothèse de commissions de travail (projet, actions, com…) ;

    - une initiative pour rendre l’appel public au début de l’automne avec un panel suffisant de signatures les plus diversifiées possible, mais sans « candidat présidentiable » déjà identifié publiquement (de plusieurs centaines, on est donc passé à 1000) ;

    -  un échéancier jusqu’au printemps 2021 pour tester la possibilité de réussir. Début 2021 : grande initiative publique.  

     

    L’appel rendu public le 10 octobre est déjà passé de 1000 à 2000 signataires, et plusieurs autres milliers sont visés dans les jours à venir.

    Une Visio-conférence Zoom national est envisagée.

    Il y a beaucoup de signatures EELV parce que les initiateurs-trices jeunes y sont affilié-es, comme l’historique le montre.  

    Il y a une logique de "réseaux d’ami-es".

    Une partie d’entre eux/elles ont fait une tribune dans le HuffingtonPost (publiée dans la liste du CN fin août), qui les situe assez bien politiquement : plutôt radicaux.

    Voir ci-dessous.

    Encore une fois : d'autres camarades peuvent compléter

    JCM (Ensemble!)


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  • Quand une vidéo des Insoumis

    trouble le débat budgétaire à l’Assemblée nationale

    Dans une vidéo publiée sur Twitter, le député François Ruffin montre la pièce où les amendements sont jugés irrecevables et critique une « censure politique ». Ce petit film a provoqué « l’indignation », mardi soir, dans l’hémicycle.

    Ouest-France >>>>>


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  • Séparatisme : une manipulation politique !

     

    Octobre 2020

    Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples


      

                Dans une société qui affronte une crise sanitaire, sociale et économique, le président Macron a choisi de mettre en scène un débat sur « le séparatisme ».

    Son intervention est explicite : ce sont bien spécifiquement les dérives de l’islamisme qui sont visées.

    Les déclarations du Ministre de l’Intérieur, porteur du projet, ne laissent aucun doute.

     

                Le premier problème est déjà la mise à l’ordre du jour de cette question à l’agenda politique de la France.

    Tout le monde comprend bien que cet affichage, voulu avec entêtement depuis des mois, est avant tout lié au calendrier politique.

    Son objectif est de séduire une fraction de l’électorat, de la disputer à l’extrême droite.

    En réalité, la législation actuelle apporte des réponses à la plupart des problèmes évoqués et le discours présidentiel dresse même paradoxalement un bilan élogieux de l’action déjà menée.

     

     

                Toutes les précautions oratoires n’y changeront rien : ce discours cautionne de fait l’idée que l’islam serait le terreau naturel des dérives extrémistes susceptibles de miner la société.

    Il ne s’agit pas de nier que des dérives peuvent exister ici ou là, mais toutes les religions et idéologies connaissent cette tentation, chez certains, d’imposer leur volonté à l’ensemble de la société, ou à défaut, de vivre en marge du contrat social.

     

    Le président Macron a longuement mis l’accent sur l’éducation : les familles musulmanes sont loin d’être la majorité de celles qui aspirent à éduquer leurs enfants séparément des autres, en dehors de l’école publique.

    Ne cibler qu’une de ces dérives, c’est ouvrir la porte à un amalgame qu’on sait très bien être latent dans une partie trop importante de l’opinion publique.

     

     

                Il ne suffit pas non plus d’affirmer élégamment que « nous avons-nous-mêmes construit notre propre séparatisme » et que la République doit « respecter ses promesses d’égalité et d’émancipation ».

    La ghettoïsation de certains quartiers (qui ne sont pas que les quartiers dits "populaires »), les problèmes sociétaux qui sont le terreau des dérives, les injustices sociales, les discriminations, voilà les vrais problèmes qu’il faut traiter et affronter !

    Comment faire qu’une partie de la jeunesse ne se sente pas rejetée, avec un avenir compromis, à l’intérieur d’une société qui n’arrive pas considérer tous ses enfants comme égaux ?

    Ce sont sur ces questions-là qu’il faut proposer un vrai combat et des mesures concrètes.

     

     

    Le MRAP est sans complaisance avec les idéologies qui confondent séparation et libération et qui rêvent  d’un repli communautaire.

    Mais il dénonce avec force ceux qui jouent politiquement avec ces questions et, de fait, alimentent la montée des haines.

    Il continuera à travailler dans la proximité, tous les jours,  avec toutes les populations, à construire le « vivre ensemble » qui est la vraie réponse aux dérives dites "séparatistes".

     

     

    Jean-François QUANTIN, co-président du MRAP

    Retrouvez cet édito sur le site du MRAP


    Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples
    43 Boulevard de Magenta - 75010 Paris


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  • Appel 2022  article médiapart

    « 2022, (vraiment) en commun »

     

    La société civile parviendra-t-elle à contrecarrer le rouleau compresseur des logiques partisanes ?

