• Mercredi, 20 Mai, 2020

    Crise sanitaire.

    La France insoumise publie son rapport d’enquête

     

    Le document, issu de nombreuses auditions menées ces dernières semaines, confirme, selon les insoumis, leur programme politique. Ils veulent désormais en faire un « outil » pour le mouvement social.

     

    Presque un mois et demi d’auditions, et un rapport de 150 pages. Au début de la crise sanitaire, la France insoumise a lancé sa propre commission d’enquête (qui n’est pas une commission d’enquête parlementaire) sur la gestion de l’épidémie de Covid-19. Ce 20 mai, le mouvement en publie le compte rendu sous le titre « Mensonges et fiascos : enquête sur la gestion du Covid-19 ». Le document tente de ­répondre aux questions tant sur la genèse de cette crise que sur sa gestion par le gouvernement et sur celle du déconfinement, et propose des pistes de sortie sur le court et moyen terme.

    Un diagnostic sans appel pour l'exécutif

    « La boîte à outils néolibérale a créé les conditions du chaos », « non-gestion de la pandémie », « déconfinement hasardeux »… Après des auditions de médecins, responsables de laboratoires, syndicalistes, ­sociologues, le diagnostic des insoumis est sans appel pour l’exécutif. Selon le député Éric Coquerel, qui a participé à la coordination de cette commission, les travaux de son mouvement démontrent que « le néolibéralisme a transformé l’épidémie en crise sanitaire et sociale » avec une accumulation de politiques qui a « fragilisé tous les services publics, l’État, et particulièrement le système de santé ». Alors que les informations sur l’épidémie en Chine étaient « déjà connues ­depuis le début de l’année », il n’y a eu « aucun rat­­trapage sur la production de masques. On a perdu trois moi s », ­dénonce-t-il. Le rapport met en évidence, selon le ­député, que « rien n’a été fait pour planifier un déconfinement, comme si le gouvernement espérait juste que l’épidémie passe ». Le texte pointe également le décalage entre la réalité et l’ensemble des objectifs en matière de tests de dépistage : « On n’est même pas à la moitié des 700 000 hebdomadaires annoncés. »

    Propositions immédiates et programme... de « l’Avenir en commun »

    À partir de ce constat, les insoumis font des « propositions immédiates » – « ce que l’on ferait nous pour gérer cette crise sanitaire », explique Éric Coquerel. Notamment des mesures urgentes, sur les plans sanitaire et social : réquisition des unités de production de masques, de tests et de solution hydroalcoolique, distribution de masques et port obligatoire, et sur le plan social, une aide d’urgence aux plus démunis de 250 euros par mois et par personne, l’indemnisation à 100 % des privés d’emploi l’ouverture et la prolongation des droits pour tous ou encore l’allongement de la trêve hivernale jusqu’au 31 octobre… Pour ce qui est du moyen terme, le député insoumis renvoie au programme « l’Avenir en commun » de son mouvement. C’est d’ailleurs un texte de Jean-Luc Mélenchon qui conclut le rapport de la commission. « Le document final s’articule parfaitement avec “L’avenir en commun” et nourrit son actualisation », estime l’ancien candidat à la présidentielle.

    Bientôt un livre

    « Notre travail a servi à aller au fond des choses, insiste Éric Coquerel, et à vérifier ce que nous disons depuis longtemps : le néolibéralisme est incompatible avec la gestion d’une crise. » Le rapport doit servir d’outil militant. « Nous allons le publier sous forme de livre. Ainsi, le mouvement social s’en servira avec les revendications concrètes et immédiates qu’il comporte. Je souhaite que tout le monde s’en saisisse, explique l’élu, et en fasse un outil commun. » Car, pour les insoumis, les conséquences politiques sont encore à venir. « Je ne sais pas sous quelle forme », reconnaît Éric Coquerel qui se dit partisan d’une dissolution de l’Assemblée nationale. « Si la majorité actuelle n’apporte pas de ­réponse dans les mois à venir, les mobilisations sociales se chargeront de mettre les points sur les i », prophétise le député insoumis.

    Diego Chauvet

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  • Dette Publique ?
     
    Pierre Khalfa
    Economiste, membre d’Attac et de la Fondation Copernic
     
    Annuler la dette

    L’économiste Jean Pisani-Ferry, dans sa chronique au Monde du 16 mai « Annuler la dette, c’est toujours en transférer le fardeau à d’autres », s’en prend à celles et à ceux qui préconisent que la Banque centrale européenne [BCE] pourrait sans dommage aucun annuler les dettes publiques qu’elle détient.

    Rappelons que, à la suite de sa politique d’achat de titres publics, la BCE, par l’intermédiaire des banques centrales nationales, détient un pourcentage important de la dette publique des Etats membres de la zone euro.

    Il note à juste titre que, face à l’effondrement économique qui nous guette, « ce n’est pas le moment de précipiter le retour à l’orthodoxie budgétaire » – mais y a-t-il jamais un bon moment ? –   et qu’actuellement, étant donné les taux d’intérêt, « le coût de l’endettement est nul ».

    Il pointe aussi cependant que, au vu des différentiels de capacité à emprunter, « l’Europe risque un nouveau cercle vicieux au gré duquel les Etats les plus fragiles affaiblissent leurs économies et donc leur base fiscale ». 

    Que faut-il faire dans cette situation ?

    Jean Pisani-Ferry ne nous le dit pas et concentre son tir contre les tenants d’une annulation des dettes publiques par la BCE.

    Reprenons son argumentation.

    Il indique que l’annulation-restructuration de la dette « n’est pas mortelle, mais elle est douloureuse parce qu’elle appauvrit les épargnants, détruit les banques et dégrade la réputation financière du pays ».

    Annuler les obligations d’Etat détenues par la BCE

    On pourrait mégoter sur le fait que les banques se sortent toujours assez bien d’une restructuration de la dette et que nous ne parlons pas ici d’un pays isolé mais d’une des principales zones économiques mondiales.

    Là n’est cependant pas l’essentiel, car Jean Pisani-Ferry fait comme s’il s’agissait là d’annuler immédiatement toute la dette publique, ce qui évidemment aurait des conséquences sur les épargnants qui ont souscrit des contrats d’assurance-vie en fonds en euros.

