• L’automne catalan et le retour de la question nationale.

    L’automne catalan

    et le retour de la question nationale.

    Une brochure d'E!

     

    "Ensemble ! » vient de publier un bulletin sur la Catalogne et la question nationale, dossier préparé par la commission Etat espagnol d’Ensemble !

     

    Ci-dessous la page de présentation.

     

    Vous pouvez le lire et le télécharger avec le lien suivant :

     

    https://www.ensemble-fdg.org/content/lautomne-catalan-et-le-retour-de-la-question-nationale-une-brochure-de

     

     

    La version imprimée est disponible au siège d’Ensemble ! , 26 rue de Malmaison, 93170 Bagnolet, au prix de 1 euro. Les collectifs peuvent les commander, venir les prendre, ou se les faire expédier,  à l’adresse : localensemble@gmail.com  

     

     

    L’automne catalan

    et le retour de la question nationale

    L’automne catalan est venu rappeler que le droit à l’autodétermination des peuples n’appartient pas à un lointain passé, celui des décolonisations et de la poussée nationalitaire des années 1970. Il est probablement l’une des expressions les plus affirmées du retour au premier plan de la question nationalitaire en Europe.

     L’automne catalan a de toute évidence permis un retour sur la « transition démocratique » espagnole[1]. Présentée comme un « grand souffle démocratique » en Europe et un « modèle » pour l’Amérique du Sud, cette transition ne fut probablement pas aussi exemplaire comme elle fut abondamment décrite. De fait, cette période entérina bel et bien les volontés du dictateur, à savoir l’adieu à la République et la restauration de la monarchie, sans parler de l’amnistie générale des protagonistes du régime antérieur.

    Certes, la Constitution espagnole de 1978 reconnut les « nationalités historiques » (Catalogne, Galice, Pays basque), mais ces peuples n’obtinrent pas le statut de « nations » et les langues ne furent reconnues que sous une forme « co-officielle ». L’absence de reconnaissance du caractère plurinational de l’État espagnol ne fut pas compensée par le statut des autonomies. Dans l’euphorie de l’adieu au Caudillo et de l’entrée dans la phase de démocratisation, agrémentée par la Movida, les pactes de la Moncloa et les institutions de 1978 furent des compromis salués comme acceptables. Mais quatre décennies d’exercice plus tard, ces instituions ont amplement démontré leurs carences. Lors du mouvement 15-M, au travers du slogan « ¡ Democracia real ya ! », les Indigné-e-s exprimèrent notamment une sévère critique de ces institutions et l’exigence de leur révision.

    En Catalogne, les limites du statut d’autonomie furent mises à l’épreuve une décennie plus tôt. À partir de 2003, dans un contexte politique jugé plus favorable, l’occasion fut saisie pour le réviser. Âprement négocié entre les représentants de l’autonomie et de l’État, un nouveau texte fut adopté en 2006. C’était sans compter avec les farouches gardiens du cadre constitutionnel, présumé immuable. La décision du Tribunal constitutionnel du 28 juin 2010 déclencha le début du « procés » d’autodétermination. Rapidement, ces revendications évoluèrent de l’autonomie accrue à celles d’indépendance.

    Sept années plus tard, le processus a atteint son paroxysme au cours du second semestre avec la répression étatique contre le référendum du 1er octobre 2017 et la suspension des institutions catalanes par le pouvoir central. Au cours de cet automne, le mouvement a démontré les capacités importantes de résistance, de mobilisation et d’auto-organisation du peuple catalan, résultant d’une accumulation de forces depuis 2012. Les élections du 21 décembre, imposées par le gouvernement de l’État, se sont traduites par une défaite de la stratégie du Partido popular et du chef de gouvernement, Mariano Rajoy, et par une résistance et stabilisation des forces politiques indépendantistes, mais elles n’ont rien résolu compte tenu des blocages imposés par les nationalistes espagnols et la camisole de force de la Constitution espagnole.

     Dans ce dossier, nous avons tenté d’expliquer la genèse de ce mouvement et ses évolutions. C’est pourquoi nous revenons sur les origines du catalanisme, sur les institutions de 1978, sur la période du nationalisme conservateur, sur la phase des gouvernements « tripartites » et l’adoption du nouveau statut de 2006, sur le procés de 2010 à 2017 avec un focus sur la phase de juin à décembre 2017 ; nous présentons les positions en présence des organisations sociales et politiques ; nous analysons les résultats des élections du 21 décembre 2017 ; nous réfléchissons sur des hypothèses entre unilatéralisme et bilatéralisme et, enfin, nous appelons à développer la solidarité avec le peuple catalan .

    Rédigé dans la foulée de la séquence récente du processus, il se veut avant tout un outil pour illustrer, engager et approfondir la réflexion sur le droit à l’autodétermination des peuples et la question nationale ou nationalitaire. L’exemple catalan démontre que la non-reconnaissance des peuples s’affirmant comme nations nourrit naturellement des velléités de séparation étatique. Au regard de cette actualité, il importe de revisiter et d’approfondir les notions de « peuple » et de « nation » car la nation n’est-elle pas une réalité historique en perpétuelle mutation ?

    [1] Période qui court de la mort de Franco, le 20 novembre 1975, jusqu’aux élections démocratiques gagnées par le PSOE le 28 octobre 1982.


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