    Alors que, chaque semaine ou presque, un nouveau « présidentiable » fait son apparition à gauche, 1 000 personnalités publient ce jour l’appel « 2022, (vraiment) en commun ».

    Lancé sur le site de France Info ce matin, le texte réclame la coalition de toutes les forces de gauche et de l’écologie pour la prochaine présidentielle.

     

    Selon les signataires qui considèrent que « nous ne parviendrons pas à gagner si nous ne parvenons pas à nous unir », il faut opposer au « néolibéralisme […] une alternative écologique, sociale et démocratique, en promouvant une démarche et une candidature communes […] dans une démarche transparente et démocratique »

    Les lanceurs du d’ores et déjà surnommé « appel des 1 000 » comptent, par la suite, passer aux travaux pratiques : tenir une assemblée générale fin octobre, créer des collectifs locaux partout en France. Et, si la dynamique prend malgré les difficultés liées aux mesures anti-Covid, organiser, début 2021, une grande convention pour faire se rencontrer et discuter « de manière lucide et sincère » partis politiques et société civile.

    Un appel à l’unité parmi tant d’autres ? Ces derniers temps, les tribunes unitaires se sont multipliées, semble-t-il, sans impact significatif. Pis : alors même que les municipales ont démontré que les coalitions « rouge, rose, verte » pouvaient s’avérer gagnantes, les (timides) initiatives unitaires liées à 2022 ont toutes fini par échouer : les universités d’été communes à toute la gauche, lancées par le secrétaire national d’Europe Écologie-Les Verts (EELV), Julien Bayou, ont fait long feu, de même que la « convention » pour un programme commun qu’imaginaient mettre sur pied Christian Paul et l’économiste Guillaume Duval, les organisateurs du Festival des Idées.

    Sauf que, pour la première fois, l’initiative, dont l’idée a germé dans les têtes durant l’été, provient des mouvements de jeunesse, qu’ils soient issus des partis d’organisations partisanes (jeunes écologistes, jeunes Génération.s, jeunes de la Gauche Républicaine et Socialiste regroupés au sein du mouvement Résilience Commune) ou non partisanes (collectifs liés aux marches du climat, activistes de l’entrepreneuriat social et de l’antiracisme…).

    « Le texte permet de fédérer tout un écosystème de réseaux de jeunesse qui ne supportent plus que des enjeux aussi cruciaux que le climat ou la question sociale attendent encore des années pour être résolus au plus haut niveau, martèle l’écologiste Claire Lejeune, 26 ans. On est dans une phase de recomposition des imaginaires politiques, mais il faut l’accélérer, en travaillant sur l’articulation entre société civile et partis, avec un objectif clair de prise de pouvoir en 2022. »

    Outre ce vent de fraîcheur venu des millenials, l’autre raison de mettre un peu de baume aux cœurs désespérés est le nombre de signataires. Rédigé il y a quelques semaines, « 2022, (vraiment) en commun » a ainsi engrangé à une folle allure près d’un millier de soutiens, élus, activistes, ou simples citoyens – les « présidentiables » déclarés n’ont pas été sollicités, à dessein. Parmi eux, de nombreux écologistes comme Pablo Servigne (théoricien de la collapsologie), le philosophe Dominique Bourg, Noël Mamère, Michèle Rubirola (maire de Marseille), la nouvelle sénatrice Europe Écologie-Les Verts Raymonde Poncet, mais aussi l’essayiste Corinne Morel Darleux ou la journaliste Marie-Monique Robin.

    Ainsi que des dizaines de syndicalistes, d’intellectuels et d’universitaires : les économistes Thomas Piketty, Jean Gadrey ou Jean-Marie Harribey, l’ancienne présidente d’Attac Susan George, le psychanalyste Roland Gori, la sociologue Dominique Méda, ainsi que les cinéastes Robert Guédiguian et Cyril Dion… On y trouve encore des socialistes (le frondeur Christian Paul, l’ancien ministre François Lamy, ou Isabelle This Saint-Jean, secrétaire nationale au PS), des communistes (la députée Elsa Faucillon…) et une petite poignée d’insoumis, dont la députée Clémentine Autain, seule figure connue du mouvement à soutenir la démarche.

    « Si La France insoumise n’a, hélas, pas voulu s’associer, c’est la première fois qu’un appel aussi large, et venu de la base, est lancé pour tenter de briser l’inertie générale et réclamer une candidature commune », veut croire Alain Coulombel, porte-parole d’EELV, qui avoue au passage sa « colère » contre « les désirs d’hégémonie des partis et les carrières personnelles qui bloquent toute perspective de victoire », y compris au sein de son propre parti.

