• La difficile construction d’un nouveau bloc hégémonique :

    sortir de la servitude passionnelle

    Le bloc hégémonique qui s’est imposé en 2017 en France sert directement les intérêts d’une élite financière, patrimoniale et statutaire. Mais ce bloc élitaire n’aurait pas pu se constituer s’il n’avait bénéficié du soutien direct ou indirect d’une partie significative des classes moyennes ainsi que de certaines fractions des classes populaires [1]. Le pouvoir des classes dirigeantes s’appuie pour l’essentiel, au-delà de l’imposition de sa propre violence symbolique, sur le consentement, l’accommodement ou la servitude involontaire des catégories dominées. Il semble que les intérêts des différentes catégories sociales soient modelés par les représentations qu’elles se font de leur position dans l’espace social et de leur identité supposée. La construction d’une alternative au pouvoir hégémonique du bloc dominant ne pourra advenir politiquement que sous réserve de présenter, d’organiser et de rendre légitime une nouvelle façon de voir le monde économique et social. Il s’agit de refonder les règles du jeu et les finalités des organisations afin de s’émanciper définitivement du modèle social-libéral et plus généralement du néolibéralisme. Fondamentalement, les questions politiques clefs à venir sont celles qui porteront sur la manière de produire (entreprise), de financer (banques) et de répartir équitablement les richesses (État et planification démocratique). Par Daniel Bachet, professeur émérite à l’université d’Evry Paris-Saclay, chercheur au centre Pierre Naville.

    Le Vent Se Lève >>>>>


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  • Gisèle Halimi :

    une avocate anticolonialiste et féministe d’un grand courage

    Par Josette Trat

    Europe Solidaire Sans Frontières >>>>>


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  • LE MASQUE ET LA VIE

    Par Michel Rosenzweig (philosophe et psychanalyste)

     

     

    Vivre masqué en permanence dans les espaces clos et à l'extérieur alors que ce virus circule à bas bruit est un non-sens total.

    Et quoi qu'en pensent les adhérents au masque obligatoire qui n'y voient toujours rien d'autre qu'une simple mesure d'hygiène envers les autres, ce qui reste encore à démontrer, c'est toute la vie quotidienne qui est affectée et durablement.

     

    Car tout est à présent soumis au règne du masque obligatoire, les moindres gestes, la moindre action, les moindres déplacements, les visites, les rendez-vous, c'est toute notre vie quotidienne qui est à présent régie et rythmée par ce régime du masque : sortir, faire ses courses, aller chez le coiffeur, au restaurant, dans un bar, un musée, au cinéma, faire du sport, de la danse, etc. etc.

     

    Et si ce régime est imposée aujourd'hui dans des conditions sanitaires saines, qu'en sera-t-il lorsque les autres coronavirus mutants et les influenza reviendront bientôt ?


    Au moindre rhume, aux moindres symptômes grippaux, que fera-t-on?


    Si ces contraintes limitantes drastiques sont imposées alors qu'elles ne se justifient pas aujourd'hui, à quelles mesures aurons-nous droit à la saison des grippes?

     

     

    Dans ces conditions, il est clair que ce régime sera maintenu sans aucune limite de temps.

    C'est un peu comme si on avait érigé un immense barrage face à une hypothétique vague démesurée, un tsunami dont la survenue est loin d'être certaine.

    C'est un peu aussi comme le désert des Tartares avec sa forteresse érigée contre un ennemi qui ne venait jamais.


    Nous avons basculé dans un univers de précaution absolue visant l'asepsie et le risque zéro pour préserver la vie et nous sommes en réalité en train de perdre la vie.

    Car la vie n'est pas la survie.

     

    Lorsque vous marchez dans une rue commerçante de votre quartier et qu'un inconnu masqué vous fonce dessus pour vous prévenir que la police vient de verbaliser deux personnes pour non port du masque alors que rien n'indique qu'il est obligatoire dans ce secteur, vous réalisez qu'il se passe quelque chose qui n'a strictement rien à voir avec la santé.