    Mais ce n’est pas du tout de cela qu’il s’agit puisque la proposition est d’annuler, par un moyen ou un autre, les obligations d’Etat détenues par la BCE, pas par les épargnants.

    Après avoir tenté de nous faire frissonner à l’évocation de leur ruine, Jean Pisani-Ferry est bien obligé d’aborder quand même cette proposition. Son opposition s’appuie sur deux arguments assez curieux.

    Le premier tient au fait que si la BCE annule la dette publique qu’elle possède, les Etats se priveraient, « pour un même montant, du flux des futurs dividendes qui leur reviennent aujourd’hui par les banques centrales » et, nous dit-il, « ils ne seraient à l’arrivée ni plus riches ni plus pauvres ».

    Mais d’où proviennent ces dividendes ?

    La BCE, dans la pratique les banques centrales nationales, possède des titres publics sur lesquels l’Etat paie des intérêts.

    Mais elle rembourse aux Etats la quasi-totalité des intérêts qu’ils ont versés sur ces titres.

    C’est donc une opération à somme nulle et l’annulation de la dette par la BCE n’y changera rien.

    Une décision politique et non une impossibilité économique

    Le second argument est encore plus curieux.

    Jean Pisani-Ferry affirme que l’annulation de la dette publique par la BCE ne changera rien car « la dette du secteur public [Etats + BCE] resterait la même ».

    Or, contrairement à un Etat, une banque centrale ne s’endette que par rapport à elle-même car elle a un pouvoir illimité de création monétaire, ce qui veut dire qu’elle n’a pas de contrainte ni de capital ni de rentabilité.

     

    Elle ne s’endette donc pas, elle crée ex nihilo de la monnaie et elle peut le faire tant que les citoyens et les citoyennes continuent à accorder leur confiance à la monnaie en question – dans le cas de la zone euro, tant que cette dernière n’est pas menacée d’un éclatement imminent ou que l’hyperinflation relève d’un passé révolu – et tant qu’un système productif est à même de produire les biens et services nécessaires.

    Parler par conséquent d’une « dette du secteur public [Etats + BCE] » n’a pas de sens.

     

    L’annulation des dettes publiques détenues par la BCE n’aurait donc aucune conséquence économique néfaste. L’idéal serait d’ailleurs que la BCE rachète l’ensemble des dettes publiques et les annule d’une façon ou d’une autre.

    Évidemment, cela suppose, et c’est le problème majeur, un accord politique au sein de la zone euro. Certes, le fonctionnement de la BCE ne requiert pas l’unanimité au sein du Conseil des gouverneurs.

    C’est ce qui a permis la mise en œuvre d’une politique monétaire « non conventionnelle » face à la menace d’éclatement de la zone euro à la suite de la crise financière de 2007-2008.

    Il s’agit donc d’une décision politique et non pas d’une impossibilité économique, comme Jean Pisani-Ferry veut nous le faire croire.

     

    Pierre Khalfa
    (Economiste, membre d’Attac et de la Fondation Copernic)

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  • Refonder un parti écologiste et socialiste

    de transformation révolutionnaire de la société


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  • "Plus jamais ça ! Préparons le jour d'après "

    Communiqué de Presse

    Reconstruire ensemble un futur,

    écologique, féministe et social,

     

    Le 18 janvier dernier Les Amis de la Terre France, Attac France, CGT, Confédération paysanne, FSU, Greenpeace France, Oxfam France, Union syndicale Solidaires, appelaient dans un texte commun à répondre à la double urgence climatique et sociale.

    La crise sanitaire qui survenait quelques semaines plus tard, loin d’entraver cette dynamique commune, amplifiait ces urgences.

    Le 27 mars dernier ce sont donc 18 organisations (Amis de la Terre France, Attac France, CGT, Confédération paysanne, FSU, Greenpeace France, Oxfam France, Union syndicale Solidaires, 350.org, Action Non-Violente COP21, Alternatiba, CCFD-Terre Solidaire, Droit au Logement, FIDL, Le syndicat Lycéen, Fondation Copernic, Syndicat de la Magistrature, UNEF, UNL) qui signaient une tribune commune "Plus jamais ça ! Préparons le 'jour d'après'".

     

    De nombreuses autres organisations syndicales et associatives ont rejoint depuis cette dynamique, avec le lancement d’une pétition, signée par près de 200.000 personnes, et un appel unitaire aux mobilisations du 1er mai.

     

    A la suite de cette tribune, plusieurs forces politiques (EELV - Ensemble! - FI -  GDS  - GENERATION S - NPA – PCF – Place publique) ont manifesté leur adhésion tant au constat qu’aux propositions figurant dans la tribune.

    Les organisations proposent donc à ces forces politiques de se retrouver le mercredi 20 mai prochain afin de dialoguer et de réfléchir dans le respect de l’indépendance essentielle pour les mouvements sociaux.

    Nos échanges porteront, entre autres, sur les initiatives qui pourraient exister entre d'une part notre cadre rassemblant des organisations syndicales et associatives- et d'autre part les forces politiques qui partagent nos idées.

    Le but commun que nous leur proposons de viser : reconstruire ensemble un futur, écologique, féministe et social, en rupture avec les politiques menées jusque-là et le désordre néolibéral.


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  • Voici un appel lancé dans l'espoir que nous nous retrouvions et fédérions nos forces.

    Plus de 200 personnes l'ont rejoint en quelques heures, ainsi que de premiers collectifs.

    Ce n'est pas une énième tribune, mais la perspective d'un vrai rassemblement pour travailler, élaborer, agir, populariser…

    Il s'agit aussi de se fédérer contre la violence d'État - et au-delà.

     

    Se fédérer

     

    Nous sommes nombreuses, nous sommes nombreux :

    nous sommes tant et tant à penser et éprouver que ce système a fait son temps.

    Mais nos voix sont dispersées, nos appels cloisonnés, nos pratiques émiettées.

    Au point que quelquefois nous doutons de nos forces, nous succombons à la détresse de l’impuissance.

    Certes, parfois cette diffraction a du bon, loin des centralisations et, évidemment, loin des alignements.

    Il n’empêche : nous avons besoin de nous fédérer.

    Sans doute plus que jamais au moment où une crise économique, sociale et politique commence de verser sa violence sans faux-semblant : gigantesque et brutale.

     

    Si « nous sommes en guerre », c’est bien en guerre sociale.

