• Mardi, 30 Juin, 2020

    Pcf. Défaites et reconquêtes communistes

     

    Plus de quinze communes comptant au-delà de 10 000 habitants ont été perdues dimanche soir, dont Saint-Denis, Champigny-sur-Marne et Arles.

    Mais Villejuif et Bobigny sont reprises, et le parti garde un solide ancrage local.

     

    Les communistes ont pris et rendu des coups dimanche soir, lors du second tour des municipales.

    « Nous maintenons le nombre de municipalités PCF de plus de 3 500 habitants, avec environ 140 communes.

    Par rapport à 2014, nous avons moins de pertes et plus de conquêtes.

    Mais il y a de grosses déceptions, dans des villes importantes pour notre rayonnement », mesure Igor Zamichiei.

    Le coordinateur de l’exécutif national du PCF pense à Saint-Denis, Champigny-sur-Marne et Arles.

    « Mais nous enregistrons aussi des reconquêtes symboliques très importantes en Île-de-France, comme à Bobigny, Villejuif, Noisy-le-Sec et Corbeil-Essonnes, qui montrent qu’il n’y a pas de reculs définitifs », apprécie le dirigeant, qui rappelle que le premier tour, le 15 mars, a été « marqué par les succès d’une centaine de listes PCF réélues d’emblée, en plus d’une dizaine de conquêtes ».

    Les maires de Montreuil, Dieppe, Gennevilliers, Martigues, Nanterre, Vierzon, La Courneuve, Saint-Amand-les-Eaux, Tarnos ou encore Saint-Martin-d’Hères s’étaient imposés.

     

    Ils ont été rejoints dimanche par Abdel Sadi (55,28 %), qui l’emporte à Bobigny devant l’UDI Christian Bartholmé.

    « La ville redevient communiste après six ans de bataille. C’est la victoire d’une gauche réunie et de tous les habitants qui se sont mobilisés contre les projets néfastes de la majorité sortante. Tout se fera dorénavant dans le respect de l’éthique, la transparence et la concertation », a réagi le nouvel édile.

    Pierre Garzon (51,89 %) s’impose lui aussi devant le maire de droite Franck Le Bohellec, à Villejuif, qui avait été perdue en 2014 (retrouvez notre entretien vidéo sur l’Humanité.fr).

    Enfin, à Corbeil-Essonnes, Bruno Piriou (48,54 %) a fait tomber l’héritier de Serge Dassault, Jean-Pierre Bechter, dans une ville où les communistes avaient été battus en 1995 sans jamais cesser d’incarner une opposition exigeante.

    Dans ces trois communes, la gauche était rassemblée, ce qui lui a permis d’emporter d’autres beaux succès, comme à Paris, Lyon, Bordeaux, Marseille, Nantes et Nancy, où les communistes figurent sur les listes victorieuses.

     

    Le PCF a par contre raté le coche dans la plus peuplée de ses municipalités, où le maire, Laurent Russier (40,96 %), s’est incliné devant le PS Mathieu Hanotin (59,04 %).

    « Il y a des villes qui ont changé de couleur et que l’on a réussi à regagner. Mais il sera indispensable pour Saint-Denis que nos partenaires naturels que sont les Verts et les insoumis travaillent avec nous à reconstruire la gauche », a déclaré Laurent Russier, alors que communistes et insoumis avaient échoué à fusionner leurs listes au second tour, scellant à l’avance le résultat.

     

    La désunion a également frappé à Aubervilliers, toujours en Seine-Saint-Denis, qui bascule à droite.

    La candidate UDI Karine Franclet (44,55 %) s’impose devant le divers gauche Sofienne Karroumi (31,39 %) et la maire PCF sortante, Meriem Derkaoui (24,07 %).

    Le PCF va ainsi perdre la présidence de l’intercommunalité Plaine commune, mais pourrait emporter celle d’Est ensemble, fort de ses succès à Montreuil et Bobigny, mais aussi à Noisy-le-Sec, où Olivier Sarrabeyrouse (53,67 %) l’emporte sur l’UDI sortant Laurent Rivoire.

     

    Perte de Bezons où trois listes classées à gauche s’affrontaient

    Les communistes se sont aussi inclinés à Arles, où Nicolas Koukas (42,78 %) arrive derrière Patrick de Carolis (57,22 %).