    Lorsque vous prenez les transports en commun et que des patrouilles de police sanitaire arpentent la plateforme en dévisageant les passagers, vous comprenez que ce monde est devenu invivable.

    Lorsque vous entrez dans votre bistrot familier et qu'on exige de vous de mettre votre masque pour faire 2m50, et qu'en vous installant, la serveuse masquée vous présente un carnet dans lequel vous êtes invité à indiquer votre nom et votre numéro de téléphone pour être autorisé à manger, vous comprenez que rien ne sera jamais plus comme avant et que la joie, le plaisir de sortir, la convivialité, les échanges et les partages dans ces conditions, c'est terminé.

     

    Je suis désolé pour toutes les personnes qui approuvent ce régime de dictature sanitaire, sincèrement, car je pense qu'elles ont perdu leur sens commun, leur bon sens, leur faculté de juger et de discriminer.

    Et je le pense sincèrement.

    Ces personnes qui en insultent d'autres sont en réalité atteintes d'un autre virus bien plus toxique, celui de l'intoxication médiatique et du formatage des cerveaux alimenté et entretenu par la propagande médicale et politique anxiogène et contre lequel il n'y a aucun remède ni aucun vaccin.

     

    Ce masque qu'ils exigent parfois avec violence au nom de leur santé en masque en réalité un autre, celui qui voile leur conscience et surtout leur liberté de conscience, de penser, d'apprécier et d'évaluer correctement la situation, celui qui voile la raison au profit du fantasme de la maladie mortelle qui rode à chaque coin de rue, celui de la peur panique d'être contaminé par la peste.

     

    D'abord il y a eu un virus.

    Ensuite des malades, puis des morts.

    Comme chaque année à la même saison, cette année l'aire des morts aura juste été plus concentrée sur une plus courte période.

    Mais au total, comparé aux pics épidémiques annuels et saisonniers ?

    Prenez la peine honnêtement de regarder un graphique de santé publique étalé sur les dernières années.

     

    C'est la visibilité de cette épidémie qui a choqué les consciences et construit une image, une représentation erronée de la réalité, une discordance, ce sont les discours et les messages changeants, les injonctions contradictoires et paradoxales, les conflits d'intérêts de toute catégorie, l'instrumentalisation, la récupération et l'exploitation politiques de l'épidémie qui ont brouillé la lisibilité correcte et rationnelle de cet épisode.

     


    Oui il y a eu une épidémie due à un coronavirus dont l'origine demeure mystérieuse pour moi et pour d'autres.

    Oui les plus fragiles et les plus âgés en ont été victimes.

    Soit.

    Et alors ?

    Est-ce une raison suffisante pour imposer ce régime de dictature sanitaire totalement disproportionné au moment où nous avons besoin de légèreté et d'air ?

    Est-ce une raison pour enfermer et astreindre toute une population au moment où rien ne le justifie lorsqu'on regarde les courbes des hospitalisations et des décès ?

     

    Et après ?

    Le contrôle électronique et numérique des contaminés ?

    Des codes de couleurs ?

    Un bracelet électronique pour les pestiférés ?


    Et puis pourquoi faire croire que ce régime prendra fin avec un vaccin alors que l'on sait parfaitement bien qu'aucun vaccin contre un coronavirus n'a jamais vraiment fonctionné ?

    Si les vaccins contre la grippe saisonnière fonctionnaient massivement, on le saurait me semble-t-il.

    A-t-on éradiqué la grippe avec un seul vaccin ?

     

    Alors j'avoue, oui, j'avoue et je reconnais volontiers que je suis atteint d'un syndrome très connu : celui du canari dans la mine.

    Vous savez, cet oiseau que les mineurs emportaient pour les prévenir du gaz méthane qui s'échappait du charbon, un gaz incolore inodore et indétectable.

    Lorsque que le canari s'endormait, ou mourait, il était temps de sortir.