    D’ores et déjà les attaques s’abattent, implacables : le chantage à l’emploi, la mise en cause des libertés et des droits, les mensonges et la violence d’État, les intimidations, la répression policière, en particulier dans les quartiers populaires, la surveillance généralisée, la condescendance de classe, les discriminations racistes, les pires indignités faites aux pauvres, aux plus fragiles, aux exilé-es.

    Pour une partie croissante de la population, les conditions de logement, de santé, d’alimentation, parfois tout simplement de subsistance, sont catastrophiques.

    Il est plus que temps de retourner le stigmate contre tous les mauvais classements.

    Ce qui est « extrême », ce sont bien les inégalités vertigineuses, que la crise creuse encore davantage.

    Ce qui est « extrême », c’est cette violence. Dans ce système, nos vies vaudront toujours moins que leurs profits.

     

     

    Nous n’avons plus peur des mots

    pour désigner la réalité de ce qui opprime nos sociétés.

     

    Pendant des décennies, « capitalisme » était devenu un mot tabou, renvoyé à une injonction sans alternative, aussi évident que l’air respiré – un air lui-même de plus en plus infecté.

    Nous mesurons désormais que le capitalocène est bien une ère, destructrice et mortifère, une ère d’atteintes mortelles faites à la Terre et au vivant.

    L’enjeu ne se loge pas seulement dans un néolibéralisme qu’il faudrait combattre tout en revenant à un capitalisme plus « acceptable », « vert », « social » ou « réformé ».

    Féroce, le capitalisme ne peut pas être maîtrisé, amendé ou bonifié.

    Tel un vampire ou un trou noir, il peut tout aspirer.

    Il n’a pas de morale ; il ne connaît que l’égoïsme et l’autorité ; il n’a pas d’autre principe que celui du profit.

    Cette logique dévoratrice est cynique et meurtrière, comme l’est tout productivisme effréné.

    Se fédérer, c’est répondre à cette logique par le collectif, en faire la démonstration par le nombre et assumer une opposition au capitalisme, sans imaginer un seul instant qu’on pourrait passer avec lui des compromis.

     

    Mais nous ne sommes pas seulement, et pas d’abord, des « anti ».

     

    Si nous n’avons pas de projet clé en mains, nous sommes de plus en plus nombreuses et nombreux à théoriser, penser mais aussi pratiquer des alternatives crédibles et tangibles pour des vies humaines.

    Nous avons besoin de les mettre en commun.

    C’est là d’ailleurs ce qui unit ces expériences et ces espérances : les biens communs fondés non sur la possession mais sur l’usage, la justice sociale et l’égale dignité.

    Les communs sont des ressources et des biens, des actions collectives et des formes de vie.

    Ils permettent d’aspirer à une vie bonne, en changeant les critères de référence : non plus le marché mais le partage, non plus la concurrence mais la solidarité, non plus la compétition mais le commun.

     

    Ces propositions sont solides.

    Elles offrent de concevoir un monde différent, débarrassé de la course au profit, du temps rentable et des rapports marchands.

    Il est plus que jamais nécessaire et précieux de les partager, les discuter et les diffuser.

    Nous savons encore que cela ne suffira pas : nous avons conscience que la puissance du capital ne laissera jamais s’organiser paisiblement une force collective qui lui est contraire.

     

    Nous connaissons la nécessité de l’affrontement.

    Il est d’autant plus impérieux de nous organiser, de tisser des liens et des solidarités tout aussi bien locales qu’internationales, et de faire de l’auto-organisation comme de l’autonomie de nos actions un principe actif, une patiente et tenace collecte de forces.

    Cela suppose de populariser toutes les formes de démocratie vraie : brigades de solidarité telles qu’elles se sont multipliées dans les quartiers populaires, assemblées, coopératives intégrales, comités d’action et de décision sur nos lieux de travail et de vie, zones à défendre, communes libres et communaux, communautés critiques, socialisation des moyens de production, des services et des biens…

    Aujourd’hui les personnels soignants appellent à un mouvement populaire.

    La perspective est aussi puissante qu’élémentaire : celles et ceux qui travaillent quotidiennement à soigner sont les mieux à même d’établir, avec les collectifs d’usagers et les malades, les besoins quant à la santé publique, sans les managers et experts autoproclamés.

    L’idée est généralisable.

    Nous avons légitimité et capacité à décider de nos vies – à décider de ce dont nous avons besoin : l’auto-organisation comme manière de prendre nos affaires en mains.

    Et la fédération comme contre-pouvoir.

     

    Nous n’avons pas le fétichisme du passé.

    Mais nous nous souvenons de ce qu’étaient les Fédérés, celles et ceux qui ont voulu, vraiment, changer la vie, lui donner sens et force sous la Commune de Paris.

    Leurs mouvements, leurs cultures, leurs convictions étaient divers, républicains, marxistes, libertaires et parfois tout cela à la fois.

    Mais leur courage était le même – et leur « salut commun ».

    Comme elles et comme eux, nous avons des divergences.

    Mais comme elles et comme eux, face à l’urgence et à sa gravité, nous pouvons les dépasser, ne pas reconduire d’éternels clivages et faire commune.

    Une coopérative d’élaborations, d’initiatives et d’actions donnerait plus de puissance à nos pratiques mises en partage.

    Coordination informelle ou force structurée ? Ce sera à nous d’en décider.

    Face au discours dominant, aussi insidieux que tentaculaire, nous avons besoin de nous allier, sinon pour le faire taire, du moins pour le contrer.

    Besoin de nous fédérer pour mettre en pratique une alternative concrète et qui donne à espérer.

     

    Dès que nous aurons rassemblé de premières forces, nous organiserons une rencontre dont nous déciderons évidemment ensemble les modalités.

     

    Pour rejoindre cet appel : appelsefederer@riseup.net


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  • Lundi, 18 Mai, 2020

    Un possible « boulevard » pour la gauche ?

    La crise en cours accélère les discussions et les rapprochements entre les composantes politiques de gauche. Mais des obstacles restent à lever.

     

    Alors que la crise sanitaire ralentit, la gauche se retrouve face au défi de se mettre en ordre de bataille pour « le monde d’après ». La crise économique s’annonce particulièrement violente, et ses conséquences sociales encore difficilement calculables. Emmanuel Macron tente de reprendre la main pour la fin de son quinquennat, tandis que la droite et l’extrême droite entendent tirer profit de la défiance à l’égard du pouvoir.

