• Pcf. Défaites et reconquêtes communistes

    Mardi, 30 Juin, 2020

    Pcf. Défaites et reconquêtes communistes

     

    Plus de quinze communes comptant au-delà de 10 000 habitants ont été perdues dimanche soir, dont Saint-Denis, Champigny-sur-Marne et Arles.

    Mais Villejuif et Bobigny sont reprises, et le parti garde un solide ancrage local.

     

    Les communistes ont pris et rendu des coups dimanche soir, lors du second tour des municipales.

    « Nous maintenons le nombre de municipalités PCF de plus de 3 500 habitants, avec environ 140 communes.

    Par rapport à 2014, nous avons moins de pertes et plus de conquêtes.

    Mais il y a de grosses déceptions, dans des villes importantes pour notre rayonnement », mesure Igor Zamichiei.

    Le coordinateur de l’exécutif national du PCF pense à Saint-Denis, Champigny-sur-Marne et Arles.

    « Mais nous enregistrons aussi des reconquêtes symboliques très importantes en Île-de-France, comme à Bobigny, Villejuif, Noisy-le-Sec et Corbeil-Essonnes, qui montrent qu’il n’y a pas de reculs définitifs », apprécie le dirigeant, qui rappelle que le premier tour, le 15 mars, a été « marqué par les succès d’une centaine de listes PCF réélues d’emblée, en plus d’une dizaine de conquêtes ».

    Les maires de Montreuil, Dieppe, Gennevilliers, Martigues, Nanterre, Vierzon, La Courneuve, Saint-Amand-les-Eaux, Tarnos ou encore Saint-Martin-d’Hères s’étaient imposés.

     

    Ils ont été rejoints dimanche par Abdel Sadi (55,28 %), qui l’emporte à Bobigny devant l’UDI Christian Bartholmé.

    « La ville redevient communiste après six ans de bataille. C’est la victoire d’une gauche réunie et de tous les habitants qui se sont mobilisés contre les projets néfastes de la majorité sortante. Tout se fera dorénavant dans le respect de l’éthique, la transparence et la concertation », a réagi le nouvel édile.

    Pierre Garzon (51,89 %) s’impose lui aussi devant le maire de droite Franck Le Bohellec, à Villejuif, qui avait été perdue en 2014 (retrouvez notre entretien vidéo sur l’Humanité.fr).

    Enfin, à Corbeil-Essonnes, Bruno Piriou (48,54 %) a fait tomber l’héritier de Serge Dassault, Jean-Pierre Bechter, dans une ville où les communistes avaient été battus en 1995 sans jamais cesser d’incarner une opposition exigeante.

    Dans ces trois communes, la gauche était rassemblée, ce qui lui a permis d’emporter d’autres beaux succès, comme à Paris, Lyon, Bordeaux, Marseille, Nantes et Nancy, où les communistes figurent sur les listes victorieuses.

     

    Le PCF a par contre raté le coche dans la plus peuplée de ses municipalités, où le maire, Laurent Russier (40,96 %), s’est incliné devant le PS Mathieu Hanotin (59,04 %).

    « Il y a des villes qui ont changé de couleur et que l’on a réussi à regagner. Mais il sera indispensable pour Saint-Denis que nos partenaires naturels que sont les Verts et les insoumis travaillent avec nous à reconstruire la gauche », a déclaré Laurent Russier, alors que communistes et insoumis avaient échoué à fusionner leurs listes au second tour, scellant à l’avance le résultat.

     

    La désunion a également frappé à Aubervilliers, toujours en Seine-Saint-Denis, qui bascule à droite.

    La candidate UDI Karine Franclet (44,55 %) s’impose devant le divers gauche Sofienne Karroumi (31,39 %) et la maire PCF sortante, Meriem Derkaoui (24,07 %).

    Le PCF va ainsi perdre la présidence de l’intercommunalité Plaine commune, mais pourrait emporter celle d’Est ensemble, fort de ses succès à Montreuil et Bobigny, mais aussi à Noisy-le-Sec, où Olivier Sarrabeyrouse (53,67 %) l’emporte sur l’UDI sortant Laurent Rivoire.

     

    Perte de Bezons où trois listes classées à gauche s’affrontaient

    Les communistes se sont aussi inclinés à Arles, où Nicolas Koukas (42,78 %) arrive derrière Patrick de Carolis (57,22 %).

    Dans ces mêmes Bouches-du-Rhône, ils perdent Gardanne, à cause de la désunion à gauche.

    Le LR Hervé Granier (35,74 %) devance ainsi le PCF Claude Jorda (28,29 %) et le divers gauche Jean-Marc La Piana (28,11 %). À

    Bezons (Val-d’Oise), le maire PCF Dominique Lesparre (33,65 %) perd de quelques voix, dans le cadre d’une quadrangulaire où trois listes classées à gauche s’affrontaient.

    C’est au final Nessrine Menhaouara (35,64 %) qui l’emporte.

    « Le bilan du PCF est assez contrasté, entre un premier tour très réussi et un second plus difficile, marqué à la fois par la perte de villes symboliques et des reconquêtes importantes.

    Le recul est cependant assez marquant dans le Val-de-Marne », analyse Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’Ifop.

     

    Dans le seul département PCF de France, quatre villes tombent au profit de la droite.

    À Champigny-sur-Marne, Laurent Jeanne bat Christian Fautré (45,96 %).

    À Choisy-le-Roi, Tonino Panetta s’impose devant la liste de Didier Guillaume (37,52 %).

    À Villeneuve-Saint-Georges, Philippe Gaudin l’emporte face à Sylvie Altman (27,61 %).

    Et à Valenton, Metin Yavuz gagne contre Laurent Perichon (41,94 %).

    Les communistes conservent cependant Ivry-sur-Seine, Vitry-sur-Seine et Gentilly avec Philippe Bouyssou (65,45 %), Jean-Claude Kennedy (49,87 %) et Patricia Tordjman (47 %).

     

    Les communistes perdent dans plusieurs villes de plus de 10.000 habitants dont Saint-Pierre-des-Corps (Indre-et-Loire), Morsang-sur-Orge (Essonne), Fontaine (Isère), Givors (Rhône), Seclin (Nord), Firminy (Loire) et Marly (Nord).

    Michèle Picard (40,02 %) est réélue à Vénissieux (Rhône) et Renzo Sulli (36,89 %) à Échirolles (Isère).

    Et des conquêtes sont enregistrées par Vincent Bony (43,63 %) à Rive-de-Gier (Loire), Nicolas Garcia (54,61 %) à Elne (Pyrénées-Orientales), Michel Carreau (52,82 %) à Tergnier (Aisne), Louis Labadot à Mauléon (­Pyrénées-Atlantiques) et Michel Barbier à Eu (Seine-Maritime).

    « Nous travaillerons à regagner en 2026 partout où nous avons perdu cette année, et continuerons de porter des politiques d’innovation sociale, écologique et démocratique au service des citoyens partout où nous avons des élus », prévient Igor Zamichiei.

     

    Aurélien Soucheyre

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