     


    © Michel Rosenzweig


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  • Jeudi, 6 Août, 2020  - L'Humanité >>>>>

    Mémoire.

    Jean-Baptiste Belley,

    le héros oublié de la République

     

    Premier député noir, l’homme a mené une vie à l’image de son époque, vertigineuse.

    Une initiative lancée par Alexis Corbière (FI) cherche à réhabiliter ce héros de la Révolution.

     

    Esclave affranchi, élu en 1793 député de Saint-Domingue – devenue ensuite Haïti –, Jean-Baptiste Belley fut le premier député noir de la République, mort le 6 août 1805.

     

    Mais que reste-t-il aujourd’hui de cet héritage hors du commun ?

    Dans les programmes scolaires, pas une trace.

    Dans nos villes, il doit se contenter d’une rue à Basse-Terre (Guadeloupe), ainsi que d’une place à Pantin (Seine-Saint-Denis), inaugurée en 2017.

     

    « On a construit l’oubli de l’importance coloniale dans l’histoire de la Révolution », estime Pierre Serna, professeur des universités à la Sorbonne et spécialiste de cette période.

    Mais, dans un contexte marqué par la résurgence des revendications noires, au travers notamment du mouvement #BlackLivesMatter, certains acteurs se mobilisent pour replacer Belley dans l’Histoire.

    Alexis Corbière, député FI de Seine-Saint-Denis, avait déjà envoyé, en novembre dernier, une lettre au président de l’Assemblée nationale – initiative partagée avec les 17 députés de son groupe – pour lui demander de rapatrier au palais Bourbon le seul portrait connu de Jean-Baptiste Belley.

    Peinte en 1797 par Anne-Louis Girodet, l’œuvre est pour l’instant conservée dans le discret musée de l’Histoire de France, à Versailles.

    Aucune réponse de Richard Ferrand.

    Qu’à cela ne tienne, l’insoumis vient de renvoyer une seconde missive, plus ambitieuse, expliquant la nécessité de renommer une salle de l’Assemblée en hommage à Jean-Baptiste Belley.

    « C’est une histoire qui ne peut pas être oubliée, car elle revêt un caractère universel », argumente le député, ancien professeur d’histoire, qui a d’ailleurs dédié au député noir un chapitre de son livre Jacobins ! (Perrin, 2019).

     

    Mais que retenir alors de la vie de ce révolutionnaire, si ce n’est qu’elle est marquée du sceau de l’oubli ?

    « Jean-Baptiste Belley est un homme de trois révolutions : américaine, française et haïtienne », explique Pierre Serna .

     

    Américaine, car il combat avec les forces révolutionnaires états-uniennes, en participant notamment au siège de Savannah, en Géorgie, où son nom est d’ailleurs gravé sur un monument.

    Française, car, élu député, il siège à la Convention, puis au Conseil des Cinq-Cents.

    Haïtienne enfin, car, esclave affranchi, il participe à l’abolition de l’esclavage sur l’île.

     

    Sa vie est un combat perpétuel pour l’émancipation.

    Ancien esclave, il serait né sur l’île de Gorée, au large du Sénégal, puis vendu à l’âge de 2 ans avec sa mère à un esclavagiste en partance pour Saint-Domingue.

    Devenu « libre par (son) industrie » comme il l’explique devant la Convention, il est ensuite perruquier, avant de s’engager dans l’armée.

    «Belley est un personnage qui a toutes les vertus du républicain.

    Il est courageux, c’est un soldat de la démocratie,

    un produit de la méritocratie », analyse l’historien.

     

    L’abolition de l’esclavage sur son île est proclamée le 29 août 1793, dans un contexte tendu.

    Après de nombreuses révoltes, la Convention proclame l’accès aux droits civiques pour les hommes libres de couleur de Saint-Domingue.

    Pour faire appliquer la mesure, deux commissaires républicains sont envoyés sur l’île.

    Ces derniers iront plus loin, en proclamant l’abolition complète.