    L’espoir d’un dénominateur commun

    « Notre responsabilité est immense : soit on est au rendez-vous, souligne Olivier Faure, le premier secrétaire du PS, soit on ouvre un boulevard aux libéraux et aux nationalistes, et le résultat sera très loin de ce monde qu’on a voulu imaginer. » Un certain nombre d’appels et de prises de parole convergentes commencent à aller dans ce sens. Le 14 mai, une tribune signée par 150 personnalités est venue redonner l’espoir de trouver un dénominateur commun pour la gauche et les écologistes. Publiée par plusieurs journaux, dont l’Humanité, elle rassemble des personnalités politiques, intellectuelles, syndicales, associatives, dont Olivier Faure, les porte-parole du PCF Ian Brossat et Cécile Cukierman, l’eurodéputé EELV Yannick Jadot et Guillaume Balas, coordinateur national de Génération.s… Ce n’est pas la seule initiative de la semaine. Le même jour, le secrétaire national d’EELV, Julien Bayou, a lancé un appel à tous les responsables politiques, syndicaux et associatifs à organiser des « universités du monde d’après ». Et, dans la perspective du second tour des municipales, s’il a lieu en juin, PS, PCF, EELV et Génération.s discutent de possibles fusions de liste pour faire barrage à LaREM, à la droite et au RN.

    Le directeur général adjoint de l’Ifop, Frédéric Dabi, en est convaincu : « Il y a un boulevard à gauche, une offre politique immense avec des Français persuadés qu’il y a trop d’injustices sociales. Mais aucune incarnation n’émerge », tempère-t-il aussitôt. De surcroît, des divisions demeurent. Il manque une composante de poids parmi les signataires de la tribune : la France insoumise.

    Des réticences existent au sein des formations

    Certains insoumis critiquent déjà l’initiative. « J’y vois des choses intéressantes, mais aussi des limites », souligne le coordinateur de la FI, Adrien Quatennens, qui précise que son mouvement n’a pas été « sollicité » par les initiateurs de la tribune. Les insoumis rappellent en outre leur propre feuille de route : leur programme « L’avenir en commun », et leur initiative de « fédération populaire » lancée l’an dernier par Jean-Luc Mélenchon. Par ailleurs, des réticences existent au sein même des formations de certains signataires : c’est le cas d’EELV, dont les mouvements « partenaires » ont exprimé leur désaccord avec l’appel lancé par Julien Bayou. Ils mettent à leur agenda « avant tout la construction d’une écologie de gouvernement à même d’être un espoir et une alternative pour la France ». Or, comme le rappelle Frédéric Dabi, « seuls 15 % des Français pensent que Mélenchon aurait fait mieux que Macron. Les écologistes vont devoir répondre à ce qui est désormais la principale crainte des Français, à savoir le chômage et les conséquences économiques de la crise. Et le PS est toujours affaibli ». Pour le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, « la pandémie nous oblige à avoir cette discussion et à obtenir des résultats. Sinon le risque est que Macron l’emporte et que rien ne change. Nous avons intérêt à nous mettre tous ensemble, à nous unir pour peser dans le rapport de forces et montrer qu’il y a d’autres choix progressistes, de gauche, au lieu de ceux de la droite, du Medef et d’En marche ».

    Diego Chauvet

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  • Jean-Luc Mélenchon - Direct sur Youtube - Jeudi 14 mai 2020

    jeudi 14 mai  : 113e Revue de la semaine

    Vidéo 1h55

    https://www.youtube.com/watch?v=IcMnJn62Qp0&feature=youtu.be

     

    Jean-Luc Mélenchon - Lundi 11 mai 2020

    Lundi 11 mai  : 112e Revue de la semaine

    Vidéo 0h36

    https://www.youtube.com/watch?v=Iqxt_KYMi3o


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  • Mercredi, 13 Mai 2020

    Appel.

    Au coeur de la crise, construisons l’avenir

    L'Humanité >>>>>

    L'initiative commune >>>>>

     

    Dans une longue tribune collective, 150 personnalités du monde politique, associatif, syndical et culturel appellent à " préparer l’avenir "

    " Nous ne sommes pas condamnés à subir ! " assurent-elles. 

    Elles  proposent qu’un grand événement, une " convention du monde commun ", réunisse dans les prochains mois " toutes les énergies disponibles ".

     

     
    La France affronte un séisme d’une ampleur inouïe.
     
    Favorisée par la destruction de la nature, la pandémie a généré une crise économique de grande ampleur, une commotion sociale brutale, notamment pour les plus précaires, et une mise entre parenthèse du fonctionnement démocratique.
     
    Elle a révélé l’improvisation des pouvoirs publics face à cette crise majeure.
     
    L’engagement extraordinaire des soignantes et des soignants, le courage de celles et ceux qui n’ont cessé de travailler sans relâche au service de tous et le civisme de millions de personnes confinées dans des conditions difficiles appellent une reconnaissance unanime.
     
     
    Dès maintenant, il s’agit d’éviter le pire et de préparer l’avenir.
     
    La réparation des dégâts annoncés, la défense des libertés, l’obligation de préparer une société résiliente nécessitent de fortes dynamiques collectives.
     
    La crise confirme l’urgence radicale des grandes transitions.
     
    De cette impérieuse nécessité, faisons naitre une espérance.
     
    Nous ne sommes pas condamnés à subir !  
     
     
    Au cœur de cette crise, il nous faut tourner la page du productivisme.
     
    Il faut affronter les périls immédiats, s’accorder pour engager la transition écologique et dans un même mouvement les transformations sociales et économiques trop longtemps différées.
     
    L’impasse où nous ont conduits les politiques dominantes depuis quarante ans et le capitalisme financier exige une offensive résolue.
     
    Avec cette initiative commune, dans le respect de nos différences, nous nous engageons à la hauteur des principes que nos prédécesseurs ont affirmés dans la « reconstruction » qui suivit la seconde guerre mondiale.
     
    Aujourd’hui, en temps de paix, nous devons faire preuve d’une égale ambition, avec la volonté que les Français s’emparent de ces débats. 
     
     
    L’état d’urgence sociale doit se déployer dès maintenant dans l’ensemble du pays, à commencer par les quartiers populaires et les territoires ruraux, partout où la crise remet à vif la grande pauvreté et les inégalités.
     
