• Israël. Salah Hamouri emprisonné : un dossier vide

    Jeudi, 2 Juillet, 2020

    Israël. Salah Hamouri emprisonné : un dossier vide

     

    Arrêté le 1er juillet, l’avocat franco-palestinien a été placé en détention jusqu’au 7 juillet. Il est de nouveau convoqué devant un juge ce jeudi.

     

    Ce n’est plus du harcèlement, mais de l’acharnement.

    Les autorités israéliennes ont de nouveau arrêté l’avocat franco-palestinien Salah Hamouri, le 1er juillet, alors qu’il se trouvait dans un centre de santé de Jérusalem-Est pour un test de détection du Coronavirus. Un test obligatoire, puisqu’il comptait voyager le 4 juillet pour se rendre en France, où résident son fils et son épouse, celle-ci, française, n’ayant pas le droit de se rendre en Palestine, comme l’ont décrété les services israéliens.

    Selon nos informations, il a été immédiatement menotté et emmené au sinistre centre d’interrogatoire de Moskobiyeh, connu pour ses cellules en sous-sol et ses séances de torture, même si Israël prétend ne pas pratiquer de telles méthodes.

    Salah Hamouri a été interrogé dans ce centre, mercredi soir, pendant une heure.

     

    Jeudi matin, le juriste franco-palestinien a été présenté devant un juge civil (Israël, ayant annexé la partie orientale de Jérusalem, estime que ce territoire n’est pas palestinien et donc ne fait pas intervenir des juges militaires lorsqu’il s’agit de Palestiniens de Jérusalem-Est, comme c’est le cas pour Salah Hamouri).

    Une audience qui, n’était la gravité de ce qui s’apparente à une atteinte aux droits d’un homme, ressort plus de la farce qu’autre chose.

    Mahmoud Hassan, l’avocat de Salah Hamouri, a expliqué à l’Humanité que les Israéliens « soupçonnent Salah d’être membre d’une organisation interdite et, dans ce cadre, d’avoir des activités ».

    Un simple soupçon se transforme donc en emprisonnement.

     

    Pourquoi ? a demandé Mahmoud Hassan.

    La réponse du juge est certainement digne de figurer dans les annales judiciaires mondiales.

    Résumons d’abord.

    Rien n’est officiellement reproché à Salah Hamouri, mais il est arrêté.

    Le magistrat a affirmé que les services de renseignements disposaient de témoignages datant du… mois de mars, mais ne les produit pas.

    Voilà ce qu’a dit en substance le juge : comme le prévenu est français et qu’il devait voyager vers l’Europe, samedi, les Israéliens avaient peur que Salah Hamouri ne revienne plus !

     

    En réalité, le dossier est vide.

    C’est sans doute pour cela que des barbouzes israéliennes ont tenté, au mois de mai dernier, d’enlever Salah Hamouri, à Ramallah.

    Seule sa présence d’esprit et l’accent hébreu d’un des comparses ont permis à Salah Hamouri d’échapper à leurs griffes.

    Pourquoi de telles méthodes de voyous si le droit est de leur côté ?

     

    Lors de l’audience d’hier, le juge a ordonné le maintien en détention de Salah jusqu’au 7 juillet.

    Son avocat a fait appel et la cour israélienne devrait donner sa réponse aujourd’hui.

    Un représentant du consulat général de France a pu assister à l’audience.

    Mais, pour l’instant, les autorités françaises sont bien silencieuses.

    On sait pourtant que la diplomatie discrète ne vaut rien s’agissant d’Israël.

    La preuve par ces arrestations à répétition.

    En août 2017, il s’était produit la même chose, peu avant son départ pour la France.

    Placé ensuite en « détention administrative », il n’a été libéré qu’un an plus tard.

     

    De nombreuses voix s’élèvent déjà – des personnalités et des organisations – pour demander la libération immédiate et sans condition de Salah Hamouri, ainsi que l’intervention de l’Élysée.

    L’action est urgente.

    Avant qu’une détention administrative (renouvelable autant de fois que décidé) ne soit prononcée.

     

    Pierre Barbancey

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