    Cet événement permet à Jean-Baptiste Belley d’être élu député.

    Problème : il doit se rendre à Paris pour faire reconnaître son mandat.

     

    À Philadelphie, escale nécessaire à l’époque pour se rendre en Métropole, un esclavagiste lui demande de quel droit se permet-il de commander des Blancs.

    « Et pourquoi pas ? Quand on sait sauver des Blancs et les défendre, on peut bien les commander », lui rétorque alors Belley .

    Cette anecdote témoigne du courage du député, qui hérite du surnom Mars, en référence au dieu de la guerre romain.

     

    Arrivé en Métropole en janvier 1794, il fait face au racisme des esclavagistes, qui multiplient les pressions et dénonciations calomnieuses auprès du Comité de sûreté générale.

    Emprisonné, il n’est libéré que le 3 février et son mandat officiellement reconnu le lendemain.

    C’est d’ailleurs lors de ce même 4 février 1794 que Louis-Pierre Dufay, député comme Belley de Saint-Domingue, prononce devant la Convention un discours exposant la réalité de l’esclavage.

    Est alors adopté un décret abolissant la pratique dans toutes les colonies, cinq mois après Saint-Domingue.

     

    Mais cette loyauté sans faille à la France amènera également Belley à sa perte.

    En 1802, il participe à une expédition lancée par le nouveau consul Bonaparte, contre les velléités indépendantistes de Toussaint Louverture, aussi esclave affranchi mais défenseur de l’indépendance de ce qui deviendra deux ans plus tard Haïti.

    Mais, « Bonaparte n’accepte pas qu’un Noir ait un grade supérieur à celui de commandant. Il le rétrograde », explique Pierre Serna.

    Plus grave, Napoléon rétablit l’esclavage en mai 1802, balayant alors l’héritage de la Révolution.

    « C’est une régression incroyable », abonde l’historien.

    Belley est alors escorté jusqu’à Belle-Île-en-Mer, placé en résidence surveillé, où il est mort de la tuberculose le 6 août 1805.

     

    Deux cent quinze ans après sa mort, son absence illustre la négation historique du rôle des colonies dans la Révolution.

    Pourtant la vie de Jean-Baptiste Belley illustre son époque.

    C’est une représentation de ce que fut la France révolutionnaire puis bonapartiste, avec ses exploits et ses travers.

    Un Noir, visage de l’histoire de France, dont la reconnaissance par les institutions « replacerait l’abolition de l’esclavage dans l’histoire de Révolution », estime Alexis Corbière.

     

    Jules Fresard
     
    Jean-Baptiste Belley Wikipédia >>>>>  

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  • Lettre publique à Monsieur le Maire de Colombes.
     
     
    Monsieur,   
     
    Je veux par la présente vous dire merci, et vous témoigner de mon soutien pour vos propos commémoratifs de la rafle du Vel d'Hiv.
     
    Mon premier merci est au titre de Français Juif profondément marqué par ce que fut la shoah. Le souvenir de cette période terrible m'a été transmis par les témoignages familiaux. Tant de souffrances doit trouver le chemin des mots pour porter de l'apaisement, tout autant que pour transmettre un savoir qui fasse résistance à cette « bête immonde » qui toujours peut « renaitre de ses cendres ». En tirant un lien entre hier et aujourd'hui c'est ce que vous avez fait avec dignité. C'est bien pour cela que tant de  reproches vous tombent dessus. Ceux qui vous font grief détournent de la leçon de l'histoire et préparent à une brutale répétition. 
     