    Les familles déjà vulnérables, comme celles qui viennent brutalement de plonger dans le chômage et la pauvreté, se comptent par millions.
     
    La solidarité nationale doit intervenir pour aider les locataires, contribuer à payer les factures d’eau et d’électricité, par l’aide alimentaire et la fourniture gratuite de masques, par des soutiens exceptionnels individualisés pour que vivent décemment celles et ceux, y compris les jeunes, qui ont vu leur travail et leurs revenus disparaitre.
     
     
    Cette crise doit enfin imposer un basculement des politiques publiques : « sortir » des dizaines de milliers de personnes de la rue, c’est affaire de dignité d’abord, mais aussi d’ordre public sanitaire et social.  
     
    Pour aller plus loin, la France, comme d’autres en Europe, doit imaginer et mettre en chantier dès cette année un nouveau modèle de protection sociale.
     
    Pour ces temps de grande transition, il y a urgence à assurer un revenu digne rendant possibles à toutes et tous la formation, l’accès à un nouvel emploi ou un projet professionnel.
     
    Compte tenu de la hausse explosive du nombre des sans-emplois, ce serait une faute historique de maintenir la « réforme » de l’assurance chômage de 2020.
     
    Il faut permettre dès maintenant à tous les territoires volontaires de mettre en œuvre la belle initiative Territoires zéro chômeur de longue durée, inspirée des expériences du mouvement associatif.
     
    Quant aux travailleurs étrangers en situation irrégulière, soutiers plus anonymes encore de nos économies, leur accès au droit au séjour doit être facilité. 
     
    Pour pouvoir mobiliser les énergies de toutes et tous, il faudra inventer et consolider des protections collectives plus adaptées à notre temps, combler les failles majeures que la crise a soulignées, agir pour l’accès à la santé et des retraites décentes.
     
     
    Certains, à l’inverse, manifestent déjà la volonté de réduire les droits sociaux à la faveur de l’émotion générale, notamment sur la question du temps de travail.
     
    Nous ne laisserons pas faire, et nous demandons qu’il soit renoncé définitivement au projet de réforme des retraites qui mine la cohésion nationale dont nous avons tant besoin.
     
    Face à la précarité ou aux inégalités femmes-hommes, tous les travailleurs et travailleuses, indépendants, artisans et commerçants, professionnels des plates-formes, salariés en CDD, intermittents ou intérimaires, doivent être dotés de droits sociaux individuels complets et d’une capacité réelle de négociation collective.  
     
    Le statu quo n’est plus possible.
     
    Nous défendons une société de la reconnaissance, qui sache valoriser celles et ceux sans lesquelles elle ne tiendrait pas, dans la crise comme après.
     
    Travailleurs de l’aube et du soir, fonctionnaires de jour comme de nuit, soignants et enseignants dévoués, elles (très souvent) et ils sont en droit d’attendre bien sûr des primes immédiates et légitimes, mais aussi une amélioration significative et sans délai de leurs conditions d’emploi et de salaire, à commencer par le Smic.
     
    Lorsque ces personnes ont des enfants, la prise en charge par les employeurs des frais de garde, l’organisation de nouveaux centres de vacances dès 2020 avec les mouvements d’éducation populaire seraient aussi de justes rétributions.
     
    Le confinement a mis également en exergue la nécessité de reconnaitre le féminicide en droit français et de ne plus reporter un plan national d’ampleur contre les violences faites aux femmes et aux enfants, en doublant le budget alloué aux associations venant en aide aux victimes et aux lieux de prise en charge.  
     
    Les Français vivent intensément les effets de l’affaiblissement de notre système de santé.
     
    Sous tension bien avant le tsunami du Covid19, l’hôpital public a été asphyxié par des années d’austérité budgétaire et la marchandisation de la santé.
     
    Une loi de programmation doit assurer au plus vite un financement pérenne des investissements des hôpitaux et des Ehpad, rompre avec la spirale des fermetures de lits et permettre la revalorisation des métiers de soignantes et soignants.
     
    Cette refondation permettra de retrouver une capacité de prévision et d’anticipation, et les moyens d’affronter collectivement les chocs de grande ampleur.
     
    Elle devra également garantir à tout moment la disponibilité des principaux médicaments sur le territoire national.
     
    Elle assurera enfin la réhabilitation des soins de premiers recours, efficients et réactifs face à de nouvelles crises et la fin des déserts médicaux, indignes de notre pays.  
     
    L’avenir de notre économie et sa conversion écologique se jouent en ce moment.
     
    Le soutien public à la survie du système productif est vital.
     
    Il doit être associé à une conditionnalité environnementale et sociale exigeante.
     
    Des fleurons de notre économie sont au bord de la faillite, avec le cortège habituel de restructurations brutales et de chômage massif.
     
    Face à ces risques, la réaction de l’État en faveur de l’emploi doit être couplée à la mise en œuvre accélérée de la transition écologique, à commencer par le respect des Accords de Paris sur le climat.
     
    C’est seulement ainsi que le sauvetage des emplois sera durable.
     
    Une politique industrielle crédible implique des choix stratégiques nationaux ; elle se construit dans chaque région avec toutes les parties concernées, entreprise par entreprise, branche par branche.
     
    La mobilisation doit intégrer pleinement les enjeux d’indépendance et de relocalisation, de recherche et d’innovation, mis en lumière de façon éclatante dans la crise actuelle.  
     
    D’ici la fin de cette année, il appartient à la puissance publique d’identifier avec tous les acteurs les secteurs stratégiques à relocaliser au niveau français ou européen, les chaines de valeurs à contrôler et les productions à assurer au plus proche des lieux de consommation.
     
    Les événements récents confirment une fois de plus les fragilités de l’Europe quand elle se limite à n’être qu’un marché livré aux excès du libre-échange, renonçant à protéger son économie.
     
    La signature des traités qui amplifient cet abandon doit être stoppée, et ceux qui existent déjà révisés.
     
    Rien ne sera possible sans un pilotage ambitieux du système de crédit, avec un pôle public de financement et la BPI jouant enfin réellement son rôle.
     
    La mise en œuvre de nationalisations là où il le faut doit permettre non de mutualiser les pertes, mais d’atteindre des objectifs d’intérêt général.
     
