La Faille
Sur le visage du monde, au front de nos contemporains, il y a ce pli d’inquiétude.
Nous sentons le frisson qui parcourt la planète, ces rafales irrégulières qui viennent gifler et griffer nos existences entremêlées.
Nous sentons que la terre se tend, qu’un grondement sourd la traverse, que des failles s’y dessinent.
Nous savons plus ou moins confusément n'en avoir pas fini avec les catastrophes.
Sans les nier, ni sans les augmenter, il s’agit donc de ne pas s’y résoudre.
Comme l’écrivait Victor Hugo : « Tenter, braver, persévérer, s’être fidèle à soi-même, prendre corps à corps le destin, étonner la catastrophe par le peu de peur qu’elle nous fait ».
Ne pas maquiller ce pli d’inquiétude persistant, l’écouter, le comprendre, en attaquer la cause.
De ce pli, faire une ride, une marque du passé.
Ce pli sur nos fronts est le reflet de cette faille sur le monde.
« Une faille est plus qu’une simple fissure, dans tout son étirement, mais elle n’est pas encore une fracture, irréparable. Il reste un monde des possibles, pour mieux nous relier. »
De ce qui vient, nous ne savons pas tout, nous ne pourrons tout maîtriser, mais on nous trouvera debout, cherchant à gagner de la hauteur et de la profondeur, cherchant à agir avec d’autres, avec chacune et chacun, c’est-à-dire à faire de la politique.
Avec ce qu’il faut de calme et ce qu’il faut de passion, avec ce qu’il faut de révolte et ce qu’il faut de tendresse, avec ce qu’il faut d’exigences pour aujourd’hui et ce qu’il faut d’espoirs pour demain. Dans cette faille, dans ces failles, il y a un espace pour la politique...
DM!