    Les rugissements contre vous sont si forts qu'il faut revenir sur le sens de votre discours. Lorsque vous accomplissez un lien entre les abominables souffrances infligées aux migrants et celles que durent affronter mes ancêtres vous faites écho à de nombreux penseurs Juifs. J'en retiendrai ici deux, pour ne pas être abusivement long. La première est l'immense Hannah Arendt, dans « Eichmann à Jérusalem ». Elle a ces mots qui pour moi ont été révélations, ont donné sens à mon malaise devenu répulsion devant le tour qu'a pris l'évocation de la shoah : (page 49, foliohistoire) ce  « crime contre l'humanité sur le corps des juifs » est ramené à un crime contre les juifs. De l' universelle leçon du crime contre l'humanité, dont nous devons nous armer pour combattre tous les crimes contre tous les peuples, le discours a dérivé vers un kaddish en boucle destiné à enfermer les Juifs dans la peur de l'autre. Hannah Arendt cite Ben Gourion (p 54) pour qui le Juif est destiné à affronter un monde hostile », « nous voulons que tous les pays... aient honte ». En somme une idéologie de ghetto. C'est ce qu'exprime mon second exemple, Théo Klein dans « sortir du ghetto » (édit Liana Levi). Théo Klein est un ancien Président du CRIF, en un temps où le CRIF était tout autre chose que cette caricature qu'il est devenu. « Je m'interroge sur notre attitude, sur notre manière de mettre la shoah en avant » dit-il page 53. Il écrivait cela il y a 12 ans, il n'y avait pas encore cette prolifération de stèles commémoratives qui transforment nombres de rues de Sarcelles ou d'Enghien en mur des lamentations. Ces plaintives lamentations enferment dans le passé et servent de justificatifs à des conduites qui ne seraient tolérées pour aucun autre peuple. Voilà, Monsieur le Maire, avec quoi vous avez rompu, me rendant à moi la possibilité de me souvenir de ce crime dans la dignité de ceux qui ont souffert, dans la fraternité humaine de tous contre toutes les barbaries. 
     
    « Ne te sépare pas de la collectivité » ( Talmud, cité page 111)
     
     
    Mon second merci concerne vos mots évoquant la Police. Crime de lèse majesté que de pointer du doigt ce qui déraille, et déraille dangereusement. Des jeunes (et moins jeunes) meurent au court d'interpellations mais ce n'est pas grave. Des manifestants perdent un oeil dans les manifestations mais ce n'est pas grave. Des policiers profèrent des mots violents et racistes sur leurs pages Facebook mais ce n'est pas grave. Des policiers gazent et nassent des manifestants mais ce n'est pas grave... Rien n'est grave... Et comment l'histoire pourrait ne pas se répéter avec tant de déni ? J'entends ce syndicaliste policier fier de la formation dispensée, fier du rôle de la police dans la résistance. Mais se pose-t-il la question du comportement majoritaire et en premier lieu hiérarchique dans les années qui ont précédé ? Parce que ce n'était déjà pas grave à l'époque beaucoup a été rendu possible ? Et a-t-il oublié la guerre d'Algérie, Charonne ?  Et les manifestations contre la « loi travail » ? Et la directive « nettoyer au karcher » ? Se pose t il des questions ? Au moins secrètement....
     
    Se souvenir du passé pour interroger le présent est salutaire. Il faut comprendre le passé pour échapper à des voies terribles qui peuvent à nouveau salir l'uniforme. C' est bénéfique pour tous, pour chaque citoyen comme pour chaque fonctionnaire de police qui a à coeur d'accomplir dans la dignité son dur métier. 
     
    Se souvenir du Vel d'Hiv, c'est avoir en tête les ordres donnés et accomplis à l'encontre de la population juive. C'est aussi avoir en mémoire ces individus dignes de leur fonction, ce policier venu avertir mon oncle que « quelque chose de grave allait se passer et qu'il devait partir immédiatement ». C'est ce gendarme qui a sauvé ma grand mère et ses deux petites filles venues échouer dans une gare du sud ouest en tentant de passer « au sud » (pendant quelques jours la ligne de démarcation passait, dans cette gare, entre les voies de chemin de fer. Pendant cette très brève période quelque juifs étaient ainsi parvenus à franchir la ligne). Ce gendarme avait apporté un soutien moral, puis était aller acheter les billets de train pour le retour (témoignages de ma mère). Se souvenir de tout cela c'est prendre conscience du choix toujours possible, toujours disponible. Prendre conscience de cela c'est ne jamais renoncer à ce qui fait dignité. Prendre conscience de cela c'est regarder en face la gravité de ce qui se passe aujourd'hui. 
     