    Dans ces mêmes Bouches-du-Rhône, ils perdent Gardanne, à cause de la désunion à gauche.

    Le LR Hervé Granier (35,74 %) devance ainsi le PCF Claude Jorda (28,29 %) et le divers gauche Jean-Marc La Piana (28,11 %). À

    Bezons (Val-d’Oise), le maire PCF Dominique Lesparre (33,65 %) perd de quelques voix, dans le cadre d’une quadrangulaire où trois listes classées à gauche s’affrontaient.

    C’est au final Nessrine Menhaouara (35,64 %) qui l’emporte.

    « Le bilan du PCF est assez contrasté, entre un premier tour très réussi et un second plus difficile, marqué à la fois par la perte de villes symboliques et des reconquêtes importantes.

    Le recul est cependant assez marquant dans le Val-de-Marne », analyse Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’Ifop.

     

    Dans le seul département PCF de France, quatre villes tombent au profit de la droite.

    À Champigny-sur-Marne, Laurent Jeanne bat Christian Fautré (45,96 %).

    À Choisy-le-Roi, Tonino Panetta s’impose devant la liste de Didier Guillaume (37,52 %).

    À Villeneuve-Saint-Georges, Philippe Gaudin l’emporte face à Sylvie Altman (27,61 %).

    Et à Valenton, Metin Yavuz gagne contre Laurent Perichon (41,94 %).

    Les communistes conservent cependant Ivry-sur-Seine, Vitry-sur-Seine et Gentilly avec Philippe Bouyssou (65,45 %), Jean-Claude Kennedy (49,87 %) et Patricia Tordjman (47 %).

     

    Les communistes perdent dans plusieurs villes de plus de 10.000 habitants dont Saint-Pierre-des-Corps (Indre-et-Loire), Morsang-sur-Orge (Essonne), Fontaine (Isère), Givors (Rhône), Seclin (Nord), Firminy (Loire) et Marly (Nord).

    Michèle Picard (40,02 %) est réélue à Vénissieux (Rhône) et Renzo Sulli (36,89 %) à Échirolles (Isère).

    Et des conquêtes sont enregistrées par Vincent Bony (43,63 %) à Rive-de-Gier (Loire), Nicolas Garcia (54,61 %) à Elne (Pyrénées-Orientales), Michel Carreau (52,82 %) à Tergnier (Aisne), Louis Labadot à Mauléon (­Pyrénées-Atlantiques) et Michel Barbier à Eu (Seine-Maritime).

    « Nous travaillerons à regagner en 2026 partout où nous avons perdu cette année, et continuerons de porter des politiques d’innovation sociale, écologique et démocratique au service des citoyens partout où nous avons des élus », prévient Igor Zamichiei.

     

    Aurélien Soucheyre

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  • Jeudi, 25 Juin, 2020

    Penser un monde nouveau. 

    Une protection sociale pour tous les peuples.

    par Bernard Thibault,

    ancien secrétaire général de la CGT

     

    L’Humanité, avec sa plate-forme numérique l’Humanite.fr, prend l’initiative d’ouvrir ses colonnes pour repenser le monde, avec l’ambition d’être utile à chacune et chacun d’entre nous.

    Cette initiative aura des prolongements avec la publication d’un hors-série à la fin de l’été et l’organisation de grands débats publics permettant de prolonger ces écrits.

    Aujourd’hui : « Une protection sociale pour tous les peuples», par Bernard Thibault, ancien secrétaire général de la CGT, membre du bureau de l’Organisation internationale du travail (OIT).

     
     

    Il est encore difficile d’avoir une évaluation précise des conséquences de la crise provoquée par le Covid-19.

    Une crise qui, par sa nature et son ampleur internationale, est sans précédent.

    Le premier indicateur, le nombre de pertes humaines et les répercussions sanitaires de plus long terme, reste une dramatique inconnue.

    Plus largement, les répercussions sociales s’annoncent redoutables.

    Déjà, l’Organisation internationale du travail (OIT) estime la perte d’emploi à 305 millions d’équivalents temps plein pour le deuxième trimestre, conséquence de la fermeture inévitable des lieux de travail sous une forme ou une autre.

    C’est plus de 1,2 milliard de personnes qui courent désormais un risque élevé de licenciement ou de réduction de salaire.

    Cela conduit l’OIT à qualifier cette période de « crise mondiale la plus grave depuis la Seconde Guerre mondiale ».