    Dans ce but, il faudra aussi miser davantage sur l’économie sociale et solidaire pour mieux ancrer l’économie dans les territoires et impulser le nouveau modèle de développement.  
     
    Cette épidémie et sa propagation rapide sont liées à la destruction accélérée des habitats sauvages combinée à une mondialisation insuffisamment régulée.
     
    Elles renforcent l’urgence d’une remise en cause de notre mode de production et de consommation : la transformation écologique de la France est le nouveau défi de notre République au XXIème siècle.
     
    Cette prise de conscience des communs naturels à protéger et de l’impasse des modes de consommation actuels est essentielle, tout comme les combats de la gauche.
     
    Les propositions des participants de la Convention citoyenne pour le climat et sa méthode ont permis que progressent dans la société des projets d’une grande richesse.
     
    Les politiques publiques doivent être au rendez-vous de cette urgence planétaire.  
     
    Nous proposons que soit discutée et mise en œuvre rapidement une Prime pour le climat, afin d’éliminer en priorité les passoires thermiques et sortir les plus pauvres de la précarité énergétique.
     
    Elle accompagnera aussi les travaux de rénovation énergétique rendus obligatoires pour l’ensemble du bâti afin d’atteindre deux millions de logements par an, en privilégiant les rénovations complètes.
     
    Des dizaines de milliers d’emplois non délocalisables pourraient être ainsi créés.  
     
    La France a besoin également de bâtir un plan ambitieux de transition vers une mobilité durable, pour soutenir l’électrification des motorisations, les modes de transports collectifs et partagés, la relance des réseaux ferroviaires, mais aussi l’extension du droit au télétravail dans des conditions protectrices pour les salariés.  
     
    Conçue pour éviter un recours accru aux énergies fossiles, dont les prix baissent du fait de la crise, la Contribution Climat Énergie doit s’accompagner de mesures de redistribution de grande ampleur pour en compenser les effets sur les plus vulnérables.
     
    Une relance publique du soutien à la transition écologique locale est plus que jamais indispensable afin d’impliquer beaucoup plus les territoires et les citoyen.ne.s dans le déploiement des projets collectifs d’énergies renouvelables.
     
    Ces investissements supplémentaires dans la transition écologique devront être sortis des critères budgétaires européens.  
     
    La refonte des aides de la PAC en soutien des petites et moyennes exploitations doit être accélérée, pour permettre une agriculture respectueuse de l’environnement, la croissance des productions bio, et pour développer le paiement des services environnementaux (stockage du carbone, arrêt des intrants chimiques...).
     
    Il faudra enfin donner toute sa place dans nos textes fondamentaux au droit de la nature et mettre en œuvre de façon strict sur l’ensemble du territoire la politique du « zéro artificialisation nette » et la protection de la biodiversité.  
     
    Ces investissements massifs, pour l’immédiat ou le futur, exigent un financement soutenable et équitable.
     
    L’engagement de l’Europe en est l’une des clés.
     
    C’est une nécessité qui conditionne la survie de l’Union, quand les forces de démembrement prospèrent grâce au manque de solidarité européenne dans chaque moment de crise.
     
    On attend de l’Europe qu’elle conduise durablement une politique monétaire à la hauteur du risque actuel, mais aussi qu’elle mette en œuvre des formes inédites de financement en commun pour empêcher une hausse de l’endettement des États, en particulier les plus affectés par la crise sanitaire.
     
    Il faudra aussi dès les prochains mois engager le chantier de la restructuration des dettes héritées des crises successives.  
     
    Tous les pays en ont en effet un urgent besoin pour permettre un nouveau départ et la transformation de leurs économies tellement interdépendantes.
     
    Ces financements européens ne sauraient être assortis des mesures d’austérité qui ont creusé entre les peuples des blessures encore inguérissables.
     
    Les conditionnalités aujourd’hui se nomment écologie, cohésion sociale et respect de la démocratie.
     
    Une transformation profonde des structures de l’Union européenne est indispensable pour rendre possibles ces politiques ambitieuses de solidarité.
     
    Cela implique la remise en cause du pacte budgétaire.  
     
    Mais l’Europe ne pourra pas régler seule l’addition de la crise.
     
    Les États devront eux aussi apporter une réponse fiscale et budgétaire dans un esprit de justice.
     
    Pour corriger les inégalités creusées au cours des dernières décennies et aggravées par la crise, et pour prévenir l’effondrement de nos sociétés.
     
    La France doit rétablir un Impôt de solidarité sur la fortune, mettant à contribution les patrimoines les plus élevés, et renforcer la progressivité de sa fiscalité sur les revenus, notamment ceux du capital, largement érodée depuis 2017.
     
    Compte tenu de l’ampleur des dépenses engagées pour faire face à la crise, elle devra appeler une contribution anti-crise des citoyens les plus aisés.
     
    La taxation des secteurs qui ont bénéficié de la crise et de ceux qui ont décidé, au cœur de la tempête, de continuer à distribuer des dividendes ou à s’enrichir à l’abri des paradis fiscaux doit être proposée sans délai au Parlement.
     
    La maitrise à l’avenir des écarts de salaires au sein des entreprises participe de ces préalables de justice : au-delà d’un écart d’un à douze, il ne serait plus possible de déduire les rémunérations et les cotisations de l’impôt sur les sociétés.
     
    Ces choix sont inséparables d’une action ambitieuse pour que les bénéfices des sociétés multinationales cessent d’échapper largement à la fiscalité française, notamment en les obligeant à une totale transparence sur leurs activités et les taxes payées dans les pays où elles sont présentes.
     
    Cette reconquête ne sera complète que lorsque les géants du numérique contribueront par un impôt juste aux efforts d’investissement qui attendent la France et l’Europe.  
     
    Ces mesures n’auront de sens et d’efficacité que si dans l’après-crise, une transition démocratique offre à tous la capacité d’agir pour un monde commun.
     
    La verticalité du pouvoir fracture la société.
     
    Elle alimente l’impuissance et la défiance.
     
    C’est l’échec de la Vème République.
     
    Seule une refondation de nos institutions permettra de le dépasser.
     
    Il est impératif de ne pas confier à un « sauveur suprême » ou au pouvoir technocratique « la sortie de crise », mais au contraire d’augmenter la participation des citoyen.nes aux décisions qui les concernent et cela à tous les niveaux. 
     