    Rencontrant beaucoup de policiers, discutant par divers biais avec plusieurs, je sais que nombreux sont ceux qui éprouvent de douloureux questionnements. Ils ne savent comment faire. Leurs mots sont bien plus conscients que ceux de leurs représentants syndicaux télégéniques. 
     
    Monsieur le Maire, par votre prise de parole sincère vous avez contribué à ce qu'avance une prise de conscience. Est-il encore temps avant une déflagration ? Je ne sais, mais il ne faut jamais renoncer à proposer une voie constructive, une prise de conscience. Rien n'est impossible à l'humain. Je n'ai pas l'honneur de vous connaître. Je crois savoir que mon « engagement » politique est légèrement différent du votre : vous êtes à EELV je suis un Insoumis. Cette petite différence ne modifie pas mon respect, mon soutien, ma fraternité devant la position qui a été la votre. Honneur à vous.
     
    Serge Grossvak 
     

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  • Le sondage qui fait débat:

    la gauche est-elle en train de disparaître?

    Dans une enquête de l’Ifop pour Le Point publiée le 22 juillet, le score de la gauche est si faible et l’évolution vers la droite si brutale que ces résultats interrogent.

    HuffPost >>>>>

    Sondage IFOP >>>>> Juillet 2020


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  • 10 juillet 1940 :

    le vote des pleins pouvoirs à Pétain

     

    Le 10 juillet 1940, par 569 voix pour, 80 contre et 17 abstentions, les députés et sénateurs français rassemblés à Vichy votaient les pleins pouvoirs à Pétain.

    Ils approuvaient la fin de la République, accordant quasiment tous les pouvoirs à un vieux maréchal réactionnaire.

     

    Fil ouvert le 10 juillet 2020

    mis à jour 24 juillet 2020

    Lutte Ouvrière >>>>>

     

    Depuis le 26 septembre 1939  :

    Le parti communiste français a été interdit

    pour avoir dénoncé la guerre.

    Ses responsables et ses députés ont été arrêtés,

    ses locaux fermés.

    Ses militants sont pourchassés et emprisonnés.

    Beaucoup passent dans la clandestinité.


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  • Mercredi, 22 Juillet, 2020

    On connaît la chanson, pas les paroles (7/14). 

    Bruce Springsteen :

    le pamphlet incompris de Born in the USA

     

    Interprété à tort comme un hymne patriotique, le titre le plus célèbre du Boss raconte pourtant les vies brisées des prolétaires partis faire le Vietnam.

     

    Donald Trump adore mettre en doute la nationalité américaine de ses adversaires.

    Principal promoteur des fake news autour des origines de Barack Obama, le magnat s’est trouvé, en janvier 2016 alors en pleine campagne pour la primaire républicaine, une nouvelle tête de Turc : Ted Cruz, son principal rival.

    Le sénateur texan a le malheur d’être né de l’autre côté de la frontière, au Canada.

    Alors, pour le « troller », le futur 45 e président des États-Unis choisit de lancer Born in the USA, titre iconique de Bruce Springsteen, à chaque entrée de meeting, histoire de bien rappeler que lui est un patriote, un vrai.

     

    Un des plus grands malentendus du rock’n’roll

     

    Se faisant, le populiste milliardaire s’inscrit dans la droite lignée de Ronald Reagan et Walter Mondale en 1984 ou de George Bush père en 1992…

    Autant de candidats au bureau ovale qui ont voulu récupérer l’hymne rock du « Boss » pour en faire un outil de propagande électorale, sans comprendre un traître mot au sens de la chanson.

     

     

    Car Born in the USA, c’est l’histoire d’un des plus grands malentendus du rock’n’roll.