    «  C’est plus de 1,2 milliard de personnes qui courent désormais un risque élevé de licenciement ou de réduction de salaire. »

     

    Tous les continents sont concernés.

    Si le virus frappe sans distinction de nationalité ou de couleur de peau, force est de constater qu’il y a une évidence qui s’impose : tous les travailleurs n’ont pas les mêmes droits pour faire face à une pandémie mondiale et, singulièrement, concernant leur accès à la protection sociale.

     

    Aujourd’hui, 55 % de la population mondiale, soit environ 4 milliards de personnes, ne bénéficient d’aucune forme de protection, qu’il s’agisse d’assurance-maladie, d’indemnisation chômage de couverture des accidents du travail, de congé maternité, de retraite…

    Beaucoup de pays s’appuient sur des mécanismes d’assurances privées (accessibles à une minorité) comme alternatives à l’absence de système public.

    40 % ne disposent d’aucune assurance-maladie et d’aucun accès au service de santé.

    Les politiques d’austérité et « d’assainissement des finances publiques » ont contribué à affaiblir les capacités existantes des réseaux de santé et les prestations garanties aux travailleurs, y compris dans les pays les plus développés.

     

    « Aujourd’hui, 55 % de la population mondiale, soit environ 4 milliards de personnes, ne bénéficient d’aucune forme de protection. »

     

    Alors que le chômage va exploser,

    seul 1 chômeur sur 5 a droit à des indemnisations.

    Beaucoup n’ont pas d’autre choix que de continuer à travailler à tout prix pour continuer de se nourrir au péril de leur vie.

    Dans bien des pays, vous perdez à la fois votre emploi, parfois la santé, l’assurance-maladie et les droits à la retraite qui y sont liés.

    Concernant les retraites assises sur des fonds de pension, elles subiront les aléas des marchés financiers et risquent d’entraîner une paupérisation considérable des plus âgés.

    Ce sont là les conséquences dramatiques du fossé entre les délibérations internationales qui engagent les États à faire de la protection sociale une priorité mondiale et les politiques concrètes mises en œuvre qui vont à l’inverse.

     

    Pour faire face à l’urgence,

    une centaine de pays ont improvisé ces derniers mois des mesures instaurant des aides sociales temporaires, des dispositions protégeant du chômage total, des distributions alimentaires…

    Ce sont là des interventions ponctuelles et conjoncturelles qui débouchent sur une réponse limitée et tardive.

     

    « L’absence de système de protection sociale a constitué un terreau de misère et de précarité qui a été le ferment du développement des idées racistes, xénophobes, ayant donné lieu à l’avènement du nazisme... »

     

    C’est le moment de rappeler quelques enseignements historiques,

    dont ceux de l’Organisation internationale du travail, notamment après la Seconde Guerre mondiale, contenus dans la fameuse déclaration dite de Philadelphie.

    Elle souligne que « toute zone de pauvreté, où qu’elle se situe, représente une menace pour la prospérité de tous ».

    Les responsables de l’époque ont fait cette analyse à partir des conséquences de la crise de 1929, avant la mise en place et le développement des systèmes de protection sociale.

    Il n’y avait pas alors de prise en charge du chômage, de la maladie, de la retraite.

    La crise économique de 1929 a ainsi provoqué un tsunami social considérable.

    L’absence de système de protection sociale a constitué un terreau de misère et de précarité qui a été le ferment du développement des idées racistes, xénophobes, ayant donné lieu à l’avènement du nazisme, responsable de la Seconde Guerre mondiale.

    Après-coup, on a considéré à juste titre que ne pas s’occuper de la misère ou de la précarité à un endroit de la planète, c’était prendre un risque pour la prospérité de tous.

    Aujourd’hui, une couverture sanitaire et sociale insuffisante ne met pas seulement en danger la population d’un pays, mais la communauté internationale tout entière.

     

    Déjà, dans son rapport 2017-2019 sur la protection sociale, l’OIT soulignait :

    « Il faudrait embaucher 10 millions de professionnels de la santé pour atteindre une couverture sanitaire universelle et garantir la sécurité de la population, notamment en cas de maladie hautement contagieuse comme Ebola. »

    « Il est scandaleux que l’essentiel du commerce mondial repose sur 60 % d’emplois informels sans contrats de travail et des droits en découlant. »

     

    Il est nécessaire de prendre des mesures d’urgence et de réhabiliter au plus vite une évidence :

    « Il faut consacrer la primauté des aspects humains et sociaux sur les considérations économiques et financières », comme le proclamait le même texte de Philadelphie.