    « Notre objectif n’est pas de créer une machine de guerre contre tel ou tel parti, prend soin de préciser Pierre Khalfa, de la Fondation Copernic, persuadé que 2022 ne se fera pas sans Jean-Luc Mélenchon. Mais de dépasser les logiques d’appareils qui émiettent les candidatures et favorisent les intérêts particuliers, pour aboutir à un socle commun de propositions et à un seul candidat. » « Candidat et programme : il faut tout faire en même temps », insiste celui qui se souvient avec un peu d’amertume du travail programmatique réalisé, des mois durant, par les collectifs antilibéraux à la suite du référendum constitutionnel européen de 2005 : faute de candidature commune pour les porter en 2007, les propositions avaient fini à la poubelle…

    Cette fois donc, plus question de laisser passer le coche. « Dernièrement, l’inflation des appels et tribunes exigeant l’unité avait un côté un peu ridicule, mais, en l’occurrence, il n’y a pas d’autre solution si on ne veut pas offrir un boulevard au bloc libéral de Macron et au bloc identitaire de Le Pen, souligne le réalisateur du documentaire Demain, Cyril Dion. Le paysage actuel montre qu’il n’y a ni dynamique, ni récit d’avenir qui peut mobiliser les gens. Il faut donc que ça change. »

    « J’ai signé comme citoyen désespéré par la situation actuelle, explique quant à lui le sociologue Camille Peugny. Et il ne faudrait surtout pas que l’on imagine pouvoir seulement dupliquer ce qui a été fait aux municipales autour d’EELV. Prendre trois grandes villes avec 30 % de participation, ce n’est pas la même chose que concourir à une élection nationale où 80 % des électeurs vont aux urnes. On a besoin de tout le monde. Et notamment de La France insoumise. »

    Sébastien Barles, ancien candidat EELV aux municipales à Marseille, était parti en solitaire en mars dernier. Aujourd’hui, il ne veut plus reproduire les mêmes « péchés d’orgueil ou de pureté » qu’il y a six mois : « On doit sortir de la logique individuelle stérilisante de la Ve République et créer un vrai collectif qui ressemble à ce qu’on prône concernant la réforme des institutions », souligne celui qui imagine un ticket, si possible paritaire, de deux candidats, avec un Jean-Luc Mélenchon qui aurait pour charge de mettre en œuvre la constituante qu’il appelle de ses vœux pour passer à la VIe République.

    Une campagne présidentielle où une nouvelle force viendrait subvertir les règles de la rencontre « d’un homme et d’un peuple » : un doux rêve politique ?

    Le socialiste François Lamy, lui, ne croit guère qu’un appel bousculera les routines et aventures personnelles. Ce qui ne l’empêche pas de voir dans l’appel « une bonne piqûre de rappel » à l’endroit des états-majors : « Quand on regarde les divisions à l’œuvre, on peut se dire que c’est désespéré, mais quand on va sur le terrain, les gens veulent l’unité, car ils savent qu’à plusieurs, la partie est perdue, et que seule une gauche écologisée peut répondre aux problèmes écologiques et sociaux. »

    « L’union, si elle peut avoir lieu avant 2022 – ce qui est très court –, suppose à la fois un aggiornamento des anciens partis de gouvernement, mais aussi une ouverture des partis qui se battent sur une ligne radicale », avertit, de son côté, Clémentine Autain qui a observé avec inquiétude le récent sondage du JDD du week-end dernier. Testant un certain nombre de candidatures pour 2022, il montrait le manque de fluidité entre les électorats d’une gauche représentant, en tout et pour tout, quelque 25 % du corps électoral...

    Le chemin vers 2022 sera donc ardu. D’abord, parce que tenter de mobiliser les foules pour l’unité en pleine crise du Covid n’est pas une mince affaire. Ensuite, parce qu’entre la probable déclaration de candidature de Jean-Luc Mélenchon fin novembre, le congrès du PS en décembre, les élections régionales au printemps prochain, et la primaire des Verts qui pourrait être organisée dans la foulée, les occasions de se déchirer ou, du moins, de rester dans son couloir, ne manqueront pas.

    Reste que le désir d’unité continue, par petites touches, de s’inviter dans le débat public. La semaine prochaine, les trentenaires composant le mouvement de la « Rencontre des Justices » se réuniront à Jambville (78), pour fédérer les luttes autour de l’égalité. Hier, est aussi paru, sur le site de Mediapart, un appel à faire l’unité entre les Verts, les roses et les rouges aux régionales en Île-de-France, pour battre la sortante de droite, Valérie Pécresse. Les deux principaux concurrents à gauche, Julien Bayou, qui veut être tête de liste pour les Verts, et la socialiste Audrey Pulvar, ont, paraît-il, lu le texte avec bienveillance.


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  • Tribune

    Gérald Darmanin et l'«islamo-gauchisme»,

    qualificatif usé jusqu’à la corde

    Par Alexis Corbière, Député de la Seine-Saint-Denis (LFI) 9 octobre 2020
     
    Libération >>>> 9 Octobre 2020
     
    La réponse de Darmanin >>>>> 12 Octobre 2020 Libération

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  • Départementales, régionales :

    La France insoumise appelle à des programmes communs

    22 septembre 2020

    LFI >>>>> Texte national

     

    LFI Bretagne en Commun >>>>>

     


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