    Si on ne se tient qu’au refrain, époumoné par Springsteen de sa voix grave et gutturale, il est aisé de n’y voir qu’une exaltation bas du front du simple fait d’être né en Amérique.

    Pourtant, l’enfant du New Jersey y raconte l’impossible réinsertion d’un prolétaire né dans une « dead man’s town » (un trou paumé), à qui la nation a mis « un fusil dans les mains » pour aller «  tuer l’homme jaune » dans un «  pays étranger ».

    À son retour aux États-Unis, le narrateur-chanteur n’a « nulle part où fuir, nulle part où aller » et finit « dans les ombres de la Refinery », en référence à un pénitencier du New Jersey.

     

    La portée mélancolique du morceau révélée entre deux riffs

    C’est bien des fantômes du Vietnam dont s’empare Bruce Springsteen.

    Réformé à la suite d’un accident de moto, le rockeur a échappé à cette boucherie qui tuera 58 000 « boys » de 1955 à 1975, et entre 3 millions et 4 millions de Vietnamiens, pertes civiles comprises.

    Bart Haynes, ami de Springsteen et batteur de son premier groupe (The Castiles), tombera au front en 1967.

     

    « J’avais un frère à Khe Sanh, on se battait contre les Viêt-cong, ils y sont encore, lui n’est plus », s’égosille le chanteur au quatrième couplet, révélant entre deux riffs de guitare la portée mélancolique du morceau.

    Un écho direct au siège de Khe Sanh, en 1968, épisode emblématique des traumas de la guerre.

    Au prix de 15 000 pertes, de quatre mois d’éprouvants combats, les GI l’avaient emporté, mais cette victoire se révéla n’avoir aucune importance stratégique.

     

    Une chanson née dans la mauvaise décennie

    À l’origine, Born in the USA, écrit en 1981, portait le titre davantage explicite de « Vietnam ».

    Il était pensé comme une ballade et devait accompagner un film éponyme de Paul Schrader, dans lequel Springsteen était supposé occuper le premier rôle, mais qui restera inachevé.

    Le tube ne sort dans la version que l’on connaît qu’en 1984, le rock en plus, sous l’impulsion du producteur Jon Landau.

     

    La musicalité et la puissance du refrain ont sans doute entretenu la confusion, en créant un décalage avec des paroles pessimistes.

    Pour Bruce Springsteen, l’homme des classes populaires, des petites villes déclassées, « reçoit son premier coup dès lors qu’il touche le sol » et finit « plus battu qu’un chien » par la vie.

    Et ce, même s’ « il est né aux USA ». Comprendre : la nation dont on fait l’éloge n’est pas fichue de protéger ses fils. Pire, elle les envoie à la mort.

     

    Peut-être aussi que la chanson n’est pas née dans la bonne décennie.

    Les grands titres rock contre la guerre du Vietnam (Fortunate Son, de Creedence Clearwater Revival, War Pigs, de Black Sabbath…) appartiennent davantage à la fin des sixties, aux années Woodstock.

    En 1984, l’Amérique est sur les rails de la « révolution conservatrice » de Ronald Reagan, élu la même année. Chuck Norris et ses ersatz sont les héros d’une nation tout en muscles et en virilité, capable de prendre au premier degré Born in the USA et d’ignorer ses couplets.

     

    Bruce Springsteen souffrira longtemps de ce malentendu.

    Jusqu’à parfois abandonner complètement cette version en concert, pour lui préférer un blues qui sied mieux au ton de la chanson.

    Et épuré de ce maudit refrain.


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  • L'Univers s'affiche en 3D dans la plus grande carte jamais réalisée

    Elle a été conçue par des scientifiques du monde entier, à partir de l'analyse de plus de quatre millions de galaxies et de quasars.

    France Info >>>>>


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  • À paraître le 9 septembre
     
     
    Le parti rouge
    Une histoire du PCF, 1920-2020
    Roger Martelli, Jean Vigreux et Serge Wolikow
     
     

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