     

    Il est scandaleux que l’essentiel du commerce mondial repose sur 60 % d’emplois informels sans contrats de travail et des droits en découlant.

    Il est impossible de continuer à déléguer les affaires du monde au monde des affaires avec 80 000 multinationales qui dictent la marche de l’économie mondiale « quoi qu’il en coûte» sur le plan humain et environnemental.

     

    La dernière conférence de l’OIT relevait que, entre 1980 et 2016, le 1 % le plus riche de la population mondiale a absorbé 27 % de la croissance du revenu mondial, alors que les 50 % les plus pauvres n’ont bénéficié que de 12 %.

     

    Dans le « monde d’après », la protection sociale doit constituer un droit effectif et fondamental pour tous les peuples !


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  • Déboulonnons Macron et son gouvernement


    Comme prévu, l’intervention fortement médiatisée d’Emmanuel Macron dimanche soir a une fois de plus été un exercice d’enfumage médiatique sans autre orientation politique que celle à l’œuvre depuis le début du quinquennat.

    D’un côté le soutien massif aux entreprises pour qu’elles reproduisent à nouveau et le plus rapidement possible profits et dividendes.

    De l’autre rien ou des miettes pour celles et ceux dont le pouvoir a tant chanté les louanges pendant la lutte contre le Covid-19.

     

    Tout ça pour ça ?

    La mesure la plus largement commentée par les médias est le passage au « vert » de l’Île-de-France, avec comme principale conséquence l’ouverture des cafés et des restaurants.

    Une piètre consolation pour celles et ceux qui depuis des mois peinent à remplir leur frigo ou à faire face aux besoins les plus immédiats, comme notamment la santé.

     

    Autre « annonce forte », le refus de déboulonner les statues des racistes et autres chantres du colonialisme qui se sont succédés de la royauté aux républiques, jusqu’à la cinquième du nom.

    Leur protection sera-t-elle assurée par une police à laquelle Macron assure « le soutien de la puissance publique et la reconnaissance de la Nation ».

    Une posture qui est une véritable provocation face à la montée dans le monde entier des protestations contre les violences racistes et policières.

    Tout cela en évitant de se prononcer sur la fin des interdictions de manifester, interdictions remises en cause même par le Conseil d’État…

     

    Déconfiner les profits

    En matière sociale, on a eu droit à un blabla qui masque mal l’absence de mesures pour la reconstruction de l’hôpital et de tous les dispositifs de la santé, au sortir pourtant d’une crise sanitaire qui a mis en évidence le résultat de dizaines d’années de politiques régressives.

     

    Pour Macron, la remise en route de l’économie doit s’accélérer grâce aux 500 milliards mobilisés pour « sauver » les entreprises mais pas un emploi, comme le montre Renault qui bénéficie de deux milliards d’aide pour supprimer 4600 emplois directs, soit probablement près de 20 000 au total, avec la fermeture de quatre sites de production.

    Comme l’exige le Medef, pour sauver les entreprises il faut se préparer à travailler… sans retour possible à l’emploi des millions de chômeurs/euses.

     

    La reprise de l’école permettra de libérer l’ensemble des salariéEs pour le retour au travail, mais certainement pas de préparer une rentrée scolaire dotée des moyens nécessaires pour faire face aux enjeux de l’éducation pour touTEs et prenant en compte d’éventuels risques sanitaires.

     

    Plus que jamais, riposter !

    La troisième phase du déconfinement n’est que la poursuite des politiques de régression sociale et de répression qui sont la marque de fabrique du quinquennat Macron.

    Au contraire, il y a urgence à désarmer la police et à obtenir justice pour les victimes des violences policières.

    Il faut interdire les licenciements, partager le temps de travail sans perte de salaire pour supprimer le chômage, annuler la dette et réquisitionner les banques, investir massivement dans les services publics (avec l’embauche d’un million de personnels, en particulier dans la santé et l’éducation), et augmenter les salaires de 300 euros comme l’exige la mobilisation actuelle des personnels de santé.