    Réussir les transitions exige un développement des emplois publics partout où leur manque cruel se vérifie aujourd’hui.
     
    Il faudra aussi rénover l’action publique en inventant les outils, l’organisation, les métiers du secteur public de demain.
     
    Rien ne progressera sans des délibérations collectives, valorisant bien davantage les citoyens et leurs compétences, l’éducation, l’innovation sociale et la création culturelle, les territoires, villes et villages.  
     
    Cet impératif s’adresse aussi aux entreprises : pour réussir la sortie de crise, il faut y faire entrer la démocratie en associant réellement les salariés à leur stratégie.
     
    Cela doit s’incarner dans une codétermination à la française avec la présence de 50% de représentants des salariés dans les conseils de surveillance ou les conseils d’administration des grandes entreprises et le renforcement des pouvoirs des représentants des salariés à tous les niveaux.  
     
    Lourde de souffrances inédites, cette période ne doit pas confisquer les espoirs de changement, bien au contraire.
     
    Faisons place à l’action collective et à ces premières convergences.
     
    Pour être à ce rendez-vous de notre Histoire, nous proposons qu’un grand événement, une « convention du monde commun », réunisse dans les prochains mois toutes les énergies disponibles, les citoyennes et citoyens épris de profonds changements, les formations politiques, les forces associatives, les initiatives que portent syndicats et ONG.
     
    C’est une première étape cruciale et attendue pour une alternative démocratique, écologique et sociale.
     
    Nous voulons lui donner la force de notre engagement.    

    Premiers signataires* :

     Syamak Agha Babaei, Christophe Aguiton, Amandine Albizzati, Claude Alphandery, Nathalie Appéré, Guillaume Balas, Jeanne Barseghian, Marie-Laure Basilien-Gainche, Laurent Baumel, Romain Beaucher, Anne-Laure Bedu, Jacqueline Belhomme, Esther Benbassa, Patrice Bessac, Olivier Bianchi, Habiba Bigdade, Loïc Blondiaux, Alice Bosler, Maurice Braud, Rony Brauman, Axelle Brodiez, Ian Brossat, Philippe Brun, Julia Cagé, Sophie Caillat, Andrea Caro, Fanélie Carrey-Conte, Lucas Chancel, Pierre Charbonnier, Christian Chavagneux, Alain Coulombel, Annick Coupé, Jezabel Couppey-Soubeyran, Françoise Coutant, Thomas Coutrot, Cécile Cukierman, Ronan Dantec, Joël Decaillon, Laurence De Cock, Carole Delga, Stéphane Delpeyrat, Laurianne Deniaud, Emmanuel Denis, Gregory Doucet, Marie-Guite Dufay, Cécile Duflot, Antoine Dullin, Jérôme Durain, Guillaume Duval, Timothée Duverger, Nicolas Duvoux, Anne Eydoux, Olivier Faure, Rémy Féraud, Aurélie Filippetti, Diana Filippova, Alain Foix, Didier Fradin, Philippe Frémeaux, Guillaume Garot, Karl Ghazi, Jean-Luc Gleyze, Raphael Glucksmann, Daniel Goldberg, Guillaume Gontard, Gaëtan Gorce, Aziliz Gouez, Bernadette Groison, Florent Gueguen, Denis Guenneau, Hélène Hardy, Jean-Marie Harribey, Anne Hessel, Catherine Hoeffler, Pierre Hurmic, Marie-Hélène Izarn, Pierre Jacquemain, Yannick Jadot, Hugues Jallon, Vincent Joineau, Régis Juanico, Nina Karam-Leder, Pierre Khalfa, Yazid Kherfi, Hella Kribi-Romdhane, Thierry Kuhn, Joël Labbé, Guillaume Lacroix, Delphine Lalu, Aurore Lalucq, François Lamy, Sandra Laugier, Pierre Laurent, Guillaume Le Blanc, Joël Le Coq, William Leday, Claire Lejeune, Corinne Lepage, Elliot Lepers, Nadine Levratto, Medhi Litim, René Louail, Benjamin Lucas, François Mandil, Bénédicte Manier, Edouard Martin, Gus Massiah, Nora Mebarek, Dominique Meda, Philippe Meirieu, Claire Monod, Beligh Nabli, Naïri Nahapetian, Alexandre Ouizille, Christian Paul, Renaud Payre, Willy Pelletier, Camille Peugny, Maxime Picard, Thomas Piketty, Eric Piolle, Dominique Plihon, Dominique Potier, Alexis Poulin, Angèle Préville, Audrey Pulvar, Valérie Rabault, Jean-Paul Raillard, Gilles Raveaud, Sandra Regol, Nadine Richez-Battesti, Martin Rieussec-Fournier, Jacques Rigaudiat, Marie-Monique Robin, Johanna Rolland, Barbara Romagnan, Laurence Rossignol, Muriel Rouyer, Virginie Rozière, Michèle Rubirola, Bernard Saincy, Eva Sas, Mounir Satouri, Frédéric Sawicki, Laurence Scialom, Sabrina Sebaihi, Aissata Seck, Gabrielle Siry, Emmanuel Soulias, Jo Spiegel, Olivier Szulzynger, Sophie Taille, Bernard Thibault, François Thiollet, Isabelle This Saint-Jean, Stéphane Troussel, Henri Trubert, Hulliya Turan, Boris Vallaud, Najat Vallaud-Belkacem, Shahin Vallée, Antoine Vauchez, Denis Vicherat, Anne Vignot, Patrick Viveret.
     
    * à titre personnel

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  • NPA

     

    « Macronavirus, à quand la fin ? »

     

     

    Lundi 11 mai, la première journée de « déconfinement » a été un fiasco pour le gouvernement.

     

    Les médias ont beau dire que cela s’est fait « presque en douceur et sans cohue dans les transports », les photos prises à 6 heures du matin ne peuvent pas cacher la réalité de la promiscuité dans les métros et les bus aux heures de pointe.

    La raison est que ce 11 mai a été l’occasion pour le patronat d’exercer une pression importante sur touTEs les salariéEs afin d’imposer un retour au boulot de celles et ceux qui étaient jusqu’ici à domicile.

