Publié depuis Eklablog
On ne sait si, jeudi, depuis les jardins de l’Élysée, le chef de l’État s’est adressé aux Français et à leurs inquiétudes ou s’il répétait un one-man-show privé pour l’université d’été du Medef.
À vrai dire, on sait.
Pour son retour à la tradition de l’interview du 14 Juillet, Emmanuel Macron s’est montré tel qu’il est : un président de droite.
Sur un ton imperturbablement professoral, interrompant des journalistes aux questions pourtant peu embarrassantes, il a déroulé un « monologue » satisfait que ne perturbent ni les conditions réelles de la vie des Français ni les résultats électoraux – ceux des législatives, en l’occurrence.
Pouvoir d’achat ?
La réponse prendra la forme du bâton puisque, en gros, Emmanuel Macron a annoncé que des textes de loi auront pour objectif de forcer les gens à accepter n’importe quel salaire.
Transition écologique alors que canicule, sécheresse et incendies rythment comme jamais la vie du pays ?
La martingale semble s’appeler « sobriété » et une « chasse au gaspi » qui sent les années 1970, renvoyant à l’attitude de chacun là où le défi posé nécessite une action publique collective.
Le scandale Uber ?
Il assume, il le referait, repeignant son rôle d’« infiltré » des Gafam, dynamiteurs des réglementations sociales et fiscales, en héraut des jeunes des quartiers difficiles.
L’avenir ?
« Travailler plus et plus longtemps » avec un report de l’âge du départ à la retraite à 65 ans.
Bref, la France des cheveux gris et des portefeuilles plutôt bien garnis – la moitié de son électorat – a pu se repaître des formules présidentielles.
Bien à droite, le président de la République est pourtant bien affaibli, la majorité relative dont disposent ses troupes à l’Assemblée nationale reflétant l’état de minorité dans lequel se trouve son projet politique.
Il aura mis un certain talent à masquer cette réalité lourde de la vie politique.
L’admettre l’aurait, il est vrai, conduit à reconnaître qu’il lui faudra faire preuve de plus de brutalité pour encore l’imposer.