     

    Pour cela, il faut continuer ces prochains jours à nous mobiliser, à reconstruire une riposte sociale :

    ce mardi 16 aux côtés des personnels de santé,

    puis samedi 20 en solidarité avec les sans-papiers.

     

    Le lundi 15 juin 2020


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  • Plus que jamais,

    chacun doit payer sa juste part d’impôt

    Mercredi 10 juin 2020 
     

    Alors que la crise sanitaire du coronavirus se transforme jour après jour en crise économique d’une ampleur exceptionnelle, la question est sur toutes les lèvres : qui va payer ?

    Les souhaits du Medef et de la droite sont clairs : faire payer les salariés en leur demandant d’abandonner des jours de congé ou de travailler davantage.

    Dans une période de hausse massive du chômage, augmenter le temps de travail de ceux qui en ont un ne fera qu’aggraver la situation.

     

    Depuis le début de la crise, Bruno Le Maire, Gérald Darmanin ou Gabriel Attal rejettent tout débat sur une fiscalité plus juste pour s’en remettre à la seule générosité des plus riches et des grandes entreprises.

     

    Il est pourtant possible d’utiliser la fiscalité pour dégager des recettes supplémentaires tout en rétablissant la justice fiscale.

     

    La concurrence fiscale et sociale qui sévit depuis une trentaine d’années a conduit les États à baisser l’imposition des agents économiques les plus aisés et les plus puissants.

    Ces baisses ont principalement concerné les impôts directs, sur le revenu et le patrimoine des ménages les plus riches ainsi que sur les bénéfices des sociétés, leur permettant de verser toujours plus de dividendes à leurs actionnaires.

    Elles ont été pour partie compensées par des hausses d’impôts payés par l’immense majorité des ménages, notamment des impôts sur la consommation comme la TVA, alors qu’ils sont injustes dans la mesure où ils prélèvent plus les pauvres que les riches en proportion de leur revenu.

     

    Dans le même temps, la multiplication des niches fiscales profite aux ménages plus riches et aux plus grandes entreprises, tout en grevant les finances publiques.

    Ainsi les 1 400 sites industriels les plus polluants de France reçoivent du marché carbone européen de véritables droits à polluer, tandis que les autres paient une taxe carbone nationale.

    De plus, les ménages les plus riches et les plus grandes entreprises rivalisent d’imagination légale ou illégale pour pratiquer l’évasion fiscale.

    A la fin, fraude et sous-imposition des plus aisés provoquent un manque à gagner qui dégrade cruellement les comptes publics tout en alimentant la défiance vis-à-vis de l’impôt.

     

     

    Un rééquilibrage du système fiscal est donc indispensable.

    Il permettrait à la fois de dégager des recettes pour financer l’action publique, de réduire les inégalités, d’en finir avec la concurrence fiscale et d’améliorer le consentement à l’impôt, fortement abîmé du fait des injustices du système actuel.

     

    Une troisième loi de finance rectificative va être débattue au cours du mois de juin.

    Cela doit être l’occasion de prendre des mesures fortes en matière de justice fiscale.

    Certaines pourraient faire l’objet d’un large consensus.

    C’est le cas de la contribution exceptionnelle sur les patrimoines des 1% les plus riches.

    Cette mesure de bon sens pourrait être mise en œuvre rapidement en apportant environ 10 milliards d’euros de recettes supplémentaires.

    C’est aussi le cas de la suppression de certaines niches fiscales inutiles ou anti-écologiques.

    Ainsi, en attendant une revue complète, nous proposons de supprimer la « niche Copé » et le « régime mère-fille » ainsi que les exonérations de taxe carbone pour les grandes entreprises.

    Ces trois niches représentent respectivement en 2018 un manque à gagner d’environ 7 milliards, 18 milliards et 2 à 3 milliards d’euros.

     

     

    La loi de finances 2021 qui sera débattue à l’automne au Parlement pourrait être l’occasion de dépasser les dogmes néolibéraux qui ont conduit à la situation actuelle et de débattre d’une fiscalité juste qui permettrait de répondre aux enjeux de ce siècle : imposition plus progressive des revenus et des patrimoines, rétablissement et rénovation de l’ISF, suppression des niches fiscales inutiles, taxation des transactions financières ou encore outils pour mettre un terme à la concurrence, la fraude et l’évasion fiscale.

     

     

    Face à la crise du coronavirus, plus que jamais,

    chacun doit payer sa juste part d’impôt.