     

    Bien entendu, tout cela se fait sans mesures de sécurité réellement efficaces : le nombre de masques disponible est insuffisant et ceux-ci rendent le travail pénible dans la durée, le gel hydroalcoolique et les gants sont souvent en quantité insuffisante, et les distances de sécurité très difficiles à tenir.

    La « vie » reprend donc son cours... au risque d’un deuxième pic dans l’épidémie, alors que, dans les hôpitaux, les personnels sont épuisés par la première phase.

     

    Dans les écoles, des mesures absurdes

     

    Dans les écoles, c’est la même logique qui est à l’œuvre : faire travailler le plus de monde possible.

    Selon le SNUipp-FSU, principal syndicat de l’éducation nationale, 20 % des écoles vont accueillir des groupes qui dépassent 10 élèves.

    Comment dans ces conditions serait-il possible d’assurer les gestes barrières ?

    Dans les autres, la situation n’est pas plus simple : comment faire la classe aux élèves de façon efficace avec 5 ou 6 élèves qui ne peuvent s’approcher les unEs des autres ?

    Comment les enseignantEs peuvent-ils suivre leurs élèves à distance s’ils sont aussi en classe ?

     

    Si des tests étaient disponibles en nombre suffisant, on pourrait vérifier qui peut travailler, se rendre à l’école, se déplacer en toute sécurité, mais le gouvernement ne peut ou ne veut pas en mettre à disposition.

     

    Travailler à tout prix ?

     

    Ces mesures n’ont qu’un objectif  : mettre le plus de monde possible au travail, au mépris des conditions de travail, de vie et d’études.

    De plus, nos libertés sont cassées : la manifestation contre les violences policières ce lundi 11 mai à Saint-Denis a été nassée par la police, après que les manifestations du 1er Mai aient été interdites et réprimées.

    Le droit du travail est attaqué dans de nombreuses entreprises, où on exige une augmentation du temps de travail, où on nous prend des jours de congés...

    Contrairement à ce qu’avait promis le gouvernement, des licenciements, notamment en fin de CDD et d’intérim, ont eu lieu par centaines de milliers.

    De nombreuses personnes n’arrivent plus à payer leur loyer ou à se nourrir correctement.

     

    Les masques sont payants ou distribués par des collectivités locales et les hôpitaux manquent toujours de personnels...

    mais Macron a préféré distribuer 100 milliards aux patrons, auquel il faut ajouter 300 milliards de prêts dont on verra bien s’ils seront remboursés...

     

    Faisons face à ce gouvernement au service des capitalistes

     

    Le gouvernement montre, comme à chacune des étapes de cette crise, sa logique : faire passer les profits des grandes entreprises avant la santé, avant les conditions de vie et de travail des classes populaires.

     

    La crise économique va le conduire à accélérer ces attaques à brève échéance, il faut s’y préparer.

    Pour cela, tenir des réunions partout, dans les entreprises et les quartiers, à distance ou en respectant les gestes barrières, pour organiser les ripostes.

     

    Nous voulons

    des moyens pour la santé (à commencer par les hôpitaux),

    des masques gratuits et des tests massifs,

    l’arrêt de toutes les productions non essentielles,

    le droit de retrait pour celles et ceux qui se sentent menacés au travail,

    l’interdiction des licenciements,

    un revenu (chômage, pension retraite…) minimum au Smic pour touTEs,

    le gel des loyers,

    ainsi que la liberté de réunion et de manifestation.

     

    Pour gagner cela, nous devons imposer un rapport de forces,

    il y a urgence.


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  •  

    www.syndicollectif.fr

    11 mai 2020

     

    www.syndicollectif.fr 11 mai 2020

    Editorial :


    * La reprise entravée par la justice à Renault Sandouville :
    https://wp.me/p6Uf5o-3oz


    ACTIONS-PRISES DE POSITION :


    * La justice condamne les modalités de la reprise à Renault Sandouville :https://wp.me/p6Uf5o-3o3

    * SUD Rail appelle les personnels à ne pas participer au contrôle des usagers:
    https://wp.me/p6Uf5o-3nV


    * Réactions syndicales sur le plan de déconfinement:https://wp.me/p6Uf5o-3mz

    * Interview de François Hommeril (CGC) sur la situation :https://wp.me/p6Uf5o-3lK

    * Infos : les délais raccourcis pour les CSE :
    https://wp.me/p6Uf5o-3nr

    * Accord CFDT-CFTC- Medef sur le déconfinement :https://wp.me/p6Uf5o-3nN

    * Le Pacte du pouvoir de vivre propose 15 mesures :https://wp.me/p6Uf5o-3nh

    * 25 organisations pour le 1er Mai:https://wp.me/p6Uf5o-3mp

    * Le 1er Mai pour FO :https://wp.me/p6Uf5o-3mb

    * La CGT retraités de PSA Sochaux pour le 1er Mai :https://wp.me/p6Uf5o-3me

    * La Bourse du travail de Malakoof (92) et le Premier Mai:https://wp.me/p6Uf5o-3lG

    * AC! signe une lettre ouverte au gouvernement:https://wp.me/p6Uf5o-3lB

    * Pandémie et liberté de la presse :https://wp.me/p6Uf5o-3nb

    * Une pétition unitaire (CFDT, CGT, FO, CGC, CFTC, UNSA, FSU, Solidaires, CSI, associations féministes, chercheuses) pour les travailleuses et leurs métiers :https://wp.me/p6Uf5o-3n5

    * La culture et les artistes : lettre ouverte et pétition :https://wp.me/p6Uf5o-3mQ
     

     

    SOLIDARITE :

    * Un Comité de soutien pour Anthony Smith:https://wp.me/p6Uf5o-3mi

    * Appel national pour la réintégration d'Anthony Smith:https://wp.me/p6Uf5o-3lM

     
    INTERNATIONAL et EUROPE :


    * Le 1er Mai dans le monde entier avec LabourStarthttps://wp.me/p6Uf5o-3n0

    * La CES demande que le COVID soit reconnu comme maladie professionnelle :https://wp.me/p6Uf5o-3nH

    * Industries graphiques : positions UNI-Global Union:https://wp.me/p6Uf5o-3mH



    PARUTION et DEBATS


    * Un livre coordonné par Eric Beynel sur le procès France Télécom :https://wp.me/p6Uf5o-3nA

    * L'Ecole Emancipée, courant de la FSU, s'exprime sur la crise :https://wp.me/p6Uf5o-3m3

      


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