     

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    La liste complète des 57 signataires :

    1. Cathy Apourceau-Poly, sénatrice du Pas de Calais (PCF)
    2. Joel Aviragnet, député de la Haute-Garonne (PS)
    3. Eliane Assassi, sénatrice de Seine-Saint-Denis (PCF)
    4. Clémentine Autain, députée de Seine-Saint-denis (FI)
    5. Marie-Noëlle Battistel, députée de l’Isère (PS)
    6. Esther Benbassa, sénatrice écologiste de Paris
    7. Ugo Bernalicis, député du Nord (FI)
    8. Eric Beynel, porte-parole de l’Union Syndicale Solidaires
    9. Gisèle Biémouret, députée du Gers (PS)
    10. Eric Bocquet, sénateur du Nord (PCF)
    11. Jean Louis Bricout, député de l’Aisne (PS)
    12. Céline Brulin, sénatrice de Seine-Maritime (PCF)
    13. Alain Bruneel, député du Nord (PCF)
    14. Luc Carvounas, député du Val-de-Marne (PS)
    15. André Chassaigne, député du Puy-de-Dôme (PCF), président du groupe GDR
    16. Laurence Cohen, sénatrice du Val-de-Marne (PCF)
    17. Eric Coquerel, député de Seine-Saint-Denis (FI)
    18. Maxime Combes, porte-parole d’Attac
    19. Alexis Corbière, député de Seine-Saint-Denis (FI)
    20. Cécile Cukierman, sénatrice de la Loire (PCF)
    21. Chantal Cutajar, présidente de l’Observatoire Citoyen pour la Transparence Financière Internationale
    22. Alain David, député de la Gironde (PS)
    23. Alexandre Derigny, secrétaire général de la fédération CGT des finances
    24. Vincent Drezet, ancien secrétaire général de Solidaires Finances Publiques
    25. Jean-Paul Dufrègne, député de l’Allier (PCF)
    26. Antoine Dulin, rapporteur d’un avis du CESE sur les sujets d’évitement fiscal
    27. Laurence Dumont, députée du Calvados (PS)
    28. Elsa Faucillon, députée des Hauts-de-Seine (PCF)
    29. Fabien Gay, sénateur de Seine-Saint-Denis (PCF)
    30. Anne Guyot Welcke, secrétaire nationale Solidaires Finances Publiques
    31. Christian Hutin, député du Nord (PS)
    32. Michel Jallamion, président de la Convergence nationale des services publics
    33. Régis Juanico, député de la Loire (PS)
    34. Bastien Lachaud, député de Seine-Saint-Denis (FI)
    35. Jérôme Lambert, député de la Charente (PS)
    36. Jérome Larrive, député de l’Ariège (FI)
    37. Pierre Laurent, sénateur de Paris (PCF)
    38. Jean-Luc Mélenchon, député des Bouche-du-Rhône (FI), président du groupe LFI
    39. Danièle Obono, députée de Paris (Fi)
    40. Pierre Ouzoulias, sénateur des Hautes-de-Seine (PCF)
    41. Mathilde Panot, députée du Val-de-Marne (Fi)
    42. Christine Pires Beaune, députée du Puy-de-Dôme (PS)
    43. Raphael Pradeau, porte-parole d’Attac
    44. Loïc Prud’homme, député de Gironde (FI)
    45. Joaquim Pueyo, député de l’Orne (PS)
    46. Adrien Quatennens, député du Nord (FI)
    47. Muriel Ressiguier, députée de l’Hérault (FI)
    48. Fabien Roussel, Député du Nord (PCF)
    49. Sabine Rubin, députée de Seine-Saint-Denis (FI)
    50. Hervé Saulignac, député de l’Ardèche (PS)
    51. Nicolas Sersiron, vice-président et ancien président du CADTM France
    52. Benoît Teste, secrétaire général de la FSU
    53. Sylvie Tolmont, députée de la Sarthe (PS)
    54. Éric Toussaint, porte-parole du CADTM International
    55. Aurélie Trouvé, porte-parole d’Attac
    56. Michèle Victory, députée de l’Ardèche (PS)
    57. Hubert Wulfranc, Député de Seine Maritime (PCF)

     

    Attac >>>>>

    Libération >>>>>

    LFi >>>>>


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  • Jean Luc Mélenchon

    La vie n’est pas une partie de Scrabble

    Réponses à «Libération»


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  • François RUFFIN :

    J'ai encore reçu une lettre de Macron...


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  • Courrier de la GDS Gauche Démocratique et Sociale

    Courrier que la GDS Gauche Démocratique et Sociale a fait parvenir aux associations et syndicats qui ont publié un "plan de sortie de crise" (collectif déjà à l'initiative de l'appel "Plus jamais ça ! Préparons le jour d'après".

     

    http://www.gds-ds.org/lettre-de-gds-aux-associations-et-syndicats-du-collectif-plus-jamais-ca/


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  • NPA

    “Plus jamais ça !” :

    l’unité doit d’abord servir aux mobilisations

    Mercredi 20 mai, à l’invitation du cadre unitaire « Plus jamais ça, préparons le jour d’après » a eu lieu une première réunion avec l’ensemble des forces politiques issues de la gauche, de l’anticapitalisme et de l’écologie. Pour les organisateurs - un large arc de syndicats (CGT, Solidaires, FSU…) et associations (Attac, Copernic, Greenpeace…) - l’enjeu était d’ouvrir une discussion sur ce qu’il est possible de faire ensemble en terme d’initiatives et d’actions pour répondre aux urgences sanitaires, sociales et écologiques, ce qui est positif. Ainsi, ils proposent de construire des initiatives sur différents terrains : la santé (dont la question de la gratuité des masques), l’emploi (la lutte contre les licenciements), l’écologie... Ils ont aussi annoncé la sortie ce mardi 26 mai d’un « plan de sortie de crise », plan de mesures d’urgence proposé comme une contribution à la discussion.

    Il y a un mois, comme d’autres forces politiques, le NPA avait répondu par un courrier public à leur tribune, devenue ensuite une pétition signée par près de 200 000 personnes. Pour nous, l’enjeu reste bien la nécessité de poser un cadre de mobilisation commun aux syndicats, associations et partis politiques, en se dégageant des petits calculs et grandes manœuvres d’une partie de la gauche en vue de 2022 (à l’image de la tribune « construisons l’avenir » publiée par différents médias il y a deux semaines).

    Ce moment est important : après une période où la division social-politique a pesé durant le mouvement sur les retraites auquel s’est ajoutée ensuite la période atone du confinement, il y a urgence à aider à la relance des mobilisations - en appuyant en particulier celle qui commence dans le secteur hospitalier - tout en défendant des mesures sanitaires (pour la gratuité des masques, pour une vaste campagne de dépistage) ou sociales (en refusant les licenciements et les fermetures d’usines comme par exemple à Renault).

    A cette étape, il s’agit d’une première prise de contact qui doit être suivie d’une nouvelle réunion début juin. Sans attendre, il faut s’appuyer sur l’existence positive de ce cadre pour voir comment cela peut aider la construction de collectifs locaux d’initiative. A l’échelon local comme national, sur nos lieux de travail et dans les quartiers, nous avons besoin de l’unité de notre camp social et de ses organisations (syndicats, associations et forces politiques), des différents collectifs, pour nous mettre à l’offensive. Pour déconfiner… nos colères, et assurer la reprise… des mobilisations, c’est le moment !

    Montreuil le mercredi 27 mai 2020

     

    NPA >>>>>

     

    Une lettre du NPA aux organisations du mouvement ouvrier

    NPA >>>>> 21 Avril 2020


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  • Aurélie Trouvé : « Le gouvernement va vouloir faire taire les voix sociales qui s’opposent à lui »

    Cette semaine, une trentaine d’organisations parmi lesquelles Attac France, la CGT, Greenpeace, Oxfam France, l’UNEF ou encore la Confédération paysanne ont lancé un plan de sortie de crise avec 34 propositions chiffrées et financées. Aurélie Trouvé, porte-parole d’Attac France, est l’invitée de LaMidinale de Regards.

    29 mai 2020
     

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  • “Leur folie, nos vies - La Bataille de l’après”

    François Ruffin sort un livre, voici ce qu'il dit de lui

     

    Le député insoumis a passé son confinement dans sa cuisine à interviewer des Français et des intellectuels.

    Il en ressort avec un programme politique.

    HuffPost >>>>>

     

    “Leur folie, nos vies - La Bataille de l’après” 

    Editions : Les Liens qui Libèrent, 276 pages, 17,50 euros. 


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